Le Maroc fête ses 1200 ans, sous protection policière
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Le royaume commémore ses douze siècles d’existence. Mais cette histoire réduite à 1200 ans n’a pas été du goût des militants amazighs (berbères) qui ont décidé de s’inviter à une conférence justement consacrée à la thématique berbère. D’après le peu d’informations qui ont filtré, l’intervention a fait des blessés. Au Maroc, comme dans les autres pays d’Afrique du Nord, l’histoire officielle exalte les valeurs arabes et musulmanes au détriment de la réalité autochtone.
Le samedi 20 décembre à 15 heures, à l’hôtel Sofitel de Marrakech, avait lieu un colloque intitulé « Amazighité : Histoire, culture, art, littérature et poésie ». Cet événement a lieu dans le cadre de la commémoration en grande pompe des douze siècles du royaume marocain. La participation active de l’Ircam (l’institut chargé de la culture berbère) a été dénoncée par des manifestants comme un élément de sa complicité avec le pouvoir. « Soixante jeunes militants amazighs ont refusé de rester indifférents face à cet évènement arabiste et se sont rendus sur les lieux pour manifester leur colère contre cette énième atteinte à leur dignité, à celle de tous les Amazighs », écrit un militant dont l’article a été publié sur Internet [1]. Dans le royaume, une partie du mouvement associatif estime que l’Ircam ne dispose pas de la liberté d’action et des moyens nécessaires à son efficacité.
La même source indique que l’intervention de la police a fait trois blessés et que les forces de l’ordre ont traite des militants de « fils de pute » et de « sionistes ».
Par ailleurs, d’après le programme officiel, le colloque de l’Ircam était limité à un exposé folklorique sur l’archéologie, la poterie, le bijoux ou encore la musique et l’art culinaire. La force de la monarchie consiste justement à encourager une identité berbère de carte postale coupée de toute prétention politique.
Le royaume marocain remonte au souverain Idriss 1er, dont la descendance estime qu’il descend de Mahomet. Cette origine donne-t-elle une légitimité ? Même Le Coran en doute, si on en croit la Sourate des Fourmis : « Quand les rois entrent dans un pays, ils répandent le mal et rabaissent à la vile condition les plus nobles de ses habitants. C’est ainsi qu’ils font » [2].