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Liberté de la presse, le bilan 2007

dimanche 6 janvier 2008, par Rezki Mammar

Les journalistes et les auteurs de sites Internet sont de plus en plus exposés aux violences. Le bilan de l’année 2007, publié par Reporters sans frontières est moins bon que ceux des années précédentes. Les reporters sont confrontés à des assassinats politiques massifs ainsi que des enlèvements, tandis que les blogueurs subissent une censure croissante voire des peines de prison. Derrière le bilan se cache une réalité plus complexe que nous allons examiner à la lumière des événements de l’année, en faisant aussi le point sur l’Afrique du Nord.

La carte dressée par RSF des journalistes tués en 2007

87 journalistes ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier en 2007. Il faut ajouter 20 autres collaborateurs des médias. En cinq ans, le nombre de tués a augmenté de 244%. La majorité des morts (47) ont eu lieu en Irak, où 14 journalistes ont été retenus en otage. D’autres conflits ont tué dans les rangs de la presse : huit personnes en Somalie, six, au Pakistan, notamment. Au cours de l’année 67 professionnels de l’information ont été enlevés dans 15 pays, 135 ont été détenus et 887 interpellés (plus de deux arrestation par jour en moyenne).

La censure de l’Internet

A côté des médias dits traditionnels, Internet dérange de plus en plus. 65 cyberdissidents sont actuellement emprisonnés pour leur écrits, dont 50 en Chine et 8 au Vietnam : RSF note que « la Chine est le plus grand censeur du Web sur la planète. La cyberpolice fait preuve d’un zèle inquiétant sur chaque événements d’ampleur ». En Egypte, le jeune Kareem Amer a éyé envoyé derrière les barreaux pour avoir critiqué le président et dénoncé la mainmise des islamistes sur les universités. Sur les 2676 sites censurés on trouve des blogs, mais surtout des forums de discussion dans la majorité des cas. Les réseaux sociaux ne sont pas épargnés. Tous les prétextes sont bon : en Syrie, le gouvernement a ainsi accusé Facebook, Hotmail et Skype d’être infiltrés par les services secrets israéliens pour ensuite les interdire. Plusieurs Etats ont également rendu inacessibles les sites les plus populaires de partage de vidéos que sont Youtube et Dailymotion.

La justice impuissante

Au-delà du bilan humain, il faut ajouter la difficulté à retrouver les auteurs d’assassinats de journalistes. 2007 a connu un échec retentissant au Burkina Faso. Dans ce pays, la justice a ordonné un non lieu dans l’affaire Norbert Zongo, une grande figure de la presse indépendante retrouvée morte le 13 décembre 1998 et dont la disparition avait ému l’opinion. Selon RSF « il existait des éléments accablants contre des éléments de la garde
présidentielle »
.
En Gambie, l’organisation dénonce des blocage dans l’enquête sur l’assassinat de Deyda Hydara, tué en 2004. L’organisation espère des efforts de la part des dirigeants : « Deux procès qui vont se tenir en 2008 sont essentiels. Celui des assassins de Hrant Dink, en Turquie, et celui des assassins d’Anna Politkovskaïa, en Russie. Ces deux crimes, commis aux portes de l’Europe, doivent être résolus de manière exemplaire. Les auteurs matériels comme les commanditaires doivent êtres sévèrement punis. De l’issue de ces deux procès dépend, en partie, l’avenir des journalistes, non seulement turcs et russes, mais également de tous ceux qui mènent des enquêtes sensibles dans des pays dangereux ».

Ineghmasen deg segwas n 2007

Passons à l’Afrique du Nord. Ici, nous devons préciser que le rapport de RSF pose problème : cette organisation comme hélas de nombreuses autrss a choisi de séparer cette région du reste de l’Afrique. En choisissant l’appellation Maghreb et en englobant les chiffres avec ceux du Moyen Orient
. Recollons les morceaux pour nous pencher sur nos ineghmasen, ou « les journalistes » en berbère.
L’Afrique du Nord n’a déploré aucune victime issue de la presse sur son sol, en revanche, l’année a été jalonnée d’arrestations. Citons le cas de Arezki Aït Larbi, arrêté à l’aéroport d’Alger en avril et retenu dans le pays pour une affaire de « diffamation » vieille de dix ans. Au sud, l’Etat nigérien a tenté d’éloigner les médias du pays touareg pour isoler la guérilla du Mouvement Nigériens pour la justice. En août, le journaliste Moussa Kaka a été arrêté, relaché. Mais depuis le 20 septembre, il est détenu sous l’accusation de complicité avec le mouvement. Deux autres de ses confrères l’ont rejoint en prison : Pierre Creisson et Thomas Dandois. Les deux Français étaient sur le point de terminer une enqueête sur la guérilla touarègue lorsqu’ils ont été arrêés et inculpés pour atteinte à la sûreté de l’Etat, ils encourent la peine de mort. L’affaire oppose désormais la France et les autorités népériennes.

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