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Le Printemps berbère, de la mémoire à l’histoire

vendredi 4 mai 2007, par Rezki Mammar

Les célébrations de la contestation kabyle de 1980 a été très nombreux cette année en France, plus qu’en 2006. Sur la forme, l’équilibre a été rétabli, il y a eu moins de soirées dansantes et plus de débats autour de la revendication berbère. Vingt sept ans après les « événements » on assite aussi à une volonté de comprendre les faits et de les mettre en perspective.

Entre la Kabylie et l’Etat algérien, la confrontation est fréquente et de plus en plus violente. Depuis 1980, la revendication linguistique et culturelle a poussé la population dans les rues, la répression a souvent mené à l’émeute. Cette année, les célébrations sont moins festives, on a moins dansé, on a devantage cherché à comprendre le printemps berbère, également appelé les événements.

Une génération en interpelle une autre

Vingt sept ans après le premier soulèvement, des acteurs sont venus raconter leur expérience et amorcer une rélfexion. Dans les différentes conférences et tables rondes, ces témoins ont été interpellés par un public.

De gauche à droite, Saïd Khellil, Masin Ferkal (président de Tamazgha), Ramdane Achab et Ahcène Taleb

Lors d’une rencontre organisée par Tamazgha à Paris le 21 avril, c’est Irij, un membre de l’association qui pose la question aux intervenants : « J’aimerais bien savoir, avec toute la considération qu’on a pour vous, ce que vous proposez à ces jeunes qui sont venus pour vous écouter », demande le militant. Face à lui Saïd Khellil, Ramdane Achab et Ahcène Taleb. Animateurs du mouvement culturel et linguistique kabyle, ils ont milité au sein du MCB (Mouvement culturel berbère) une organisation qui a tenté de prolonger la mobilisation après 1980..

L’absence de relais

Dans la salle, le public veut comprendre comment on a pu en arriver là. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas eu de relais », explique Ahcène Taleb. Le mouvement prend sa source chez les étudiants, ils se sont organisés, mais dans les années 1980 l’Etat commence à reprendre le terrain.
Pendant ce temps sur la scène politique algérienne, l’identité berbère a commencé à émerger. Puis l’instauration du multipartisme a abouti à une division des militants kabyles entre le FFS (un parti socialiste créé juste après l’indépendance) et le RCD (un parti plus jeune, plus porté sur la laïcité). Depuis la fin des années 1990, l’opinion, fatiguée par les divisions a fini par rejeter les partis. Les trois invités de Tamazgha parlent de « dépolitisation ». C’est ainsi qu’entre 2001 et 2002, lorsque les forces de l’ordre algérienne tirent sur les manifestants du Printemps noir, la population rejette massivement les organisations instituées.

Le glissement historique

Tikli, l’association des étudiants berbères de Paris VIII a organisé une rencontre sur le même sujet, cette fois-ci le 26 avril. L’intérêt, c’est que Saïd Khellil, ancien membre du FFS a pour la première fois revu Ferhat Mehenni, qui a appartenu au RCD, le parti rival. Le premier a quitté le FFS pour créer sa propre organisation, le MDC Mouvement démocratique citoyen. Le second a démissioné du RCD, puis est devenu porte-parole du MAK pour défendre l’autonomie de la Kabylie. Les deux hommes ne s’étaient pas parlé depuis longtemps. Tikli n’est pas peu fière de les avoir réunis. Un troisième participant, Saïd Doumane, a lui aussi participé au Printemps berbère de 1980.
Ferhat Mehenni précise que 1980 n’est qu’une « étape historique » dans un combat pour le recouvrement de l’identité « non pas en tant que Berbères mais en tant que Kabyles ». Pour le porte-parole du MAK, la répression de 2001 marque un « glissement historique d’une vision berbère vers une vision kabyle ».
Réfléchir, transmettre l’histoire du mouvement culturel berbère, c’est aussi le souhait de Shamy Chemini, l’ex membre du groupe de rock Abranis a profité d’une projection de son film Messages kabyles pour appeler les nouvelles générations prendre la parole et à s’exprimer : Je pense que d’ici quelques années, si on ne publie rien, si on ne palie pas toutes ces demandes, nous risquons d’assister à un soulèvement irréversible. En trois jours, Tikli a diffusé un grand nombre de films, dont Machaho de Belkacem Hadjadj, Kabyles du Pacifique de Mehdi Lallaoui et d’autres encore.

Rezki.net invité à Paris VIII

Les associations s’ouvrent aussi à d’autres formes d’expression. Au cours d’une table tonde, nous avons été plusieurs à présenter différentes activités et leur capacité à porter la revendication culturelle berbère : Yalla Seddiki a parlé de la chanson, Shamy Chemini a évoqué la littérature et moi même j’ai tenté de dresser un portrait de l’Internet comme nouveau support du militantisme.
Pour finir, nous avons voulu donner la parole à des Kabyles qui ont vécu le Printemps berbère. Plusieurs témoignages directs ont ainsi été publiés sur Kabyles.com. Un autre site, Vox Populi va également les reprendre, pour les faire connaître aurpsè d’un public plus large.

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