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La Kabylie du président (2)

mercredi 21 septembre 2005, par Rezki Mammar

Voici le second épisode de l’interview de l’inénarrable monsieur Djiar, conseiller de la présidence algérienne, suivie sur Berbère Télévision. Nous voici maintenant au passage où il nous explique que faute de " séreinité " le président a refusé de recevoir les manifestants et a été obligé de leur tirer dessus pour ramener le calme. Puis il nous dira que la langue berbère n’est pas prête à être officialisée.

Nous avons laissé les mots tels quels pour laisser intact le plaisr de goûter au discours officiel.

Le présentateur (Abdelrazak Larbi-Cherif) aborde le problème de la marche du 14 juin 2001. Un million de manifestants kabyles convergent vers Alger pour porter leurs revendications au chef de l’Etat. Ce dernier ne les a pas reçu.
Question : " Pourquoi le président n’a pas reçu une délégation de ces millions de jeunes qui sont venus lui remettre une plate-forme ? C’est la question que se pose tout le monde ".
Réponse : " Vous savez, quand il y a des problèmes graves qui se posent, où la fibre passionnelle, à juste titre d’ailleurs... Parce que quand vous avez des morts, des jeunes qui tombent, etc, c’est normal que les gens se mettent en colère. Donc, il n’y avait pas la séreinité requise (...)
Parce que en quelque sorte, du fait de ce drame de la Kabylie, l’Algérie, quelque part avait perdu ses moyens et sa lucidité (...) "
.

Le présentateur parle de " millions de jeunes " en fait il étaient un million.

Question : " On a entendu une thèse dire que ce qui s’est passé en Kabylie c’était un complot, justement à une échelle très haute dans le pouvoir. C’est comme si les adversaires du président lui ont fait cette crise justement pour le déstabiliser. Est-ce que cela est vrai ? "
Réponse : " C’est à dire, on a entendu beaucoup de thèses, on a entendu beaucoup de thèses. Parce que quand vous êtes en crise, lorque rien ne fonctionne comme ça devrait fonctionner, lorsque le pouvoir est fragile, lorsque les institutions sont fragiles, c’est propice à toutes euh... à tout. C’est propice à tout. Mais laissons aux historiens, laissons aux historiens du futur - qui espérons est le plus ou moins proche - aux historiens... travailler dans la séreinité. Donc, pour le moment il faut aller de l’avant. Il faut expliquer aux jeunes, qu’ils n’ont pas d’avenir dans un pays où il y a la crise, où il y a la violence, où il y a le chômage. Il faut leur expliquer ça. Et que la solution ne peut venir que des Algériens eux mêmes. Elle peut pas venir d’ailleurs, elle peut pas venir d’ailleurs, c’est pas vrai. Aujourd’hui, les gens qui... aileuurs, ils cherchent un peu à voir quel est leur profit... mais si les Algériens sont vigilants et que nous prenons pas en charge notre pays, ça peut pas marcher (...) ".

Que pense le président des négociations et de l’officialisation de la langue amazighe ?
L’invité tourne autout du pot, puis finalement " (...)Je ne vais pas éluder la question de l’officialisation de... ça je vous donne mon point de vue en tant que citoyen. Je parle à titre personnel, euh... librement... Une langue, c’est un instrument, de travail. C’est un véhicule de la culture et de l’identité. Il faut pas le tuer dans l’oeuf. Il faut donner sa chance à la langue amazighe de se développer, parce que... Je vous donner mon avis personnel, il faut d’abord lui construire cette langue. Il faut lui donner son vocabulaire, sa grammaire, heu ses concepts. Il faut qu’elle soit capable d’afronter l’informatique, d’affronter les mathématiques, d’affronter le... disons tout ce qui fait la vie moderne. "
Le présentateur : " Il y a beaucoup de gens qui travaillent là-dessus ".
" Voilà ! Laissons justement, il ne faut pas politiser ce problème. Parce que l’histoire iul faut la laisser aux historiens, pas aux hommes politiques. La langue, il faut la laisser aux linguistes. Parce que ce sont eux qui connaissent, ce sont les spécialistes. Un homme politique n’est pas un spécialiste de la langue amazighe ou de la langue arabe ou d’une autre langue. Laissons les linguistes, faisons confiance aux linguistes (...) "
Le présentateur : " Justement monsieur Djiar, les linguistes justement vous disent qu’une langue a besoin d’un statut, justement pour faciliter leur tache, leur travail, pour qu’ils avancent dans leur travail. C’est pour cela qu’ils demandent un statut à cette langue. Même les linguistes eux-mêmes le demandent... "
L’invité : " Il y a un statut qui existe déjà, le fait qu’elle est langue nationale. Maintenant elle est dans la Constitution, elle n’est pas dans un décret ou dans un arrêté ministériel, elle a déjà un statut. "
Le présentateur : " Mais néanmoins, on peuit s’attendre à ce qu’elle devienne euh officielle ? "
" Laissons nos euh... laissez-nous euh... laissez les linguistes travailler. Chaque chose en son temps. Il faut pas brûler les étapes... "
Le présentateur : " Non je pense, l’officialisation, c’est une affaire de politique, c’est une question politique. "
L’invité : " C’est pas une question politique, parce que la bonne politique... Parce qu’il y a la bonne politique et la mauvaise politique. La mauvaise politique c’est quoi ? C’est la politique démagogique. Pour plaire aux gens, pour leur dire oui oui. Mais quel est la... une fois que... Mais la bonne politique, elle doit s’inspirer de la réalité. Parce qu’une bonne politique, si n’est pas bâtie sur un constat réel, sur des données euh réelles vraies, c’est pas une bonne politique. Parce que si vous faîtes quelque chose il faut l’appliquer. Vous, euh, demain vous pouvez décréter euh qu’on va construire un avion supersonique. Sur un papier on peut le faire. Mas est ce que vraiment il peut voir le jour ? Il faut d’abord réunit les conditions, créer les conditions. C’est comme vous plantez un arbre. Vous pouvez pas du jur au lendemain planter un arbre n’importe où. Il faut préparer la terre, il faut défoncer euh, il faut voir si vous avez de l’eau pour irriguer cet arabre aetcetera (...) ".

En résumé
- Les manifestants ne peuvent pas être reçus par le président, c’est normal, un manifestant n’est pas quelqu’un de calme.
- La thèse du complot, on demandera aux historiens (dans un futur plus ou moins proche)
- La langue amazighe : notre invité trouve démagogique de vouloir scolariser les Berbères dans leur langue maternelle.

Défoncer la terre de ce pays, c’est peut être ce que les dirigeants font de mieux depuis l’indépendance. Maintenant, c’est sûr, la langue officielle unique de l’Algérie, c’est la langue de bois.

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