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L’Algérie peut-elle accueillir le CMA ?

samedi 17 mai 2008, par Rezki Mammar

Où aura lieu la prochaine rencontre du Conrgès mondial amazigh (CMA) ? L’organisation transnationale berbère espère organiser sa réunion en Kabylie, mais les autorités algériennes n’ont toujours pas donné leur feu vert. Si Alger reste sur ses positions, il existe deux solutions alternatives. La première consisterait à tenir un congrès au Maroc, probablement à Rabat. Une autre idée vient d’être proposée par Ferhat Mehenni. Lors d’une conférence à Saint-Denis, le leader autonomiste kabyle a évoqué l’idée d’une rencontre dans un village.

Le Congrès mondial amazigh est une ONG berbère et sa prochaine rencontre doit avoir lieu cet été. Après le congrès de Nador au Maroc en 2006, les organisateurs espèrent se réunir en Kabylie. Jusqu’à maintenant, l’Algérie a choisi le silence radio..

Ferhat Mehenni (à gauche), Stéphanie Pouessel et Anir Bouyakoubi

Le 15 mai, l’association étudiante Tikli a organisé une rencontre intitulée Amazighité, berbérité et kabylité au Maroc et en Algérie. Lors de cette conférence, une question a été posée concernant les problèmes rencontrés par le CMA. A la tribune Ferhat Mehenni, chanteur et leader autonomiste kabyle, Stéphanie Pouessel, anthropologue à l’EHESS et Anir Bouyakoubi, doctorant et militant berbère marocain.

L’« impasse » administrative

Le président de Tikli, Kamel Saidi ouvre une parenthèse pour demander aux intervenant leur avis sur les difficultés du congrès du CMA.
Anir Bouyakoubi, qui se trouvait récemment au Maroc donne une petite précision juridique : « Je crois qu’au niveau de la loi, ne pas répondre au bout de quarante-huit heure veut dire que c’est autorisé ». Sur le plan administratif, l’Algérie n’a pas formulé de refus explicite. Néanmoins, il est difficile d’obtenir une salle, car le propriétaire des lieux demande une autorisation écrite des autorités, pour éviter des démélés administratifs. Devant cette « impasse », le congrès pourrait se tenir au Maroc. Lors d’une rencontre il y a plusieurs semaines, des associations marocaines ont proposé de tenir le congrès à Agadir. En 2006, le CMA avait tenu une rencontre dans ce pays, à Nador dans le Rif.

La proposition de Ferhat Mehenni

Pour Stéphanie Pouessel, anthropologue, « cela reflète les tensions que peut rencontrer l’amazighité avec les pouvoirs ».
Ferhat Mehenni président du Mak, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, précise qu’il a souvent été confronté à la difficulté de se réunir. L’organisation a été privée de salle plus d’une fois. Dans ce genre de situation, le Mak a choisi de ne jamais adresser une demande aux autorités : « En fondant nos espoirs sur une autorisation, nous savions qu’à la dernière minute, cette autorisation pouvait être retirée, et donc qu’on va se retrouver comme des nigaud qui attendent une petite autorisation de la part des autorités. » Ferhat explique que dans ce cas, mieux vaut se rabattre sur les localités.

L’autorité villageoise

« Les villages kabyles ont une autorité, une respectabilité, une égide qui protège en tous les cas de l’intervention de l’Etat. (...) Si le CMA veut tenir son congrès, les possibilités existent, il faut qu’il en ait le courage », poursuit le chanteur.
Les organisateurs du congrès ont donc le choix entre ces deux solutions de remplacement, à moins que les autorités algériennes ne donnent une réponse positive d’ici le mois d’août.

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