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L’université Mouloud Mammeri paralysée par une grève

mardi 15 janvier 2008, par Rezki Mammar

Le conflit social qui oppose les étudiants à la direction des oeuvres universitaires est entré dans une phase de tension depuis les congés du nouvel an.. Le 14 janvier, le campus de Hasnaoua a été bloqué par une grève. La Coordination locale des étudiants a profité de rappeler les revendications et envisage une grève générale le 19 janvier si la situation n’est pas débloquée d’ici là. Par ailleurs nous avons appris qu’un étudiant a été violemment agressé par une personne extérieure à l’université.

Devant la bibliothèque centrale

Les images illustrant cet article ont été prises le 5 janvier 2008.

La journée de protestation du 14 janvier a abouti à un blocage du campus de Hasnaoua à Tizi Ouzou (Kabylie). La Coordination locale des étudiants a fait le point sur ses revendications. Sur le plan pédagogique, le mouvement demande une suppression du système LMD (licence, maîtrise, doctorat) qu’il estime être « une forme de privatisation de l’université ». L’organisation explique que des centaines de bacheliers ont préféré laisser passer une année blanche pour échapper au LMD.

Devant l’entrée de l’université

La CLE souhaite aussi élargir le mouvement de protestation à d’autres universités d’Algérie et souhaite que le Conseil national des enseignants du secondaire (CNES) engage un débat sur le LMD.

Les agressions contre des étudiants

L’autre préoccupation est plus immédiate, elle concerne l’insécurité. Des étudiants rapportent que la semaine dernière, des « extra », c’est à dire des personnes externes ont pénétré dans la cité des filles à Bastos et qu’ils ont « failli agresser des étudiantes ». Ce dimanche 13 janvier, Hamza, un étudiant en troisième année en économie et gestion d’entreprise. Le drame s’est produit à dix heures, lorsqu’un « extra » a donné un coup d’épaule au jeune homme. L’étudiant a apparemment compris qu’il s’agissait d’une provocation est s’est excusé auprès de l’inconnu, mais ce dernier a sorti une chaîne pour frapper Hamza. Grièvement blessé, l’étudiant a été évacué vers l’hôpital. L’autre a pris la fuite, il a été intercepté par les agents de sécurité de l’université et remis à la police.

Rassemblement aux abords de l’université Mouloud Mammeri

Mais les forces de l’ordre ont qualifié l’agresseur de « mineur », ce qui le met à l’abri de poursuites. L’intru avait-il des complices haut placés, ses camarades craignent que oui. Un rassemblement de solidarité avec Hamza est prévu ce mardi 15 janvier devant la bibliothèque centrale. Il s’agit de l’incident le plus grave survenu depuis le 6 novembre, lorsque Rafik, un autre étudiant avait été blessé à la tête par les services de sécurité.

Bras de fer avec les oeuvres universitaires

De leur côté, 13 étudiants ont été convoqués par la police, ils sont mis en cause pour le saccage du siège des oeuvres universitaires. La CLE estime que les dégâts sont le fait de tout un mouvement « difficile à contrôler » de plusieurs dizaines de personnes. L’organisation précise que parmi les étudiants convoqués, certains n’étaient même pas présents durant les faits.

Une banderoles demandant le départ de la directrice des oeuvres universitaires

Concernant les oeuvres universitaires, les grévistes ne mâchent pas leurs mots, ils dénoncent la corruption de cette institution et demandent toujours le départ de ses dirigeants. Les oeuvres universitaires, l’équivalent du Crous en France, gèrent les aides aux boursiers, le logement, le transport et la restauration. Au restaurant universitaires de Bastos par exemple, seuls 6 000 repas sont servis aux 18 000 étudiantes qui y mangent. Les conditions de vie ne semblent pas différentes de ce que nous écrivions dans notre article d’introduction à ce dossier (paru le 21 novembre).

Messages

  • c’est vraiment formidable de ce que vous avez fait nous vous encourageons à faire plus

    • SMS à Da el Mouloud
      ceci est un sms, je voulais juste te dire, que l’université va vraiment mal, les étudiants n’acceptent pas la critique, l’ésprit tribal domine le paysage universitaire, Da el Mouloud, les étudiants ne te lisent pas, les étudiants se disent kabyles et s’arretent là, tes étudiants se foutent de littérature, d’ésprit critique et de philosophie, tes étudiants se laissent séduire par les foules, tes étudiants sont tous devenues désciples de l’idée unique, enfin tes étudiants se réunissent au résto, et l’autocritique est toujours banit, tes étudiants sont devenus de beau parleur, mais jamais de bon penseurs, Gorgias a eu raison de Socrate, meme à l’université cher Da el Mouloud...

  • Bonjour,

    C’est avec du recule que je m’exprime sur le sujet et que je vous fais part de mon humble avis. Moi Dilemma étudiante en 2ème au département de traduction et interprétariat à UMMTO.

    Je ne me sens en aucun concernée par cette cause prétendument défendue, surtout que je ne suis d’accord avec les méthodes de protestation employées,il y a eu de la violence, chose que je ne cautionne pas, et je suis sûre que bon nombres d’étudiants partagent mon opinion.
    De toutes ces grèves je n’y vois que de l’hypocrisie et de la manipulation. Nous avons perdu des mois de travail pour rien, ça fait déjà 3 mois que Mme Ourida Larfi a quitté son poste de directrice des œuvres universitaires de Hasnaoua et il n’y a aucun changement ! La preuve que ce n’était que de la politique.

    la seule chose qui m’importe c’est de poursuivre mes études dans de bonnes conditions sans grèves ou autres...

    Virtuellement votre, Dilemma.

    Voir en ligne : http://dilemma.unblog.fr

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