L’arabe obligatoire dans les écoles privées algériennes
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Le gouvernement Ouyahia a mis ses menaces à éxécution. Les établissements privés qui étaient jusuque-là pas concernés par l’arabisation de l’enseignement vont devoir se conformer à la politique linguistique.
Les médias internationaux parlent rarement de la situation des langues en Algérie, même la presse française a l’air d’ignorer la question. Sauf peut être pour défendre la place du français dans ce pays. On a donc un État algérien décidé à éradiquer l’usage des langues berbères dans l’indifférence quasi totale.
Et les choses ne sont pas prêtes de changer : l’islamisme fait couler plus d’encre que les droits de l’hommes, y compris les questions de diversité culturelle.
Un rappel de l’arabisation
1931 : Abdelhamid Ben Badis fonde l’association des Oulémas dont la devises est " l’islam est notre religion, l’Algérie est notre pays, l’arabe notre langue ".
1949 : Affrontements dans le mouvement nationaliste algérien entre partisans de l’arabe et du berbère. Les premiers écartent les seconds.
1954 : au moment où commence la guerre d’Algérie, seules 300 000 personnes savent écrire en arabe littéraire sur 8 millions d’habitants.
1962 : L’article 3 de la Constitution déclare que seul " l’arabe est la langue nationale et officielle ". L’État ferme la chaire de berbère à l’université d’Alger.
1964 : Arabisation de la première année du primaire.
19 juin 1965 : Coup d’Etat de Houari Boumedienne, lettré en arabe, il veut éradiquer le français et le berbère au profit de la langue coranique.
1967 : Arabisation de la deuxième année du primaire.
26 avril 1968 : Ordonnance obligeant les fonctionnaires à utiliser l’arabe littéraire.
1976 : Arabisation de l’affichage des noms de lieux, de rues et des plaques d’immatriculation.
1980 : Printemps berbère en Kabylie et à Alger.
16 janvier 1991 : Loi généralisant l’usage de la langue arabe (elle sera suspendue le 4 juin 1992 et rétablie). Un million de manifestants kabyles protestent à Alger.
1794-1995 : Années de la " grève du cartable ", les élèves de Kabylie boycottent l’enseignement pour réclamer l’officialisation du berbère.
1996 : Une nouvelle loi d’arabisation est adoptée, elle doit entrer en vigueur deux ans plus tard.
25 juin 1998 : Assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounès. La police tire sur les émeutiers au moment où la loi de 1996 va entrer en pratique.
avril 2001 : Émeutes en Kabylie à la suite du meurtre d’un lycéen par la gendarmerie (la répression fait 123 morts). Une plate forme de revendications populaires exige l’officialisation de la langue tamazight.
2004 : Les négociations entre le gouvernement Ouyahia et les aarchs kabyles échouent sur la question linguistique.
avril 2005 : La plate forme est acceptée, y compris sur le volet linguistique, mais le président Abdelaziz Bouteflika refuse d’officialiser le berbère.




