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Les discriminations en Algérie : le rapport de Tamazgha

samedi 30 mai 2009, par Rezki Mammar

Alger, tout comme les autres régimes d’Afrique du Nord pratique une politique de coercition linguistique en arabisant ses populations. Réuni à Genêve, le Cerd, l’instance onusienne chargée de lutter contre les discriminations a entendu les représentants de l’Algérie. L’organisation Tamazgha était également présente pour remettre un rapport alternatif. Ce document pointe du doigt la politique algérienne dirigée depuis des dizaines d’années contre les berbérophones.

Le Cerd est le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, une instance de l’Onu qui examine régulièrement la situation des Etats membres. Les séances ont lieu à Genève, en Suisse romande. Du 25 au 29 mai dernier, l’Algérie a été amenée à présenter un état des lieux. Alger a tenté de montrer qu’il respecte les droits humains en accord avec les traites internationaux. S’agissant de la situation linguistique, les responsables algériens plaident leur bonne volonté et expliquent que l’arabe est la langue officielle, que tamazight (le berbère) est langue nationale et que la berbérité est reconnue dans la Consitution au même titre que l’arabité et l’islam. Voilà pour le discours officiel.

L’association Tamazgha également présente à Genève a remis un rapport alternatif au Cerd. Ce texte donne un autre son de cloche : il expose méthodiquement le processus d’arabisation à l’oeuvre en Algérie comme dans toute l’Afrique du Nord où l’arabe est imposé aux berbérophones. Dans un rappel historique, Tamazgha évoque l’élimination des partisans d’un Etat bilingue et laïc à partir de 1949 et l’hégémonie exercée depuis par les tenants de l’arabisation.

Le rapport pointe du doigt la négation constitutionnelle des berbérophones à travers l’institution d’un Etat arabe et musulman, le rôle joué par l’alphabétisation pour imposer une même langue à tous les groupes linguistiques et la répression menée dans les Aurès, dans le M’zab et surtout en Kabylie.
Tamazgha propose de geler la loi de généralisation de la langue arabe de 1998, de modifier la Constitution, notamment pour y officialiser tamazight, elle suggère de lever l’interdiction des prénoms berbères, de restaurer les nom de lieux qui ont subi l’arabisation et de dégager des moyens pour une production culturelle amazighophone.
Sur Tamazgha.fr, l’organisation critique les contrdiction des autorités. L’association se demande « quel crédit accorder à un Etat qui reconnaît tamazight comme langue nationale mais qui met en place tout un arsenal de lois et de décrets dont le seul but est de protéger la seule langue arabe ».

Lire le rapport alternatif de Tamazgha au format PDF et sa présentation sur Tamazgha.fr

Tamazgha a publié d’autres rapports sur la situation des berbérophones : Berbères : un rapport de Tamazgha épingle le Maroc ; « La France participe à l’arabisation des Berbères », selon un rapport remis à l’ONU ; La Tunisie à nouveau épinglée sur la question berbère

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