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Khair Eddine, du rejet à la renaissance

samedi 28 novembre 2009, par Rezki Mammar

L’écrivain marocain, disparu il y a quinze ans présente un rapport complexe avec ses origines. Dans une première partie de son œuvre, Mohammed Khair Eddine s’éloigne du sud qui l’a vu naître et prend ses distances avec la berbérité. En maintenant le contact puis en retournant au pays, l’homme renoue avec une identité menacée et la place au cœur de son œuvre. Une rencontre organisée par Tamaynut de Clichy a permis de mettre en lumière l’évolution de Khair Eddine.

Mohammed Khair Eddine occupe une place à part dans la littérature, même au Maroc où il est en marge, à l’inverse d’un Tahar Ben Jelloun par exemple. L’auteur d’Agadir, d’Une odeur de mantèque est connu pour son style hors normes, la « guérilla linguistique » à travers laquelle il travaille à s’affranchir des convention de la langue français. On connaît moins son rapport à l’identité amazighe. Le 15 novembre dernier, association Tamaynut France de Clichy a invité deux universitaires, Hervé Sanson et Christian Bouillon, spécialistes de la littérature nord-africaine à une conférence sur ce thème.

Le Nord et le Sud

« D’abord en révolte contre ce qu’il perçoit contre un immobilisme berbère, il évolue et en retournant il constate une « renaissance », explique Hervé Sanson. Cette renaissance, c’est celle d’un Sud qui refuse de disparaître, au profit du Nord, de l’élite, du monde urbain.

Christian Bouillon

Avec Légende et vie d’Agoun’chich, publié en 1984, l’auteur renoue avec une écriture plus conventionnelle et aborde le thème de la perte des valeurs et de la culture, celle des Berbères. Dans Dans le roman Il était une fois un vieux couple heureux, on suit un héros qui décide d’écrire en tifinagh, d’utiliser la cassette audio pour tenter de sauver un patrimoine en péril. Le propos est souvent pessimiste sur le sort de la culture orale et sa sauvegarde, mais rien n’est joué et l’auteur écrit « Il y a de la vie même dans le désert le plus aride ».

Hervé Sanson

Cette conférence a pris fin sur une lecture d’un poème de Résurrection des fleurs sauvage, quelques vers consacrés à Taos Amrouche, une façon de jeter des passerelles entre le Chleuh Khair Eddine et l’auteure kabyle.

Le maire perd le Nord

En marge de cette rencontre, il faut préciser que Gilles Catoire le maire de Clichy a fait un passage en coup de vent, mais pas pour écouter, juste pour prendre la parole. L’élu a d’abord patienté nerveusement, puis voyant que les intervenants en avaient encore pour un moment, il a disparu furtivement, pour revenir quelque minutes plus tard. M. Catoire a alors pu prnoncer quelques banalités sur Khair Eddine. Histoire de montrer qu’il ne connait absolument rien au sujet, le maire a déclaré qu’il aimait la poésie berbère et a cité le nom de Mahmoud Darwich, un poète... palestinien. La démonstration est magistrale, le maire est passé à côté du sujet.

Messages

  • Tanemmirt nnek a rezki !!
    C’est vrai que Xayer ddin est marginaliser par ce pouvoir arabiste, mais il faut que Imazighen ne tomber dans le même problème.

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