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Le fourgon, mode d’emploi

mercredi 30 septembre 2009, par Rezki Mammar

Il sillonne la Kabylie en toute saison sans horaires et en musique. Afurgu, le « fourgon » gagne à être connu. Rezki.net a fait une virée et raconte.

Le fourgon, en kabyle afurgu dessert les villes, les bourgs et les villages, même les plus reculés. Ce véhicule banalisé embarque de sept à dix-huit passagers. A Tizi Ouzou, la grande ville de Haute-Kabylie, chaque région possède une aire de stationnement dédiée. Si on souhaite se rendre vers le sud-ouest vers Aït Zmenzer et Maatkas, l’arrêt se trouve près de la route d’Alger à côté de la gare routière.

Chaque ligne de fourgon s’arrête à un chef lieu de commune, de là il faut prendre un nouveau fourgon pour rallier un village précis. Si un habitant du village Aït Zaïm part de Tizi Ouzou, il s’arrête d’abord à Maatkas pour le prix de 35 dinars, puis il emprunte un nouveau fourgon pour son village.

Une toile d’araignée

Dans chaque ville, il est possible de trouver une ligne pour la commue voisine ou n’importe quel autre lieu proche. L’ensemble du réseau ressemble à une toile d’araignée autour de Tizi Ouzou. Le prix varie suivant la distance, on paye une fois arrivé et chaque passager choisit l’endroit où il descend en criant « L’arrêt » ou « A l’arrêt ». Au point de départ de la ligne, le véhicule ne démarre qu’une fois plein : il faut parfois patienter pour voir le dernier siège occupé.

Un café ambulant

A l’intérieur du fourgon, les gens s’installent là où ils le souhaitent. Pendant le voyage, le chauffeur met de la musique, souvent de grands noms de la chanson kabyle, avec une préférence pour Matoub Lounès, plus rarement en français et en arabe. Sur les petites liaisons reliant de petits villages, les passagers préfèrent discuter avec le chauffeur ou entre eux pour s’échanger les nouvelles. Le fourgon est donc un lieu de sociabilité, au même titre que le café. Entre amis, on s’apostrophe, on plaisante et en signe de convivialité il arrive souvent qu’un passager paye le prix de la course de son voisin.

Messages

  • Azul
    Merci beaucoup cher ami Rezki de cette description concise et précise. Beaucoup de choses on été dites dans cet aperçu. Moi, qui avais voyagé dans ces fourgons pendant des années, peux témoigner de l’apport incontournable de ce moyen de transport, même si les prix ne sont toujours pas à la porté de tout le monde, notamment des étudiants et étudiantes. Par expérience, lorsque j’étais étudiant, à Hasnaoua, on percevait une bourse dérisoire de neuf cents dinars, on payait un aller retour 90 da, ( trajet Ait Abdelmoumène- Tizi- Ouzou), c’était tout de même trop cher ! Mais, je comprends aussi les transporteurs qui affichent ces prix, car le matos coute très cher. Un fourgon dont le prix d’achat avoisine les 100 millions, doit être rentable, comme l’on dit en kabyle " wa maadur wa d lh’eq-is".

    ar tufat

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