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Libye, dans un rassemblement à Trocadero

dimanche 20 mars 2011, par Rezki Mammar

Des opposants libyens avaient appelé à un rassemblement à Paris, c’était avant que l’ONU ne vote une résolution pour une intervention aérienne. Nous avons rencontrés des manifestants partagés entre l’espoir d’éviter le bain de sang et celui de voir le mouvement gagner d’autres pays.

C’est sous une courant d’air glacé que la place du Trocadero a commencé à se couvrir de drapeaux libyens en ce samedi 19 mars. Il est un peu plus de onze heures, les premiers organisateurs arrivent sur place. Le rassemblement est organisé par le Collectif des Libyens d’Europe qui regroupe plusieurs opposants de tous bords dont Othman Bensasi. Dans les rangs on reconnaît des membres de l’Association du 17 février. Comme pour les rendez-vous précédents un drapeau français flotte bien haut pour « remercier la France » de son soutien aux insurgés.

Le groupe s’agrandit jusqu’à former plusieurs dizaines de personnes qui scandent « Kadhafi assassin » et d’autres slogans hostiles au régime de Tripoli. Plusieurs manifestants brandissent des pancartes montrant des images aussi insoutenables les unes que les autres : l’une d’elles représente une mère penchée sur le corps ensanglanté de son fils. Des touristes s’arrêtent, pour regarder, encourager et repartir. Un groupe de Libyens en pleine conversation nous déclare que les frappes de la coalition viennent de commencer, l’un des leurs muni d’un téléphone portable vient de recevoir l’information.

Nous échangeons quelques phrases avec un berbérophone originaire d’ifran (dans le nord-ouest du pays) qui porte fièrement un drapeau amazigh aux couleurs bleu, vert et jaune. Le jeune homme nous donne des nouvelles de quelques opposants. Nous apprenons ainsi que Madghis Madi de la Fondation Tawalt (que nous avions interviewé pour Vox Populi en 2007) est retourné dans son pays pour suivre de près les événements, tandis que Fethi Benkhalifa du Libyan Working Group est actuellement aux Pays-Bas. Ces deux militants vivaient au Maroc, mais il y a quelques mois ils en ont été expulsés, probablement à la demande de l’Etat libyen.

Vers midi, plusieurs manifestants kabyles arrivent, parmi eux une femme en robe traditionnelle. Peu après c’est Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire kabyle qui fait son apparition. L’homme discute avec les manifestants libyens et kabyles, pose quelques minutes sous les drapeaux, une pancarte à la main avant de repartir.

Dans la foule, des Marocains forment l’espoir que la contagion révolutionnaire gagne leur pays [1]. Un groupe d’étudiants tunisiens en week end à Paris se joignent à la foule. Un conseiller municipal de Paris se tient juste à côté, discret, les mains plongée dans les poches pour ne pas prendre froid.


[1Des manifestations étaient prévues pour le 20 mars à l’initiative du Mouvement du 20 février

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