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La Kabylie du président (1)

lundi 19 septembre 2005, par Rezki Mammar

Voici un chef d’eouvre de la langue de bois. Hachemi Djiar est conseiller auprès du chef de l’Etat algérien. Il vient d’effectuer une visite en France pour faire la promotion de la Charte pour la réconciliation nationale, proposée prochainement par référendum. C’est ainsi qu’il était l’invité de Point(s) de Vue(s), sur Berbère Télévision le 15 septembre dernier. Voici comment un responsable de l’Etat voit la situation en Kabylie.

A partir du 18 avril 2001, la gendarmerie tire sur les manifestants kabyles. Mais le président Bouteflika a quitté le pays pour se rendre à un colloque en Afrique du Sud. Une décision qui fait un peu désordre, sauf pour Hachemi Djiar, son conseiller :
" Ecoutez, il faut que l’on revienne à la situation de 1999. Lorsque le président Boutelika est arrivé en 1999, le pays était complêtement isolé. Il était boudé de tout le monde : les amis, les frères et les autres. Le pays était seul. Encerclé. Alorqu’il fallait entrer dans l’OMC, il fallait négocier l’accord d’association avec l’Union européenne. " et il ajoute :
" Pendant toutes ces années l’image de l’Algérie a été complêtement ternie, a été complêtement ternie. Le président Bouteflika lorsqu’il est arrivé, dans sa stratégie, il a inscrit ce point, de déserrer l’éteau sur l’Algérie, de sortir l’Algérie de son isolement " Logique, non ? ce qui permet d’apprécier la dernière partie de la tirade :
" Si vous annulez les rendez-vous que vous avez pris, qu’est ce qui va se passer ? Cela va accréditer l’idée que c’est un pays qui n’est pas sérieux. Le président Bouteflika quand il fait ses tournées à l’étranger il ne fait pas du tourisme. Moi je peux en parler parcxe que je l’accompagne, j’ai l’honneur de l’accompagner. Et je peux vous assurer que ça va tambour battant, ça va tambour battant, il n’y a pas une minute de libre. "

Le mythe du complot colonial

Le journaliste poursuit : " Certains lui reprochent [au président] aussi le fait qu’on a beaucoup tardé. On a laissé la situation pourrir. Il a fallu plus de cent morts pour qu’il y ait une réaction. " Ce à quoi le conseiller sort sa botte, le discours anti-colonialiste :
" Ecoutez, le problème de la Kabylie, c’est un problème qu’il faut résoudre absolument. Et pour le résoudre il faut comprendre certaines choses. Il faut qu’on se remémore certaines choses qui raffraîchissent un peu la mémoire. D’abord la Kabylie n’est pas la Kabylie sans l’Algérie, comme l’a dit le président et l’Algérie n’est pas l’Algérie sans la Kabylie. Et ça... les premier à l’avoir compris c’est la colonisation, c’est le pouvoir des autorités coloniales quand ils sont entrés ici au début de la colonisation. Ils ont compris que la Kabylie c’est, quelque part, à l’instar de quelques régions du pays, mais particulièrement la Kabylie c’est un peu le coeur palpitant de l’Algérie. Qu’est ce qu’il ont fait : ils ont tout entrepris pour séparer la Kabylie du reste de l’Algérie, de l’isoler. Ils ont inventé des mythes. Le mythe du bon Berbère face au méchant Arabe. C’est à dire dresser des communautés d’un même pays l’une contre l’autre. Tout ça a commencé même avant la colonisation, avant 1830... en 1826. Parce qu’en 1826, il y avait un essayaiste français qui parce qu’ils avaient planifié l’occupation en Algérie, qui a rédigé un petit livre pour leur dire " vous pouvez y aller, parce que quand vous entrez en Algérie, les Kabyles vont vous soutenir, ils seront avec vous, vous n’avez rien à craindre ". Après l’ocupation il y a eu d’autres théoriciens qui ont développé cette heu, cette doctrine. Ensuite il y a eu Lavigerie, la politique d’évangélisation. Mais ce qui s’est passé, c’est que les Kabyles, dès le premier jour de l’entrée des Français à Sidi Ferrouch, ils sont accourus comme un seul homme pour soutenir l’armée du dey à Staouelli pour reposser les... (la phrase se termine en queue de poisson). Deux : des écoles qui avaient été créées par le heu parti colonial en Kabylie pour soit-disant heu enseigner aux Kabyles et pour les séparer. Les Kabyles refusaient d’envoyer leurs enfants dans ces écoles. Deuxième démenti, deuxième refus, c’est à dire une attitude de dignité des Kabyles. Dignité en tant que Kabyles et Algériens. Le plus grand démenti est donné en 1871 lorqu’El Mokrani a soulevé toute la Kabylie contre l’armée coloniale.
Au vingtième siècle, à partir des années 20 et 30, les Kabyles ont été parmi les précurseurs de l’Etoile nord africaine, c’est à dire du parti indépendantiste avec Messali Hadj, à partir de 1925-1926. Si vous regardez la composante de l’équipe qui avait créé l’Etoile nord africaine, y’a beaucoup de Kabyles à l’intérieur. Dans les années 40, lorsque le PPA
[Parti du peple algérien NDLR] s’était essoufflé, est devenu un parti bureaucratique, qui pronait toujours l’indépendance mais qui restait figé, qui restait figé, eh bien il y a des Kabyles et d’autres jeunes des autres régions du pays, de toute l’Algérie qui se sont dressés contre le parti pour dire barakat, maintenant on veut libérer notre pays, surtout après les événements du 8 mai 1945. Donc la Kabylie a joué... les Kabyles à l’instar des autres régions du pays un très grand rôle dans l’impulsion de l’esprit nationaliste et le déclenchement de la révolution."

