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L’Ecosse tout près de l’indépendance

lundi 8 septembre 2014, par Rezki Mammar

Le pays de Walter Scott s’apprête à voter pour ou contre son indépendance. Quoi qu’il arrive, plus rien ne sera plus comme avant avec le Royaume-Uni.

Pour la première fois depuis le début de la campagne, un sondage donne la victoire aux partisans de l’indépendance. A dix jours du référendum du 18 septembre, l’Ecosse vit un moment historique. A Londres, c’est la panique, aussi bien dans le gouvernement conservateur de David Cameron que dans les milieux financiers. Pourtant, indépendante ou non l’Ecosse est en position de force. Voici trois exemples qui expliquent le succès de la campagne pour le « oui ».

1. L’Ecosse à gauche contre l’Angleterre à droite

L’électorat écossais vote à gauche. Les indépendantistes ont eu une idée , celle de jouer la carte du rejet du gouvernement conservateur actuellement au pouvoir au Royaume-Uni. A chaque fois que la droite gouvernementale critique les indépendantistes elle prend le risque de se mettre à dos l’Ecosse puisqu’ils n’y ont pas beaucoup d’élus. Quant à la gauche travailliste, elle est prise en étau. Les travaillistes sont contre l’indépendance, ils sont donc les alliés d’un gouvernement central d’un bord politique opposé. Les partisans de l’indépendance ont réussi à court-circuiter l’échiquier politique britannique en Ecosse.

2. L’enjeu pétrolier

Les côtes écossaises sont riches en pétrole. Cette énergie n’est pas éternelle, mais elle permet aux indépendantistes de promettre que la ressource en question profitera aux citoyens du futur Etat. Alex Salmond, le leader du Scotish National Party, promet de renflouer le système de santé et celui des retraites. Ces propos laissent entendre que jusqu’à maintenant le pétrole a profité à l’Etat britannique et pas assez aux Ecossais. Sur ce point aussi les partisans de la sécession ont marqué des points.

3. L’Ecosse ouverte contre l’Angleterre eurosceptique

Les adversaires de l’indépendance font campagne sur le thème « Better Together » (Mieux ensemble). C’est une manière de présenter l’Ecosse indépendante comme un recul, un éclatement, voire un danger. Le Scotish National Party a répondu qu’il souhaitait garder la monnaie britannique et la reine d’Angleterre comme chef d’Etat, histoire de rassurer l’opinion. Quand on y réfléchit bien, le Royaume-Uni tient un discours à l’opposé de sa politique européenne. Jusqu’à présent les Britanniques ne sont pas entrés dans la zone euro et leur pays est réputé pour son euroscepticisme. Les indépendantistes écossais ont un discours bien modéré tandis que le gouvernement central a porté des accusations perçues comme arrogantes par une parti de l’opinion écossaise.

Les trois points ci-dessus ont été au centre du débat sur l’indépendance de l’Ecosse. Le « oui », d’abord minoritaire a augmenté pour rattraper creuser l’écart. Cette montée du oui est le fruit d’un positionnement intelligent et raisonnable et on espère qu’il l’emportera le dans les urnes le 18 septembre.

Lire également Ecosse : Londres fait pression sur les indépendantistes et Référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2014

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