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Tifin : lettres ou ne pas être

mercredi 18 janvier 2006, par Rezki Mammar

La revue Tifin parle de littérature berbère, dans tous les sens du verbe parler. C’est une publication d’analyse et de critique. Mais elle va plus loin et fait appel au multimédia pour nous faire entendre la subtilité de la littérature orale.

" Ecrire n’est pas pour les Berbères un acte gratuit, un loisir mondain, c’est un acte de résistance ". Voilà présenté le thème du premier numéro de Tifin. Cette revue est attendue pour la fin du mois de janvier. Le projet rassemble des auteurs et chercheurs de tous horizons parmi lesquels Nabile Farès, Saïd Doumane, Kamel Naït Zerrad.
Les littératures berbères sont à la croisée des chemins. _ Essentiellement orale, la création s’est renouvelée à travers le théâtre et la chanson. En même temps, des auteurs ont initié un passage à l’écrit. La lecture de textes en berbère est encore une pratique rarissime. Le pluriel est de rigueur : le but est de tenir compte de la plus grande variété des parlers, même si quantité de textes kabyles méritent une réédition et une critique.

Dans un numéro, on trouve l’incontournable thème central. une autre partie intitulée documents est destinée à faire découvrir des textes illustrant le thème. Les pages Mots berbères méritent l’attention : pour le premier numéro, Kamal Naït Zerrad nous précise les règles d’écriture du berbère, puis on pourra lire un aperçu du Roman de renard dans les différents dialectes ainsi que des proverbes, là aussi en plsuieurs dialectes. Sans oublier les pages destinées à publier de nouveaux textes accompagnés de leur traduction française.
Tifin sera disponible dans les pays francophones d’Europe et d’Amérique du Nord et dans les régions berbérophones. En Algérie évidemment, au Maroc, où la distribution est en cours de mise en place. Pour les pays touaregs, ce sera un peu plus difficile.
Et puis il y a le redoutable défi du passage à l’écrit. " Le but est d’amener les gens à lire en berbère. Mohya l’a fait en son temps et il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin ", explique Mohand Lounaci, directeur de publication de Tifin. Ce professeur de lettres classiques, à la fois latiniste et berbérisant a publié il y a quelques années (avec Fadhma Amazit-Hamidchi) Le Kabyle de poche chez Assimil, destiné à une initiation vivante à la langue de Si Mohand. Depuis, le manuel a été réédité dans une nouvelle version accompagnée d’un support CD.
Et en parlant de multimédia, Tifin espère présenter à ses lecteurs des enregistrements de textes. Pour le numéro 1, le CD sortira probablement plus tard que la revue, mais l’objectif est bel et bien d’associer les deux approches. " Il ne faut pas oublier que nous sommes issus d’une culture orale " explique Mohand Lounaci. Pour se faire une idée de la démarche, il existe d’ores et déjà un TifinCast, une sorte de podcast littéraire.
Mohand Lounaci nous l’annonce, la critique des ouvrages parus sera sans concessions. Rendez-vous est pris.

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