Le 23 mai prochain, l’association Taferka s’apprête à rendre hommage à l’une des figures les plus connues du berbérisme. Le parcours militant de Mohamed Haroun a duré plusieurs décennies, mais il est surtout connu pour avoir été l’un des poseurs de bombes condamnés en 1976. Le 5 janvier de cette année, Haroun est arrêté par la Sécurité militaire pour avoir déposé une bombe contre le tribunal militaire de Constantine, une ville proche de l’est de la Kabylie. L’engin a été désamorcé, mais d’autres ont été placé ailleurs : l’une au tribunal d’Oran par Smaïl Medjeber, une autre au journal El Moudjahid à Alger. Cette opération visait tous les symboles de l’Etat algérien.
Le 2 mars, le tribunal de Medéa condamne les poseurs de bombes, certains à la peine capitale, d’autres à perpétuité, d’autres encore à dix ou vingt ans ferme. Les détenus sont torturés et une répression s’abat sur le mouvement berbère pendant que les autorités lancent une campagne de diabolisation contre les berbéristes. En réalité, la contestation est allé en augmentant, jusqu’au fameux Printemps berbère de 1980. Pour évoquer Mohamed Haroun, Taferka a invité ses compagnons de lutte, Smaïl Medjeber et Youcef Allioui, ainsi que Masin Ferkal, président de Tamazgha. La rencontre commence à 15h00 avec les intervenants, puis se poursuit avec un débat et une soirée musicale.
Mohamed Haroun se faisait appeler Masin, il est né en 1949 à ifri, près d’Akbou à l’est de la Kabylie, il est mort le 22 mai 1996. Cette rencontre marque donc le treizième anniversaire de cette disparition.
Association Taferka 49 bis avenue de la résistance à Montreuil (métro Croix de Chavaux)

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