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Les Kabyles de service avant 1980

vendredi 26 août 2011, par Rezki Mammar

Ils ont été des cadres zélés au service d’une politique autoritaire. Ils ont servi la politique d’arabisation et d’islamisation de l’Etat alors même qu’ils sont kabyles. Le chanteur Matoub Lounès a surnommé ces personnages les Kabyles de service (Leqvayel n Sservis). Nous évoquons ici les grands serviteurs entre l’indépendance et le Printemps berbère.

La chanson Kumisar (Le Commissaire) est sortie en 1982 et elle contient cette phrase : « Leqvayel n sservis Vuddegh-asen tifis atenissenger wakali ». Traduction : « Les Kabyles de service, je leur souhaite le typhus, que ma terre les anéantisse tous » [Merci à Djilali d’avoir rectifié cette traduction.]. Ce titre évoque ceux qui ont aidé l’Etat à combattre leur langue, leurs intérêts propres et la société dont ils sont issus, ouvertement. Mohand Harouz, professeur de français et conférencier nous parle du rôle joué par ces hommes avant le Printemps berbère de 1980.

Rezki.net : Tu as été applaudi par la salle [Lors d’une conférence organisée par Tudert à Pierrefitte en avril 2011.] lorsque tu as parlé d’un Kabyle de service appelé Said Mohammedi en ajoutant Il est mort, "que Dieu n’ait pas son âme".

Mohand Harouz : L’arabisation de l’école algérienne a été menée par ces fameux KDS (Kabyles de service NDLR). En 1963, Mohammedi prend en charge l’Education nationale dans la future assemblée constituante. S’il a été choisi, ce n’est pas par hasard, il est kabyle. C’est par le biais de ces gens-là que va se faire l’arabisation. Un autre exemple est celui de Mohamed Cherif Kharoubi, il est ministre de l’Education de 1976 jusqu’à 1986, un secteur vital.

Le but est de faire porter aux Kabyles la responsabilité de cette politique d’arabisation ?

Ce sont des hommes à la solde du pouvoir et il y en encore de nos jours. Je voudrais citer encore un nom, celui de Belacem Nait Belkacem, il a pris en charge le ministère des Affaires religieuses de 1970 à 1979. Il a obtenu les félicitations de l’Académie arabe à Damas. Un autre encore, Abderrahmane Chibane, originaire de M’chedallah s’est occupé de l’enseignement religieux. Sous ces hommes-là l’Algérie compte un millier d’instituts islamiques chargés d’enseigner la philosophie religieuse et le Coran. Les enseignants de ces instituts reçoivent le niveau du bac, ce qui est plus-value à l’arabisation et l’islamisation de l’enseignement. A cette époque, en 1978 que l’Algérie adopte le week end musulman en instituant le vendredi comme jour férié. Dans les années 70 on a également fait entrer un millier d’imams dans la fonction publique, toujours dans cette dynamique d’arabisation et d’islamisation.

Messages

  • Bien sur, les KDS qui ont servi la politique criminelle de l’arabisation-islamisation portent une lourde responsabilité. Il faut rappeler aussi le contexte d’entrée en vigueur de cette politique, et sa place dans la construction de la Dictature militaire. En effet, l’arabisation visait à introduire l’arabo-islamisme, cette « idéologie dominante » du « Pouvoir militaire dominant ». Une idéologie aux relents fascisants et mystificateurs. C’est le caractère illégitime-issu du Coup d’Etat-qui avait déterminé cette option. D’où le « dédoublement » du Régime : une ligne réactionnaire et rétrograde pour la culture, l’éducation et l’enseignement, et un choix moderniste et progressiste pour l’économie et l’industrie. Pour l’intérieur, un règne répressif et autoritaire, pour l’extérieur, un engagement avant-gardiste, anticolonial et anti-impérialiste. Les KDS ont servi à tous les niveaux, tous les plans, tous les gouvernements. Et toutes les institutions, notamment le DRS, l’ex-SM, alias la Gestapo locale, la main de fer des Généraux mafieux, une »organisation criminelle » chargée de la surveillance et de la répression, c’est l’Enclave autoritaire principale qui bloque et la Kabylie en particulier, et en Algérie en général…
    Rien n’est possible tant que la « question du pouvoir », donc la légitimité n’est pas réglée. Tant que les Généraux président aux destinées du pays, il n’y’aura que l’injustice, la corruption, l’arbitraire, la rapine, la répression…….

