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L’arabe obligatoire dans les écoles privées algériennes

mardi 22 novembre 2005, par Rezki Mammar

Le gouvernement Ouyahia a mis ses menaces à éxécution. Les établissements privés qui étaient jusuque-là pas concernés par l’arabisation de l’enseignement vont devoir se conformer à la politique linguistique.

Les médias internationaux parlent rarement de la situation des langues en Algérie, même la presse française a l’air d’ignorer la question. Sauf peut être pour défendre la place du français dans ce pays. On a donc un État algérien décidé à éradiquer l’usage des langues berbères dans l’indifférence quasi totale.
Et les choses ne sont pas prêtes de changer : l’islamisme fait couler plus d’encre que les droits de l’hommes, y compris les questions de diversité culturelle.

Un rappel de l’arabisation

- 1931 : Abdelhamid Ben Badis fonde l’association des Oulémas dont la devises est " l’islam est notre religion, l’Algérie est notre pays, l’arabe notre langue ".

- 1949 : Affrontements dans le mouvement nationaliste algérien entre partisans de l’arabe et du berbère. Les premiers écartent les seconds.

- 1954 : au moment où commence la guerre d’Algérie, seules 300 000 personnes savent écrire en arabe littéraire sur 8 millions d’habitants.

- 1962 : L’article 3 de la Constitution déclare que seul " l’arabe est la langue nationale et officielle ". L’État ferme la chaire de berbère à l’université d’Alger.

- 1964 : Arabisation de la première année du primaire.

- 19 juin 1965 : Coup d’Etat de Houari Boumedienne, lettré en arabe, il veut éradiquer le français et le berbère au profit de la langue coranique.

- 1967 : Arabisation de la deuxième année du primaire.

- 26 avril 1968 : Ordonnance obligeant les fonctionnaires à utiliser l’arabe littéraire.

- 1976 : Arabisation de l’affichage des noms de lieux, de rues et des plaques d’immatriculation.

- 1980 : Printemps berbère en Kabylie et à Alger.

- 16 janvier 1991 : Loi généralisant l’usage de la langue arabe (elle sera suspendue le 4 juin 1992 et rétablie). Un million de manifestants kabyles protestent à Alger.

- 1794-1995 : Années de la " grève du cartable ", les élèves de Kabylie boycottent l’enseignement pour réclamer l’officialisation du berbère.

- 1996 : Une nouvelle loi d’arabisation est adoptée, elle doit entrer en vigueur deux ans plus tard.

- 25 juin 1998 : Assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounès. La police tire sur les émeutiers au moment où la loi de 1996 va entrer en pratique.

- avril 2001 : Émeutes en Kabylie à la suite du meurtre d’un lycéen par la gendarmerie (la répression fait 123 morts). Une plate forme de revendications populaires exige l’officialisation de la langue tamazight.

- 2004 : Les négociations entre le gouvernement Ouyahia et les aarchs kabyles échouent sur la question linguistique.

- avril 2005 : La plate forme est acceptée, y compris sur le volet linguistique, mais le président Abdelaziz Bouteflika refuse d’officialiser le berbère.

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