La Tunisie à nouveau épinglée sur la question berbère
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Les Berbères seraient « bien intégrés » en Tunisie, si l’on en croit le discours des autorités. Mais ce constat ne satisfait ni les organisations des droits de l’homme, ni le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies (CERD). Cette institution de l’Onu a récemment rappelé à l’ordre les responsables tunisiens. Droits linguistiques, prénoms, associations, médias : dans tous ces domaines les berbérophones sont des sous-citoyens.
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies (CERD) a tenu sa 74ème session à Genève du 16 février au 6 mars. Cet organisme examine régulièrement la situation dans différents Etats nord africains. Cette fois-ci, c’est la Tunisie qui était au programme et la question berbère a été abordée.
Les autorités tunisiennes ont tenté de convaincre le CERD de l’absence de discriminations dans leur pays, mais deux organisations nous apprennent que Tunis étaient à court d’arguments. Le Congrès mondial amazigh (CMA) a publié un communiqué daté du 18 février dénonçant le « négationnisme » du gouvernement tunisien. De son côté, Tamazgha a mis en ligne ce 12 mars le rapport alternatif qu’elle a remis au CERD dans lequel elle demande une prise en compte des amazighophones.
Une identité indésirable
De manière générale, la Tunisie continue à nier toute discrimination dans le domaine culturel et linguistique. Dans leur rapport, les officiels présentent un tableau idyllique des Berbères : « (...) on peut indiquer qu’ils sont particulièrement bien intégrés dans la société tunisienne, et qu’ils n’ont pas de revendications » précisent les autorités. Tout serait donc pour le mieux, « comme si les Berbères étaient des étrangers qui ont su bien s’intégrer », note Tamazgha. Ce discours est le prolongement de l’identité prônée par le régime,. Ainsi l’article 1 de la Constitution précise les fondements de la Tunisie : « sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la République. ». Tout ce qui ne correspond pas à cette référence arabo-musulmane est officiellement inexistant.
Les berbérophones ne sont pas pris en compte, ils ne bénéficie pas d’un enseignement dans leur langue maternelle, ne disposent pas d’un accès au médias, ne peuvent pas attribuer des prénoms amazighs à leurs enfants ni défendre ses intérêts.
Lire le rapport de Tamazgha. Le site du CMA étant inaccessible, le cummuniqué de cette organisation est sur plusieurs, notamment sur Amazighworld.org.




