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Les disquaires confrontés à la révolution mp3

jeudi 17 décembre 2009, par Rezki Mammar

En Kabylie comme partout ailleurs, la musique se numérise. Le format mp3 est partout : la démocratisation du micro-ordinateur, du téléphone mobile et des baladeurs numériques bouleversent les pratiques musicales. Les maisons de disque et les artistes n’ont pas encore réagi. Quant aux disquaires, ils sont les victimes et parfois les acteurs malgré eux d’un format au modèle économique déroutant.

Le mp3 se multiplie en quelques clics et presqu’à l’infini et les jeunes de Kabylie en parlent au détour de chaque conversation. « Comment, tu n’as jamais entendu parler de ce chanteur ? Si tu veux je te passe tous ses mp3 » nous dit un étudiant. Un peu plus tard, il nous emmène dans sa chambre, allume son PC portable et navigue dans une liste interminable de plusieurs milliers de titres. La plupart du temps, les jeunes s’échangent les fichiers au moyen de clés USB et de gravures. Il faut dire que le mp3 ne tient pas beaucoup de place : l’œuvre de Matoub Lounès tient sur deux CD, celle d’Oulahlou sur un seul.

A Tizi Ouzou, Bgayet et dans les petites villes, la musique compressée et gravée se vend sur les trottoirs auprès de vendeurs à la sauvette, plus ou moins tolérés par les autorités. Là, pour 80 à 100 dinars (moins d’1 euros) on peut acheter un CD-ROM contenant jusqu’à dix fois plus de chansons qu’un album officiel. Nous avons testé ces produits en achetant des compilations de Brahim Izri, Lounès Kheloui et Cherif Kheddam. Le résultat est décevant, aucun CD ne contient plus de 28 titres (alors qu’il y a de la place pour 220 chansons) et le troisième contient deux virus. A côté de la musique, ces vendeurs proposent également des films au format DivX et des logiciels.

Les marchands de disques sont les premiers à dénoncer la concurrence du mp3 à prix soldé et faute de mieux certains ont décidé d’en vendre, en cachette. « Je vends des mp3, je sais que c’est illégal, reconnaît un disquaire près de Tizi, mais je ne fais ça qu’avec des clients que je connais. Si je refuse, je suis sûr que le type va aller voir ailleurs et je perds de l’argent ». Ici, on paye 100 dinars chaque CD gravé. Les fichiers sont de qualité inégale, mais meilleurs que ceux des vendeurs ambulants et en cas de problème, on sait à qui s’adresser. En attendant, la plupart des magasins ont opté pour la diversité : ils louent des films, des jeux vidéos et l’animation de soirée.

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