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Kateb Yacine se raconte à l’écran

jeudi 29 janvier 2009, par Rezki Mammar

Il est l’un des très rares personnalités à avoir saisi la question berbère après l’avoir découverte durant la seconde partie du vingtième siècle. Dans Kateb Yacine, un poète en trois langues, l’écrivain du même nom dénonce la falsification de l’histoire nord africaine, il démythifie l’invasion arabe et l’islam. L’association Tamazgha diffuse précisément le documentaire ce 30 janvier.

Le film est signé d’Stéphane Gatti, on y voit d’abord un Kateb Yacine hésitant, tout en retenue. Peu à peu, l’écrivain se livre, il raconte comment il a découvert la langue berbère dont il ne soupçonnait pas la place jusque-là. L’entretien est entrecoupé de scènes filmées le jour de l’enterrement de l’auteur lui-même. Kateb Yacine vole dans le plumes des idéologues de l’Algérie. L’association parisienne Tamazgha a programmé ce documentaire pour ce vendredi 30 janvier à 19h30. En ces temps de religiosité aiguë il faut prendre le temps d’entendre l’auteur aborder le thème le plus épineux :

« Mais ces religions ont toujours joué un rôle néfaste. Il faut s’y opposer avec la dernière énergie. On les voit maintenant à l’œuvre. On les voit en Israël, en Palestine, on les voit partout. Ces trois religions monothéistes font le malheur de l’humanité. Ce sont des facteurs d’aliénation profonde. Voyez le Liban. Ça se passe devant nous. Regardez le rôle des chrétiens, des musulmans et des juifs. Il n’y a pas besoin de dessin. Ces religions sont profondément néfastes et le malheur de nos peuples vient de là. Le malheur de l’Algérie a commencé là. Nous avons parlé des Romains et des chrétiens. Maintenant, parlons de la relation arabo-islamique ; la plus longue, la plus dure, la plus difficile à combattre. »

On raconte souvent que Kateb Yacine a écrit un jour que le minaret des mosquées est « une fusée qui ne décollera jamais ». En avril 2004, nous recevions sur Berbère Télévision Smail Grim, qui venait d’adapter la pièce Le Cadavre encerclé de Kateb Yacine. Notre invité nous raconte alors cette anecdote : L’écrivain était de passage en Libye dans les années 1970. Après une soirée bien arrosée l’artiste passe devant une mosquée et y écrit la phrase en question contenant la comparaison avec une fusée. Résultat, les autorités libyennes protestent auprès de leurs homologues algériens et Kateb Yacine s’en tire avec une expulsion du pays de Kadhafi.

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