rezki.net

Accueil > Société > Meryem Mahdi, une femme face à une multinationale

Meryem Mahdi, une femme face à une multinationale

mercredi 6 janvier 2010, par Karim Tilmatine

Elle a été licenciée par une entreprise pétrolière britannique et observe une grève de la faim depuis le 9 décembre. La mobilisation, relayée par la presse fait tâche d’huile tandis que la télévision publique a décidé de fermer les yeux, tout comme les autorités algériennes.

Il y a quelques semaines, les médias officiels algériens, la diplomatie et l’ensemble des dirigeants se sont levés à l’unisson pour soutenir Aminatou Haïder, une militante sahraouie qui s’est mise en grève de la faim pour obtenir du Maroc le droit de retourner au Sahara Occidental.
Depuis le 9 décembre dernier, une autre femme a cessé de s’alimenter, mais les autorités ne s’y intéressent pas. Cette fois-ci, il s’agit de Meryem Mahdi est une simple employée originaire de Bgayet et elle travaille à Hassi Messaoud, la principale région d’exploitation pétrolière algérienne.

Mobilisation des femmes

Tout a commencé le 5 novembre dernier, lorsque Meryem apprend son licenciement par son employeur, la compagnie britannique British Gas, qui lui reproche d’avoir refusé un emploi à la place du sien. L’intéressée dénonce un « licenciement abusif » puis le 9 décembre elle cesse de s’alimenter. L’état de santé de la gréviste se dégrade, au point que le 31 décembre elle est hospitalisée à Zmirli, à Alger, puis transférée à l’hôpital Mustapha Pacha pour des soins intensifs. La presse indépendante a relayé cette affaire qui met en lumière les pratiques sociales à Hassi Messaoud. Cette zone économique dans laquelle opèrent des multinationales étrangère est souvent décrite comme une « enclave » spéciale, hautement surveillée dans laquelle les employés entrent comme des immigrés. Meryem Mahdi demande à être réintégrée à son poste. La mobilisation est portée par les femmes du syndicat Snapep, c’est ainsi qu’un sit in a été organisé devant le siège de British Gas.

Une lettre écrite par des femmes syndicalistes à British Gas

Messages

  • À propos de la grève de la faim de Meryem Mehdi

    British Gaz nous écrit

    Par : Rédaction de Liberte, 9 janvier 2010

    Suite à la publication d’un article le 4 janvier 2010 concernant le cas de Mme Meryem Mehdi, BG Algeria nous a adressé les précisions suivantes.
    “Mme Meryem a été recrutée le 15 mai 2007 en tant que coordinatrice administration et opérations au niveau de nos bureaux de Hassi-Messaoud. Notre relation de travail cessa avec elle en date du 6 novembre 2009. Elle a été notre employée pendant 2 ans et demi.
    Durant le 3e trimestre 2009, BG Algeria a réorganisé le bureau de Hassi-Messaoud et la position qu’elle occupait passa d’un régime de travail de 4 semaines de travail suivi de 4 semaines de repos à un régime de travail ordinaire, c’est-à-dire avec 5 jours de travail par semaine. Nous avons offert cette position à Mme Mehdi. Mme Mehdi décida de refuser le nouveau poste et également l’offre d’un dédommagement en cas de refus de sa part qui s’élevait à plus de 600 000 DA (60 millions de centimes). Elle demanda 20 000 000 DA (2 milliards de centimes) en contrepartie, ce que BG Algeria trouva irréaliste et inacceptable.
    Mme Mehdi refusa de travailler selon le nouveau régime de travail et en conséquence, il a été mis fin à son emploi.
    Mme Mehdi, dans son droit le plus absolu, a par la suite porté le cas devant l’Inspection du travail de Hassi-Messaoud en décembre 2009.
    Suite à cette audition, l’Inspection du travail de Hassi-Messaoud notifia que le litige devait être tranché par la justice algérienne et en conséquence que le cas devait être renvoyé devant le tribunal compétent. La date exacte de l’audition ne nous a pas été encore communiquée.
    Néanmoins, Mme Mehdi a depuis décidé de son propre chef de ne pas poursuivre la voie légale qu’elle a elle-même initiée. À la place, elle a décidé d’entamer une grève de la faim. Alors que sa décision de poursuivre une telle action a généré beaucoup de médiatisation.
    Mme Mehdi est libre de porter sa revendication devant la justice algérienne et bien évidemment nous respecterons et exécuterons toute décision de justice, en parfait accord avec la loi algérienne.
    BG Algeria souhaite trouver une solution juste à ce litige et nous sommes totalement engagés à le faire à travers les voies légales et appropriées.”

    • British Gas, il ferait mieux de jouer la transparence et de parler de cette affaire sur son site. Pourquoi il vient nous parler de ça ici ?

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.