Nacer Meddah refuse l’étiquette islamique
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Un nouveau préfet issu de l’immigration a été nommé en France le 11 décembre dernier. Plus important encore, le nouveau venu prendra ses fonctions en Seine-Saint-Denis, un département populaire de la banlieue parisienne. A cette occasion, on a assisté à une démonstration de force des différentes idéologies en présence : une association islamique s’est empressée de saluer l’arrivée de ce « préfet musulman ». L’homme dément et invoque la laïcité. Et pendant ce temps, c’est le silence radio du côté des associations berbères.
Nacer Meddah a été nommé préfet lors du conseil des ministres du 11 décembre, il sera en charge de la Seine-Saint-Denis. Ce département, l’un des plus peuplés de France a été le principal théâtre des émeutes de l’autonome 2005. Le pays a déjà eu des préfets issus de l’immigration : en 2004, Aïssa Dermouche a été le premier à exercer cette fonction dans le Jura. La nouveauté avec Nacer Meddah, c’est qu’il va exercer les fonctions dans un département urbain, en banlieue, lui qui a grandi dans un bidonville au sein d’une famille d’immigrés kabyles du Pas-de-Calais, au nord de la France.
Les réactions sont aussi intéressantes que l’événement. Aucune association berbères ne s’exprime dans les médias. Personne n’a pris la parole, d’autant que les journalistes ne se bousculent pas pour demander leur avis aux Kabyles. En revanche, le 11 décembre, l’’UAM 93, une fédération d’association islamiques s’est empressée de saluer l’arrivée d’un « préfet musulman ». Le lendemain, dans Le Parisien, Nacer Meddah décline l’étiquette islamique : il déclare au quotidien qu’il n’est pas musulman et souhaite chasser les stéréotypes. « Je resterai à mon rang sans pour autant m’en laisser conter ni renier ma personnalité et ma façon d’être authentique. » ajoute le fonctionnaire.