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Situation de la berbérophonie d’après l’Unesco

vendredi 20 février 2009, par Rezki Mammar

A l’occasion de la journée internationale de la langue maternelle fixée au 21 février, l’Unesco a publié un Atlas des langues en danger dont la version électronique est déjà accessible sur Internet. Pour l’Afrique du Nord la situation s’avère désastreuse pour la berbérophonie. L’organisme a classé la situation des langues en fonction de critères de vitalité et d’après les cartes les petits groupes linguistiques, principalement les oasis sont en voie d’arabisation accélérée.

Il ne faut pas compter sur les télévisions, les radios et la presse écrite pour faire de la publicité à cet événement. La journée de la langue maternelle est organisée par lUnesco chaque 21 février. Le but est de sensibiliser l’opinion publique sur la diversité linguistique. Quelques 6 000 langues sont actuellement parlées dans le monde, la moitié sont vouées à disparaître d’ici la fin du siècle.

En prévision de cette journée symbolique, l’Unesco a mis en ligne 19 février un Atlas des langues en danger. Nous avons recueilli quelques exemples frappant de la situation de la berbérophonie en Afrique du Nord. Les auteurs de ce travail estiment qu’il reflète la situation telle qu’elle était en 2008.

Un état des lieux

Les langues hors de danger ne sont pas évoquées dans l’atlas, ce sont celles parlées par toutes les générations et qui sont correctement transmises. Précisons également qu’aucune information n’est donnée pour la Libye.

Les langues vulnérables sont celles parlées par la plupart des enfants, mais dont l’usage est restreint, on ne les pratique qu’à la maison ou pour un usage particulier. Dans cette catégorie, on trouve le berbère de Figuig au nord-est du Maroc. En Algérie, c’est le cas de Tayurart (à Gourara au nord-ouest), de Tachenouit (à l’ouest d’Alger) et de tamzabit (le berbère du Mzab) et du touareg en Algérie et au Niger

Une langue est en danger quand elle n’est plus apprise par les enfants à la maison, c’est le cas de tamazight de Beni Iznassen au nord-est du Maroc. A Siwa à l’ouest de l’Egypte, il ne reste plus que 15 000 locuteurs de tasiwit sur une population de 25 000 habitants. Au nord du Mali, le touareg se trouve dans cette catégorie.

Les oasis sont en première ligne

Une langue est sérieusement en danger quand elle n’est plus parlée que par les personnes âgées, tandis que les adultes la comprennent mais ne l’utilisent pas entre eux. C’est le cas de Tagargrent (dans l’oasis de Ouargla) dans l’est de l’Algérie. En Tunisie, c’est le cas de tamazigh au centre du pays. En Mauritanie, le zenaga est ainsi en situation de danger.

Un langue est dans une situation critique quand les personnes âgées sont les dernières à comprendre la langue, mais ils ne la comprennent et la parlent que partiellement. Ainsi, le ghomara n’est parlé que par une centaine de personne au nord du Maroc. Au Sahara Occidental, le zenaga est à ce stade critique. Les oasis et les petits groupes de locuteurs ne peuvent plus maintenir leurs pratiques linguistiques.

L’atlas recense les langues éteintes depuis les années 1950. C’est le cas du judéo-berbère au Maroc et.du sened à l’est de la Tunisie.

Cet atlas nous éclaire sur certaines langues en voie de disparition, mais il comporte aussi des zones d’ombre comme l’absence de la Libye. Par ailleurs les cartes parlent des petits groupes linguistiques, elles ne donnent aucune indication sur le recul du kabyle par exemple.

Messages

  • Malheureusement le rapport de l’unesco ne prend pas en considération l’accélération des flux culturels et la vitesse avec laquelle cette disparition va se produire désormais. la réalité est que le berbère est menacé en kabylie même. Lorsqu’une langue perd de la valeur aux yeux de ses interlocuteurs c’est le debut de la fin qui s’approche.
    Une langue c’est d’abord des interlocuteurs qui la pratiquent dans la vie quotidienne. La transcription et les livres ne vont pas pouvoir garantir à eux seuls la survie de notre langue.
    Réveillons nous

    • L’Unesco a bien précisé sa méthode de travail, elle ne prend pas en compte la situation complexe des langues comme le kabyle. Il aurait été intéressant d’étudier la géographie du kabyle. En Haute-Kabylie, cette langue se maintient dans les villages, par contre les villes et les plaines sont déjà partiellement arabisées. Par ailleurs, la situation du kabyle est critique quand on sort des trois prncipaux départements. En fait, ce qu’il faudrait, c’est étudier la frontière linguistique du kabyle et suivre son évolution. Voilà pour donner quelques précision. Même si elles sont imparfaites, ces données de l’Unesco donnent l’occasion d’une prise de conscience.

