rezki.net

Accueil > Opinions > L’Azawad, un Etat indésirable pour ses voisins

L’Azawad, un Etat indésirable pour ses voisins

samedi 7 avril 2012, par Rezki Mammar

Les voisins du Mali refusent la création d’un Etat Azawad. Divisés sur la question de la lutte contre le terrorisme et spectateurs passifs de la défaite éclair de l’armée malienne, les chancelleries ont un point commun, le refus d’un Etat en plein Sahara, qui plus est un Etat berbère.

Le 6 avril, en proclamant la création d’un Etat indépendant englobant un peu plus de la moitié du Mali les rebelles touaregs ont pris de vitesse les capitales voisines et les puissances internationales.
Cette proclamation, rendue publique ce 6 avril est froidement accueillie par ’Union africaine, la Cedeao (qui regroupe les Etat d’Afrique de l’Ouest), l’Algérie, l’Union européenne et les Etats-Unis pour deux raisons essentielles.

Le terrorisme

L’une des questions soulevées par les observateurs concerne la lutte contre le terrorisme. Depuis le soulèvement touaregs en janvier, les médias maliens ont tenté exagéré les liens entre les rebelles touaregs indépendantiste du MNLA et les mouvements islamistes. Le but était de discréditer les premiers. Il faut signaler que des médias français comme TV5 Monde sont tombés dans le panneau en reprenant ces affirmations. Depuis que le MNLA affirme contrôler l’Azawad la tendance consiste à décrire le Nord Mali comme une zone de non droit, en proie au chaos et à la charia. Le MNLA se trouve confronté à la sécurité d’un territoire immense. Mais il ne faudrait rejeter sur les rebelles touaregs la responsabilité de plusieurs années de tergiversation entre les pays du Sahel.

L’intégrité du Mali

D’autre part, il s’agit pour ces pays de défendre l’intégrité territoriale du Mali. La naissance d’un nouvel Etat pourrait donner des idées aux Touaregs des pays voisins installés au Niger, en Algérie, en Libye et au Burkina Faso. La situation est différente suivant les pays. Le Niger a connu des soulèvements touaregs en 1963, dans les années 90 et plus récemment. Tout comme le Mali, ce pays a géré ces crises par l’usage de la force et par des traités de paix sans lendemain. L’Algérie s’est toujours présentée comme un sorte de médiateur par le passé. Ce 6 avril Alger défend également l’intégrité territoriale des Etats, alors que depuis des décennies ce même pays anime le Front Polisario en faveur du Sahara Occidental. Quant à la France, au-delà du Mali, elle se trouve face au problème de son ancien empire colonial.

Le fait berbère

Le tracé des frontières africaines ne tient pas compte des composantes ethniques et linguistiques. Ce problème a été évacué au moment de la décolonisation. La naissance du Sud Soudan au début de l’année 2012 marque un nouveau coup d’arrêt au principe de non modification des frontières. La guerre civile qui a secoué la Libye cette année a offert un autre exemple d’Etat en mal d’unité. On a pu constater le maintien et l’affirmation de la berbérophonie dans ce pays officiellement arabe. Après l’élimination du colonel Kadhafi, la Libye s’est dotée d’une Constitution qui maintient l’arabe comme langue officielle tandis qu’elle place les Berbères et les Toubou au second rang dans la définition nationale. Les milices, berbères ou autres ont gardé leurs armes. Ces dernières semaines, le conflit entre Toubou et Arabes a relancé les craintes du côté du Tchad où vivent également des Toubou. Les Touaregs, qui font partie de l’ensemble berbère sont eux aussi confrontés à une dispersion géographique entre plusieurs pays. Quand ils défendent l’intégrité territoriale du Mali, des pays comme l’Algérie (qui a bâti ses références contre la berbérité) pensent avant tout au danger que peut impliquer une contagion aux groupes berbères qui vivent à l’intérieur de ses frontières.

Messages

  • Le MNLA vient de libérer les diplomates algériens otages du groupe terroriste MUJAO
    dimanche 8 avril 2012

    les sept diplomates algériens enlevés jeudi à Gao viennent d’être libérés par leur ravisseurs, grâce à l’intervention du MNLA, après quelques jours de captivité. Dans la journée, le rapt avait été revendiqué par groupe dissident d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dans un message à l’AFP, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) « déclare officiellement sa responsabilité dans l’enlèvement du consul algérien et six (membres) de son équipe à Gao ».

    Ce groupe a revendiqué l’attentat suicide contre la gendarmerie à Tamanrasset qui a fait plusieurs victimes et détient d’autres otages.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.