Oui, dans un point de vue identitaire,statistique, je préfère aussi et plutôt savants musulmans parce que cette confusion entre arabe et musulman, la race et la foi, s’enchaîne l’autre confusion sur la civilisation dite arabe. Il n’y a pas de civilisation arabe. Il y a une civilisation musulmane qui justement s’est épanouie à peu près partout sauf en Arabie, la terre d’origine des Arabes, il faut le reconnaitre. Les deux grands foyers de cette civilisation musulmane sont bien sûr, Damas , Bagdad ,Cordoue et Grenade. La langue arabe a été le socle ou le moteur. Les penseurs et les artistes qui en Europe ? étaient presque tous chrétiens ; mais pour les définir, les situer, on a pris l’habitude de se référer non pas à leur religion, mais a leur nationalité. On dit que Cervantes était un écrivain espagnol, Dante un poète italien, Wagner ou Bach des musiciens allemands, Descartes un philosophe français, Dickens un conteur anglais et ..etc..la liste peut être longue. Jamais on ne trouverait, dans ces définitions simples, de référence à la foi de l’intéressé. L’Islam a procédé exactement la façon inverse. Professant que les nations se fondent et disparaissent dans la communauté des croyants – l’Ouma – et que la véritable nation des musulmans est l’Islam ; il a prêté cette seule référence aux penseurs et aux artistes nés à l’Est ou à l’Ouest des immenses territoires soumis à son influence, entre le Golfe Persique et l’Atlantique. Et par une confusion dont elle ne parvient pas à se libérer, l’Europe a traduit Musulman par Arabe. Les européens disent que Ibn-Khaldoun, Averroès ou Djamal-Eddine – El-Afghani sont des historiens, des philosophes ou des poètes arabes. Ce qui n’est pas vrai. Ils sont tous les trois musulmans ;point a la ligne, mais selon la terminologie en usage pour les artistes et les penseurs européens, Ibn-Khaldoun est un historien berbère d’Afrique du Nord, Averroès un philosophe espagnol, et Djamal-Eddine-El-Afghani un poète afghan comme son nom l’indique. Ils ne sont pas arabes. Cependant, pour ne pas nous heurter à nous même, il faut rendre à César ce qui appartient a César. De même qu’il y a eu un "miracle grec" dans l’Antiquité il y a eu aussi, nous le dirons et redirons avec force, un "miracle arabe" au Moyen Age. Le miracle des savants et des penseurs qui ont choisi de rédiger leurs travaux dans cette langue celle du Coran ,doit suffire pour dire « arabo-musulmans »alors qu’ils étaient persans, berbères, andalous, juifs, etc. Le miracle de leurs apports qui ont été considérables et sans lesquels la Renaissance européenne n’aurait pas été ce qu’elle fut
Répondre à ce message
Recommander cet article sur les réseaux sociaux