    • Je ne sais pas s’il est pertinent de parler de frontières linguistique dans le cas du kabyle !! Notre langue a survécu garce au relief du pays kabyle jusqu’à maintenant mais ce qu’il faudrait savoir c’est que la maison kabyle qui a préservé cette langue s’est mondialisé. On l’a doté d’une parabole qui lui permet de recevoir les cultures du monde. Et ce n’est pas le kabyle qu’elle réceptionne mais de l’arabe. L’école s’étant arabisé. Donc les frontières sont plus proches qu’on l’imagine.
      De nos jour le kabyle est associé à l’illettrisme et à la pauvreté. Nos intellos s’expriment dans d’autres langues lorsqu’il est question de choses sérieuses. Le grand tournant s’était effectué en1998 AprèsL’assassinat de Matoub. Car par delà son engagement politique, les kabyles faisaient une sorte de rituel autour de la poésie de lounes et d’autres. Ses albums constituaient autant d’occasion d’exploration linguistique pour les kabyles.
      Depuis 1998, la chanson kabyle a misé tout sur le rythme et a remplacé la poésie kabyle par une sorte de globish suicidaire. le rôle qu’elle a joué jusque là dans la préservation voir le renouvellement de la langue s’est estompé. Si le kabyle viendrait à disparaitre, nous serions ainsi tous responsable à commencer par certains pseudo intellectuels qui n’arrêtent pas de parler d’universalité et d’universalisme à tort et à travers. C’est par le particulier que l’on accède à l’universel. enfin bref faisant quelque chose !

    • Absolument. L’une des erreurs commise par les militants est de nous présenter uniquement comme des victimes, or nous, les Kabyles, participons à notre dépersonnalisation par l’arabe et par le français. Sait-on par exemple que beaucoup de chanteurs, de militants et de cadres associatifs n’apprennent pas le kabyle à leurs enfants. Leur engagement est sincère, c’est juste un exemple parmi d’autres du paradoxe. Pour répondre sur la frontière linguistique, je faisais allusion au rétrécissement du territoire de la langue kabyle d’année en année.

  • je suis kabyle de france et je confirme que le kabyle est en fort declin. Dans ma famille paternelle on parle francais car on vit en france et dans mafamille maternelle on parle arabe car ils vivent a alger. Entre nous je pense que c trop tard car les elites kabyles intellectuelles et financieres s en fichent et ne veulent investir ni temps ni argent alors vive lalangue arabe ou le francais adieu les berberes

    • Adieu les Berberes ? Sais-tu seulement que les hebreux ont ressuscite une langue morte depuis des millenaires ? Les Kabyles ne sont pas des tire-au-flanc. Tu connais notre devise ? An meth walla neknu (plutot mourir que de se rendre). Nous ferons tout pour preserver la langue de nos glorieux ancetres. L’arabe n’a aucune place en Kabylie. Je pense qu’il devrait etre enseigne dans un seul but : lire le Coran. De meme, le francais n’a pas sa place en Kabylie.

      La seule solution c’est un Etat federal, car c’est un leurre que de penser que l’on peut appliquer en Kabylie ce qu’on applique a Oran, Tamanrasset... Les Algeriens sont trop differents. Je reve du jour ou, en Algerie, les enfants recevront des cours de sciences, maths... en tamazight. Du jour ou les deputes oseront parler tamazight a l’APN. Du jour ou on laissera enfin vivre notre tres chere langue sans effusion de sang.

    • Wagi d argaz, la prise de conscience est un peu lente. Mais on saura combler le retard. La revendication amazighe est maintenant bien partie au Maroc. Pour la Kabylie l’Etat algerien met beaucoup d’argent sur la table pour construire des minarets et endoctriner les enfants (au lieu d’investir dans la fibre optique) mais quand le vent tournera ce sera encore plus fort qu’en 2001.

    • heu... la langue hbraque n’a jamais t morte chre Kahina.
      Puisqu’elle a toujours t parl par les juifs au travers des sicles et du monde.
      Etant donn qu’ils taient interdits d’cole, ils crivaient dans cette langue.

      De plus, l’hbreu a toujours t tudi, parl dans le monde ecclesiastique, et galement dans les milieux o la culture taient trs importante.
      Autre chose, l’hbreu actuel n’a rien voir avec l’hbreu biblique.
      Le sjuifs n’ont rien ressucit, mais ils ont bien russi protger des envahisseurs leur seul bien : la langue.

  • a wer d nu&al !le monde ne sera que meuilleur sans nous.nous dsesperons les autres peuples par notre lachet et notre soumission.

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