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L’Azawad et le Sahel, des décennies de mauvaise gestion

vendredi 18 janvier 2013, par Nadia Mechiche

Depuis l’intervention militaire de la France pour soutenir son allié du Mali, l’actualité est redevenue une foire où chacun brandit des chiffres et des théories fumeuses. La réalité, c’est que l’on parle de tout sauf des peuples qui habitent le Sahel ou encore des rapports entre les Touaregs et l’Etat malien.

La France et les Etats-Unis

La France croit pouvoir réparer en quelques mois son désengagement militaire de plusieurs années au Sahel. Dans un premier temps, Paris a gentiment refilé la gestion de la sécurité du Sahel aux Etats-Unis, Washington a alors tenté de former l’encadrement de l’armée malienne avec un succès mitigé. Au début de l’année 2012, l’armée du Mali a essuyé une déroute historique. L’échec franco-américain est dû en grande majorité à leur ignorance de la région, des peuples qui l’habitent et des motivations des uns et des autres.

L’Algérie

On parle de terrorisme pour justifier l’intervention française, la France n’ose pas désigner les pays liés à des mouvements islamistes au Nord du Mali (on pense à l’Algérie et au Qatar). Alger entretient un rapport ambigu avec le phénomène terroriste depuis plusieurs décennies. Le groupe affilié à Al Qaida qui a pris en otage les employés du site d’In Amenas n’est qu’un descendant du GIA et du GSPC. Autre chose, l’Algérie se sert de l’argument de la lutte contre le terrorisme pour se donner une légitimité internationale. Sur le plan intérieur, le régime utilise le chaos ambiant pour justifier un déploiement hors normes en Kabylie (avec des exactions et des incendies). Personne n’oubliera que des centaines d’intellectuels (kabyles pour la plupart) ont été liquidés, officiellement par des islamistes alors qu’en réalité la plupart étaient impliqués dans la dénonciation de la corruption, de la junte militaire et de la politique d’arabisation. Sous les habits de pays non aligné (dans la pure tradition tiers-mondiste) l’Algérie sait flatter les grandes puissances lorsque ses dirigeants flairent une bonne occasion. C’est ainsi qu’Alger a accepté le survol de son espace aérien par les forces françaises.

Et le Mali

L’Etat malien a aussi sa responsabilité dans la situation présente. Bamako n’a jamais traité sérieusement l’intégration ds peuples qui vivent à l’intérieur de ses frontières, surtout ceux du Nord, à commencer par les Touaregs, que l’on oublie et qu’on écrase dans le sang au moindre soulèvement. Le Nord du Mali, qu’on appelle Azawad, c’est un espace immense livré au sous-développement économique, un lieu devenu la terre promise de tous les trafics (on y trouve des armes, des drogues et des migrants en partance pour le Nord). Le terrorisme s’est ajouté à ce décor. Début 2012, un groupe rebelle touaregs est entré en conflit avec Bamako en revendiquant la création d’un Etat séparé comprenant l’Azawad. Aujourd’hui, la question d’une souveraineté touarègue peut très bien être posée au-delà du Mali, elle met en cause les frontières du Niger (le pays où vivent le plus nombre de Touaregs), de la Libye et du sud de l’Algérie.

Messages

  • mi luzen ak ccen,mi rwan ak gezren !la france ne laissera jamais s’instaurer la democratie dans ses exes colonies.d’ou tirera,si non,son influence et sa force ?faire et defaire la paix et l’instabilite en afrique constituent pour la france sa raison d’entretenir son rang de puissance,quitte a sacrifier le bon sens et la raison comme dans le cas de l’azawad et du mali.

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