rezki.net

Accueil > Politique > L’Algérie et ses habitants selon Nicolas Sarkozy

L’Algérie et ses habitants selon Nicolas Sarkozy

mercredi 5 décembre 2007, par Rezki Mammar

La visite d’un chef d’Etat français à Alger suscite toujours énormément de réactions, mais rien de bien méchant, les chancelleries veillent au grain. Les deux pays ont fait en sorte pour que leurs opinions se rangent chacune derrière ses dirigeants. Les médias ont bien mis en valeur les querelles franco-algériennes sur la colonisation. L’objectif est d’éviter de parler des sujets qui fâchent : les droits de l’homme et les flux migratoires. Retour sur les propos tenus de part et d’autre.

Avec un pétrole à près de 88 dollars l’Algérie n’a pas besoin de l’amitié française pour passer commande en produits industriels et services. Le président Sarkozy ne vient pas signer un traité d’amitié et encore moins parler des droits de l’homme.
Depuis le 26 novembre, la presse algérienne et française ne parlent que de la polémique. Ce jour-là, un dirigeant algérien déclare que le président français Nicolas Sarkozy a été élu grâce au « lobby juif ». Les propos ont été tenu par Moahmmed Cherif Abbés, ministre des Moudjhidine (Anciens combattants) arrivent une semaine jour pour jour avant la visite du chef d’Etat français. Qui plus est l’interview paraît dans le journal le plus lu en Algérie, le quotidien arabophone El Khabar. La polémique qui a suivi permet au gouvernement algérien de recevoir le soutien des conservateurs.
Voici les fameux propos tirés de la version française de l’interview.
El Khabat demande à Mohamed Cherif Abbés si des relations de parité entre Paris et Alger ne sont pas possibles, voici sa réponse :

« Mohamed Cherif Abbés : Au jour d’aujourd’hui cela n’est pas envisageable, les français ne son pas prêts et en particulier durant le mandat de M. Sarkozy. Vous connaissez les origines du président français et les parties qui l’ont amené au pouvoir. Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Nicolas Sarkozy, en pleine campagne électorale ? Le gouvernement d’ouverture que dirige M. Sarkozy, qui a vu plusieurs personnalités de gauche rejoindre un gouvernement de droite soulève plusieurs interrogations comme pourquoi Bernard Kouchner a décidé de sauter le pas, cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. Ceci était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de la décision en France. »

Critique dans le sens du poil

Nicolas Sarkozy s’est rendu à Alger. Dans son discours du 3 décembre, l’invité tend une perche à l’Etat algérien sur la colonisation :

« Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité. Mais il est aussi juste de dire qu‘à l‘intérieur de ce système profondément injuste, il y avait beaucoup d‘hommes et de femmes qui ont aimé l‘Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long d‘une guerre d‘indépendance qui a fait d‘innombrables victimes des deux côtés. Et aujourd‘hui, moi qui avais sept ans en 1962, c‘est toutes les victimes que je veux honorer. »

Le respect de l’autre

En répondant indirectement à Mohamed Cherif Abbés, Nicolas Sarkozy prend garde à caresser l’idéologie algérienne dans le sens du poil :

« Faire le choix d‘une pleine intégration dans notre République ne signifie pas renoncer à ses racines. Au contraire : les deux doivent aller ensemble, et c‘est ainsi que nous pourrons bâtir dans l‘ouverture, la tolérance, le respect de l‘autre, un avenir partagé. En France comme en Algérie, nous devons combattre avec une détermination sans faille toute expression de racisme, toute forme d‘islamophobie, toute forme d‘antisémitisme. Quand on menace un Arabe, un Musulman ou un Juif en France, on menace la République. Le racisme, l‘islamophobie, l‘antisémitisme ne s‘expliquent pas, ils se combattent. Ce qui vaut pour la France vaut partout ailleurs dans le monde. Il n‘y a rien de plus semblable à un antisémite qu‘un islamophobe. Tous deux ont le même visage, celui de la bêtise et celui de la haine. »

C’est ainsi que le mot « i slamophobie » revient trois fois et qu’il est fait mention de l’Arabe, du Musulmans et du Juif mais pas du Berbère, qui serait mal perçu par les dirigeants algériens : faire allusion à la diversité linguistique de l’Algérie reviendrait à accuser l’Etat algérien pour sa politique d’arabisation. En juillet dernier notre article Nicolas Sarkozy, plaidoyer pour l’arabisation avait été repris et cité par plusieurs sites kabyles et plus largement berbères.

Messages

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.