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L’Etat algérien face à ses discriminations linguistiques

vendredi 11 juin 2010, par Rezki Mammar

Devant le Comité des droits économiques sociaux et culturels des Nations unies, Alger tente de défendre sa politique sociale, linguistique et culturelle. De son côté, l’association Tamazgha remet un rapport dénonçant l’arabisation, le contrôle des activités culturelles et l’ingérence dans les opinions des citoyens vis à vis de la religion.

D’un côté l’Etat algérien se targue d’avoir fait du berbère une langue nationale et d’encourager l’expression culturelle berbérophone. Les autorités ont remis un rapport au Comité des droits sociaux, économiques et culturels des Nations unies, à Genève. Les organisations non gouvernementales ont la possibilité de remettre en cause la vision officielle, c’est le cas de Tamazgha qui a présenté un rapport alternatif.

L’association berbériste parisienne pointe du doigt la loi de généralisation de la langue arabe de 1998 qui selon elle représente « un véritable apartheid linguistique », déjà dénoncé par les membres du CERD. Le rapport alternatif considère par ailleurs que les efforts de l’Etat dans le domaine de l’alphabétisation ne profitent qu’à la langue arabe. L’enseignement du berbère reste quant à lui marginal et limité. Tamazgha donne l’exemple d’Alger, qui bien qu’étant au moins à moitié berbérophone ne dispose que de trois enseignants pour seulement 63 élèves.

Dans son rapport, l’Etat algérien se vante d’avoir mis en place un réseau de Maisons de la culture (une dans chaque département). Tamazgha souligne quant à elle que ces établissements, tout comme la politique de subvention associative et culturelle sont un outil de « mainmise de l’Etat » dans le domaine de l’expression berbérophone. L’association ne cite pas d’exemple mais on peut citer le cas de la Maison de la culture de Tizi Ouzou, dont le directeur Ould Ali El Hadi (un ancien militant berbériste recyclé) a cumulé sa fonction avec celle de directeur de campagne du candidat du régime en Haute-Kabylie lors des présidentielles de 2009.

D’autres discriminations sont pointées du doigt, notamment l’ingérence dans la vie religieuse. Ainsi, pour épouser une Algérienne, un étranger doit être musulman ou se convertir. Cette condition est également exigée pour adpoter un enfant. L’autre point sensible soulevé par Tamazgha concerne le Code de la Famille, adopté en 1984 et qui impose aux femmes la tutelle d’un homme tout au long de leur vie.

Lire le compte rendu de Tamazgha

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