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La Maison jaune, la poésie contre le deuil

vendredi 14 mars 2008, par Rezki Mammar

Amor Hakkar a réussi le pari d’un film tourné en berbère dans l’est algérien. L’histoire est celle d’une famille en proie au deuil, mais le récit est loin d’être triste. Au contraire, le cinéaste a voulu mettre en scène les solidarité sociales et familiales. Sorti le 5 mai, La Maison jaune a reçu trois prix aux festivals de Valence et de Locarno et bénéficie d’un accueil favorable en France.

Mouloud est un modeste paysan, mais sa vie et celle de sa famille bascule lorsqu’il apprend la mort de son fils gendarme dans un accident de la route. L’homme enfourche son tricycle à moteur pour aller récupérer le corps en ville. Ce voyage permet au spectateur de plonger dans la société algérienne, avec son administration injuste et absurde, mais aussi la solidarité dont font preuve les gens simples. Comment vivre quand on a perdu un être cher, c’est la grande question posée dans La Maison jaune. Pour y répondre, Mouloud et sa fille Alya vont se serrer les coudes et questionner le monde qui les entoure. Le film est une sorte de conte philosophique.

Un excès de bons sentiments

L’oeuvre a été tournée en chaoui dans la région de Khenchela dans l’est algérien. Le réalisateur est né dans les Aurès en 1958, mais il a passé le plus clair de sa vie en France où il est devenu cinéaste. Le but de La Maison jaune était selon l’auteur de donner une autre image de l’Algérie, loin de l’actualité politique. En ces temps de « réconciliation nationale », le but était de ne pas tomber dans l’excès de zèle. Peine perdue, plusieurs personnages apparaissent au moment idéal pour sauver la situation. Même l’administration algérienne finit par prendre un visage humain et vient à la rescousse du héros. La critique française n’y a vu que du feu et a littéralement applaudi cette cascade de bons sentiments. Voilà pour les erreurs, mais heureusement le film a d’autres qualités.

La poésie contre le deuil

Le réalisateur réussit à traiter intelligemment le thème du deuil sans raconter une histoire triste. Les acteurs rendent la douleur des personnages avec une grande justesse. Amor Hakkar interprète lui-même le rôle de Mouloud. Le tandem du père et de la fille vont tout mettre en œuvre pour rendre espoir à la mère avec des moyens tous simples, parfois drôles et souvent poétiques. En guise d’entorse à la tradition, La Maison jaune montre des femmes qui assistent à un enterrement, histoire de briser un tabou. Le seul regret du réalisateur : l’une des jeunes actrices du film n’a pas pu assister à la présentation du film à Sétif, la fillette était invitée avec toute sa famille, mais le père aurait unilatéralement décliné l’invitation. Comme quoi, il reste un long chemin à faire pour améliorer les rapports entre hommes et femmes.

La Maison jaune, le site du film

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