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Khadya Azalam, la question amazighe au féminin

dimanche 16 décembre 2007, par Rezki Mammar

Le Forum féministe européen est un lieu de discussion consacré à la place des femmes à l’échelle du continent. L’une de ses membres, Khadya Azalam s’est lancée dans la création de groupes de réflexion centrés autour de la femme berbère. L’objectif est de donner la parole à une population amazighe féminine nombreuse mais encore invisible. La jeune femme est venue à Asnières, près de Paris pour expliquer ce projet.

Devant le public majoritairement féminin, Khadya Azalam jongle entre le français, l’anglais et le tachelhit (langue berbère du sud marocain). Née d’une famille amazighe marocaine, élevée aux Pays-Bas, la jeune femme cultive une double culture, berbère et néerlandaise. Devenue présidente de Tamaynut Pays-Bas, Khadya participe aussi au Forum féministe européen (en anglais EFF). Ce travail a permis de donner naissance à la Fondation Tamaynut de la femme amazighe (TAWF). Actuellement, il existe des groupes de femmes berbères en Espagne, en Allemagne et aux Pays-Bas naturellement. La France est en train de suivre le mouvement. Cette rencontre à Asnière, près de Paris doit beaucoup à Aïcha, elle-même très intéressée par le projet. A condition que les femmes se mobilisent : « Sans vous nous ne pouvons rien faire » rappelle Khadya en désignant celles qui l’écoutent.
Un homme fait remarquer que le nom de la fondation pose problème. Ne risque-t-on pas de confondre la « Fondation Tamaynut pour la femme amazighe » avec l’association « Tamaynut » dont fait partie Khadya. L’intéressée pense que non : elle précise que l’adjectif Tamaynut signifie « nouvell e » en berbère et qu’elle tenait à utiliser ce mot.

La force d’une culture, sa structure permanente

En Afrique du Nord, les Imazighen (les Berbères) sont en lutte pour la réappropriation de leur identité. Désignée à tort comme « arabe » la culture berbère tente d’émerger et de s’émanciper. La fondation TAWF s’inscrit dans ce combat, mais veut dépasser le « discours masculin » et remettre la femme au coeur de la question berbère. Alphabétiser les femmes immigrées et leur donner la parole sont deux étapes décisives dans le projet.
Présent dans la salle, le sociologue Mustapha Saha s’exprime lui aussi devant le public. Ce chercheur se présente et rappelle qu’il a été l’un des premiers en France à remettre en cause les « grands ensembles » urbains. A côté de ses travaux, l’universiaire a également mené des recherches sur l’Afrique du Nord, une société « à dominante berbère », devant laquelle il est admiratif car « C’est la seule culture méditerranéenne à avoir su conserver sa structure permanente. Comme la culture chinoise, elle a procédé par cumulation ». Cette capacité à faire coéxister la diversité, seraient un atout à l’heure de la mondialisation, toujours selon M. Saha.

Une interview de Khadya Azalam, sur le blog de Lahsen Oulhadj

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