
- Devant la bibliothèque centrale
Les images illustrant cet article ont été prises le 5 janvier 2008.
La journée de protestation du 14 janvier a abouti à un blocage du campus de Hasnaoua à Tizi Ouzou (Kabylie). La Coordination locale des étudiants a fait le point sur ses revendications. Sur le plan pédagogique, le mouvement demande une suppression du système LMD (licence, maîtrise, doctorat) qu’il estime être « une forme de privatisation de l’université ». L’organisation explique que des centaines de bacheliers ont préféré laisser passer une année blanche pour échapper au LMD.

- Devant l’entrée de l’université
La CLE souhaite aussi élargir le mouvement de protestation à d’autres universités d’Algérie et souhaite que le Conseil national des enseignants du secondaire (CNES) engage un débat sur le LMD.
Les agressions contre des étudiants
L’autre préoccupation est plus immédiate, elle concerne l’insécurité. Des étudiants rapportent que la semaine dernière, des « extra », c’est à dire des personnes externes ont pénétré dans la cité des filles à Bastos et qu’ils ont « failli agresser des étudiantes ». Ce dimanche 13 janvier, Hamza, un étudiant en troisième année en économie et gestion d’entreprise. Le drame s’est produit à dix heures, lorsqu’un « extra » a donné un coup d’épaule au jeune homme. L’étudiant a apparemment compris qu’il s’agissait d’une provocation est s’est excusé auprès de l’inconnu, mais ce dernier a sorti une chaîne pour frapper Hamza. Grièvement blessé, l’étudiant a été évacué vers l’hôpital. L’autre a pris la fuite, il a été intercepté par les agents de sécurité de l’université et remis à la police.

- Rassemblement aux abords de l’université Mouloud Mammeri
Mais les forces de l’ordre ont qualifié l’agresseur de « mineur », ce qui le met à l’abri de poursuites. L’intru avait-il des complices haut placés, ses camarades craignent que oui. Un rassemblement de solidarité avec Hamza est prévu ce mardi 15 janvier devant la bibliothèque centrale. Il s’agit de l’incident le plus grave survenu depuis le 6 novembre, lorsque Rafik, un autre étudiant avait été blessé à la tête par les services de sécurité.
Bras de fer avec les oeuvres universitaires
De leur côté, 13 étudiants ont été convoqués par la police, ils sont mis en cause pour le saccage du siège des oeuvres universitaires. La CLE estime que les dégâts sont le fait de tout un mouvement « difficile à contrôler » de plusieurs dizaines de personnes. L’organisation précise que parmi les étudiants convoqués, certains n’étaient même pas présents durant les faits.

- Une banderoles demandant le départ de la directrice des oeuvres universitaires
Concernant les oeuvres universitaires, les grévistes ne mâchent pas leurs mots, ils dénoncent la corruption de cette institution et demandent toujours le départ de ses dirigeants. Les oeuvres universitaires, l’équivalent du Crous en France, gèrent les aides aux boursiers, le logement, le transport et la restauration. Au restaurant universitaires de Bastos par exemple, seuls 6 000 repas sont servis aux 18 000 étudiantes qui y mangent. Les conditions de vie ne semblent pas différentes de ce que nous écrivions dans notre article d’introduction à ce dossier (paru le 21 novembre).






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