mercredi 30 avril 2008, par rezki
L’interview commence par une question sur l’état du mouvement culturel berbère en Algérie et elle est posée par le quotidien El Watan à Salem Chaker, actuellement titulaire de la chaire de berbère à l’Inalco (« Langues O ») à Paris. Le chercheur estime que la revendication se trouve devant une « impasse ». Explication : le mouvement est resté sur le terrain culturel, il n’a pas su construire un projet politique capable de relayer son discours.
« Je suis convaincu qu’il n’y aura pas d’autres perspectives pour les Kabyles en dehors d’une entité politique autonome » ajoute Salem Chaker qui cite l’exemple catalan. Sans ce cadre politique, le linguiste pense que les Kabyles, et les Berbères en général sont voués à la disparition.
L’universitaire évoque la responsabilité des élites kabyles « inféodées à l’Etat-nation ». L’interviewé ajoute que le régime en place ne se laissera pas faire et que « devenir autonome ne peut être que le résultat d’un rapport de force ». Reste à connaître la réaction des élites en question.
Né en 1950 à Aït Iraten en Haute Kabylie, Salem Chaker est l’auteur d’études de linguistique berbère.