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Zimu et Rami : des clips qui sortent du lot

dimanche 28 novembre 2010, par Rezki Mammar

En mettant de côté le folklore, en faisant quelques efforts sur la mise en scène, il est possible de faire des clips exigents avec un vrai message. Voici deux exemples parlants de ce que le chanson kabyle peut atteindre.

La chanson kabyle est plutôt fâchée avec le clip. Dans le meilleur des cas, le spectateur a droit à des paysages magnifiques mais lassants. Dans le pire des cas (c’est à dire le plus souvent), tout se résume à quelques danseuses pour accompagner les artistes. L’humour, la mise en scène restent les grands absents. Cette année, on a pu voir un début de changement. L’exemple le plus significatif est celui de Zimu avec le clip de sa chanson Amakwer-nni (Ce Voleur qui...) consacrée à l’assassinat du journaliste Saïd Mekbel.

Ce petit film a été réalisé par Youcef Lalami, qui est l’auteur d’un documentaire sur Lounès Matoub et le créateur de la Web télévision Word Amazigh TV. Le clip est en noir et blanc, l’auteur a ainsi rendu la noirceur des années de guerre civile en Algérie. En quelques minutes, on voit défiler les derniers instants de la vie du journaliste. La réalisation ne donne aucun indice laissant penser que Saïd Mekbel a été abattu par des islamistes, autrement dit il s’agit d’un assassinat commandité par l’Etat ou sous-traîté par un escadron de la mort. Tout cela est suggéré et c’est à la fois efficace et courageux.

Dans un registre plus léger, un autre clip mérite qu’on y prête attention, il porte sur une chanson de Rami intitulée Tucbiht n Lyli (La jolie Lyli). Cet artiste est un représentant de ce que l’on appelle la « chanson non-stop », c’est à dire une musique dansante très appréciée pendant les mariages en Kabylie. Dans ce clip, on suit Lyli, une jeune fille gâtée, effrontée et dépensière, qui passe son temps à regarder des séries télé à succès en arabe et qui a obtenu ses diplômes en trichant.

La chanson et le clip jouent à fond la carte de l’exagération du personnage. Le décalage entre le détâchement du texte de Rami et les extravagances de Lyli donnent une touche humoristique au clip. L’exemple de Zimu et de Rami montrent qu’on peut produire une bande vidéo de qualité sans avoir recours à des procédés complexes et sans budget hollywoodien.

Messages

  • on a perdu tant d’hommes de valeur qui ont perdu leur temps et leur vie a se battre pour des Algeriens qui n’avaient rien a faire d’eux, au lieu de se concentrer sur les leurs, les Kabyles. Vive le MAK

  • j’aime bien le clip cela nous change de zdek rrdek..

    C’est à encourager.il est vrai qu’il faut avoir un minimum d’imagination et de compétence pour entamer de tels clip.

    c’est à encourager..

    Espérons que cela inspirera des gens..

    merci pour les auteurs...

  • C’est bien de changer des artistes innovants. mais faut pas oublier que le Zdag rdag est aussi bon. sinon, les nôtres qui aiment ca, iront le chercher chez les izakaren (arabes).

  • Très beau clip pour la chanson de Zimu "Amakar-nni".Je n’ai pas vu l’autre clip.Bravo pour le réalisteur de ce clip,qui pour une fois n’a pas massacré la trancription de la langue kabyle au générique,comme le font la plupart des marchands de musique kabyle qui font preuve d’une totale désinvolture et d’un manque total de respect pour les linguistiques qui s’échinent à élaborer des règles de transcription phonologique.
    Honte aux "éditeurs" kabyles qui ne pas respectent les régles en usage depuis plus de 40 ans !
    Le dernier CD de Kamal Igman est un modèle de ce bricolage honteux (je parle de l’écriture de la langue kabyle sur la pochette).AR MELMI !

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