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Paris annule le colloque sur l’impunité politique en Algérie

mardi 25 septembre 2007, par Rezki Mammar

La rencontre prévue à l’Hôtel de ville le 26 septembre n’aura pas lieu. Le colloque avait pour thème « La consécration de l’impunité comme mode de gouvernance et son incidence sur la problématique des droits humains : le cas Algérie ». Selon la municipalité, l’événement n’était pas compatible avec la campagne électorale des muncipales, de leur côté, les organisateurs dénoncent des pressions venant des autorités algériennes.

Le colloque sur l’impunité en Algérie a été annulé lundi 24 septembre. L’information a été rendue publique le 25 dans l’après midi, par Afrique du Nord.com et Kabyles.net. Nadia Matoub, organisatrice de l’événement a publié un communiqué (à lire ci-dessous) repris par plusieurs sites kabyles. Selon la jeune femme, la ville de Paris a fait savoir oralement que les manifestations politiques ne peuvent pas avoir lieu durant la campagne des municipales dans la capitale.
La municipalité a donc programmé un colloque avant de faire machine arrière.
Nadia Matoub dénonce des pression venant d’Alger : « ...(la campagne électorale n’est pas ouverte), il m’est difficile de voir dans cette annulation in extremis autre chose que le fruit de pressions auxquelles aurait cédé la Mairie de Paris ». Pour l’heure, nous n’avons pas reçu de réaction de la ville, cette dernière n’a pas publié de décision écrite.
Depuis 2006, le maire de Paris Bertrand Delanoë organise officiellement une célébration du nouvel an berbère (Yennayer). Ironie du sort, le 12 janvier dernier, l’élu avait présenté la capitale comme la « troisième ville berbère du monde ». Ce jour-là, une promesse avait été faîte (nous en avions parlé sur Rezki.net), celle de donner le nom d’une place parisienne à une personnalité berbère « dans le courant de l’année 2007 », Bertrand Delanoë avait même cité les noms de Matoub parmi les possibilités. L’ennui, c’est que l’impunité de l’assassinat de Matoub Lounès figurait au programme du colloque annulé.


Communiqué de Nadia Matoub, lundi 24 septembre 2007

La Mairie de Paris annule le colloque

« La consécration de l’impunité comme mode de gouvernance et son incidence sur la problématique des droits humains : le cas Algérie » Ce lundi 24 septembre, à 18 heures, la Mairie de Paris m’a informée qu’elle annulait le colloque sur « La consécration de l’impunité comme mode de gouvernance et son incidence sur la problématique des droits humains : le cas Algérie » que j’avais pris l’initiative d’organiser et qui devait se tenir au Salon Bertrand de l’Hôtel de Ville ce mercredi 26 septembre de 15 heures à 19 heures, avec la participation d’Annie Mécili (veuve d’Ali Mécili, assassiné à Paris en 1987), Me Patrick Baudouin (président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), Me Salah Hannoun (avocat défenseur des droits humains), Me Antoine Comte (avocat d’Annie Mécili), Lucien-Samir Oulahbib (sociologue, chargé de cours en sciences politiques à Paris-10 et Lyon-3), Yalla Seddiki (responsable de l’édition de : Lounès Matoub, Mon nom est combat, La Découverte, 2003) et Malika Domrane (chanteuse).
Ce colloque devait notamment célébrer la mémoire du chanteur Lounès Matoub, assassiné en Algérie en juin 1998, et dénoncer le fait que ce crime, comme tant d’autres, demeure impuni. C’est début août que la Mairie de Paris avait accepté de mettre à ma disposition un salon de l’Hôtel de Ville pour tenir ce colloque, comme elle le fait habituellement pour bien d’autres initiatives du même type. Aujourd’hui, à l’avant-veille de la réunion, ses représentants m’ont informé oralement que celle-ci ne pouvait finalement se tenir, au motif que l’Hôtel de Ville « ne pouvait accueillir de réunion politique pendant la campagne électorale des municipales de 2008 » ! Ce qu’ils ont refusé de me confirmer par écrit.
Alors que ce prétexte me semble invraisemblable (la campagne électorale n’est pas ouverte), il m’est difficile de voir dans cette annulation in extremis autre chose que le fruit de pressions auxquelles aurait cédé la Mairie de Paris. Ces pressions ne peuvent venir que des autorités algériennes, qui ne supportent pas à l’évidence que se fassent entendre à Paris les voix de ceux qui se battent contre l’impunité en Algérie et pour la vérité sur tous les crimes commis depuis quinze ans dans notre pays, quels qu’en soient les auteurs. Je suis extrêmement choquée que la « loi du silence » sur ces crimes, imposée par les ordonnances algériennes de « réconciliation nationale » adoptées en février 2006, semble désormais devoir s’appliquer sur le territoire français.
Il me reste à témoigner de ma tristesse auprès des très nombreuses personnes qui s’étaient inscrites à ce colloque et à leur dire que je ferai tout pour l’organiser à nouveau, dans les meilleurs délais.
Nadia Matoub le 24/09/2007

ASSA AZEKKA LWENNAS YELLA YELLA,

Fraternellement,

Nadia Matoub

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