lundi 21 avril 2008, par rezki
A Paris VIII, Tikli a projeté le documentaire Messages kabyles en présence du réalisateur Shamy Chemini ainsi qu’une compilation de reportages télévisés de la répression du printemps noir. Dans le public,plusieurs personnes n’ont pas pu s’empêcher de pleurer en revoyant les visages des civils. A l’écran, des témoins racontent les expéditions puniitives de la gendarmerie et dénoncent le silence de l’opinion internationale.

Le débat qui a suivi a vite tourné autour des contradictions de la vie politique kabyle : d’un côté, on trouve ceux qui dénoncent l’absence de solidarité de l’opinion algérienne hors de Kabylie et de l’autre ceux qui refusent d’aborder ce sujet, qui semble leur faire peur. Même après la rencontre, le public est resté pour discuter en petits groupes.
Changement de décor : nous sommes le lendemain et l’ambiance sur la place de la République est insolte. Les représentants chinois de France ont choisi ce 19 avril pour tenir un rassemblement pro-gouvernemental. La place est pleine de drapeaux rouges. Tout près de là, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie commémore la répression des deux printemps de 1980 et 2001. Dès 14h00, une sono diffuse des titres de Oulahlou, de Matoub et de Ferhat.

Vers 14h30, plusieurs représentant du MAK prennent la parole pour dénoncer le silence des médias sur la Kabylie. L’assistance a observé une minute de silence. Parmi les intervenants, plusieurs personnes ont manifesté un soutien aux manifestants tibétains. Quelques Chinois venus par curiosité ont échangé quelques chuchotements et des grimaces en entendant le mot « Tibet ».
Par ailleurs, le MAK a organisé plusieurs marches en Kabylie, notamment à Tizi Ouzou.
Nous poursuisons notre récit des manifestations des printemps kabyles avec un concert organisé par le Collectif amazigh de Bobigny. Sur scène, Ali Amran et Malika Domrane. Les deux artistes ont rendu hommage aux grandes figures du mouvement kabyle à chaque titre. Dans le public, Nadia Matoub, la femme du chanteur assassiné en 1998, mais aussi des représentants de la municipalité et du Conseil général.

Le plus grand rassemblement a été celui du Collectif des sans papiers kabyles (CSPK), le 20 avril sur la place de la République. Devant le public, les représentants du collectif : Hakim, Linda puis Mohand ont rendu hommage aux victimes du Printemps noir et aux militants kabyles. Des invités ont ensuite pris la parole, notamment le représentant d’une organisation rom, ainsi que Mohand Taferka, président de l’association Taferka, ainsi que Hend Sadi, l’un des principaux acteurs d’avril 1980. Des poètes, des sans papiers et des anonymes se sont ensuite succédé à la tribune.

Au même moment, Tamazgha a invité des représentants de plusieurs peuples en lutte aux abords de la Fontaine des Inncents, au centre de Paris.