  • les kabyle doivent d’abord savoir choisir leurs représentants..

    On voit bien qu’ils ne suivent que les tartuffes.

    La solution est entre les mains des citoyens mais hélas la cherche auprès de leurs bourreaux.

    autre chose.

    Une vidéo pour voir la ramadan de tous les malheurs tellement le fric devient la seule référence...

    http://www.bivouac-id.com/billets/algerie-les-services-de-medecine-legale-assaillis-durant-le-ramadan/

  • Matoub avait parlé de lqvayel n’service et non pas de serbbis. ça me rappelle mon voisin qui parle de spitar au lieu de dire sbitar ( hopital)

    • En kabyle on écrit abrid pour dire " le chemin " et non avrid. On écrit bɣiɣ pour dire " je veux " et non vɣiɣ. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à notre prononciation. Lisez les auteurs kabyles, l’écrasante majorité écrit ainsi et en règle générale en caractères latins on n’utilise pas le v. Ceci dit, le débat est ouvert et rien n’est définitif, mais si vous avez envie de défendre le v, alors écrivez un roman. L’avenir du kabyle et de toutes les langues ce sont les gens qui le décident, en parlant et en écrivant de telle ou telle façon.

    • Nous, en Kabylie, on l’appele "SVITER" non pas "SBITAR".
      je pense qu’il est temps de se corriger. Le Kabyle doit etre corriger par les Kabyles.
      Tanmirt.

    • Il faut écrire un roman pour avoir le droit de donner son avis sur l’écriture du Kabyle, donc il faut visiter la lune pour en parler d’elle ou de sa lumiere refléchie.
      Il n y a que les Kabyles dictateurs qui pensent ainsi.
      Poutant les Anglophones ne restreint pas l’Anglais à ceux qui ecrivent des romans.
      Sais tu qu’on parle du verbe "To Google" et on le conjuge ?
      Pourtant celui qui qui invanter ce mot "Google" n’a pas écrit de roman.

      Dure, vous etes /nous sommes, les kabyles !

    • La seule raison pour laquelle la lettre "v" : n’est pas incluse est le fait que la transcription du Kabyle a ete faite par des Kabyles de la Haute Kabyle qui ne save pas prononcer avec un ’ ;V’ ; Je suis de la Basse kabylie et la lettre ":B " n’existe pas chez nous. On dit AVRID et non ABRID. Je n’ai pas envi de prononcer le B comme V. Donc c’est un probleme ridicule.

    • Mr m^me en haute Kabylie on dit avrid et non abrid.
      tanmmirt-ik.

    • soit disant c’est les professeurs de la haute kabylie qui insistent que le "v" soit écrit "b". donc svp répondez sans arrogance Mr le vrai kabyle de la haute kabylie.

    • Azul. "Leqvayel n servis...a-ten-issenger wakali"
      Tira n teqvaylit lemdégh-tt iman-iw, s idlisen-a : Tajèrrumt N Màameri, Adlis n Ramdan Achab, Adlis n ACB etc...Nek ughalegh sseqdàcegh asekkil "V" deg umkan n "B", wa d rray-iw.
      Tamsalt n tira n tutlayt nnegh, qr’iv ad tefru.D wid yettarun s teqvaylit (imyura,ineghmasen,imedyazen,iselmàden...) ara
      d-yafen tifrat i "tmeckukal" timectàh’ i d yegran.
      Leqvayel n servis ur uksan ara msakit,d lqella n tmusni i-ten irran ad xedmen ghef yedles abèrrani wala idles n lejdud-nsen,imi héqren iman-nsen !

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