Distribution générale d’éloges

Ce rappel historique fait l’impasse sur l’épuration des éléments berbères en 1949, il se termine par un hommage aux militants kabyles Abane Ramdane (assassiné dans les réglements de comptes internes) et Krim Belkacem (lui aussi assassiné après l’indépendance).
Ici le présentateur le coupe " Abane Ramdane, qui a été assassiné... " et l’invité de répondre " Effectivement ! Malheureusement. Malheureusement, ça, ce sont les aléas de la politique... "
Hachemi Djiar poursuit avec un autre hommage appuyé aux élus citoyens kabyles qui actuellement négocient avec le gouvernement :
" Tout ça pour dire que la Kabylie c’est l’Algérie c’est la Kabylie c’est l’Algérie ". Maintenant effectivement il y a eu la crise, il y a eu cette crise. Heu. Je dois dire pour l’histoire, pour l’histoire, pour histoire que les aarouchs ont joué un rôle postif pour calmer la situation. Si les aarouchs ne s’étaient pas mobilisés spontanément pour essayer de calmer et de canaliser un peu la colère légitime des jeunes, peut être que ça aurait été l’irréparable ...". Dommage que personne ne sache ce que veut dire l’ " irréparable " veut dire.

Il faudra un jour expliquer aux manifestants et à ceux d’entre eux qui ont perdu des proches la différence entre la colonisation et la politique actuelle de marginalisation de l’Etat algérien. Leurs grands parents auraient-ils donné leur vie pour qu’un jour leur langue maternelle soit mise au ban de la société algérienne ?

En résumé
- Le président a préféré participer à un colloque plutôt que de gérer la crise en Kabylie, parce que ça n’est pas très sérieux de rater des rendez-vous quand on est le chef d’un Etat influent.
- La crise en Kabylie a pour origine un complot colonialiste (c’est bien connu).

La suite de l’entretien dans le prochain article.

Les extraits ci-dessus sont une sélection des propos de l’entretien, nous n’avons pas retiré les répétitions, pour garder l’aspect oral.

Messages

  • vous parlez beaucoup.. c est comme lalgerie baser sur la kabyler.. le francais qui a mentione dans son livre.

    vous etes partous, comme des mouches. qui a assasine masali et aban sont les kabyles eux memes avec.

    Merci

    • Tu étais peut-être présent éspèce d’enfoiré !!!!
      IL NOUS FAUT UNE ORTHOPHONISTE POUR DECORTIQUER CE FRANCAIS LA LANGUE FRANCAISE. C4EST LA PREUVE QUE TU PARLES A TOI MEME ? EXACTEMENT COMME CE COPAIN DE LA DICTATURE

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