C’est un grand paradoxe des associations culturelles berbères. Les populations kabyles et berbérophones issues de l’immigration habitent les quartiers populaires et les banlieues des grandes villes et jusqu’à ce jour ces mêmes associations n’ont pas réussi à nouer un contact avec ce public nombreux. Nous avions interrogé à ce sujet deux cadres associatifs.
En mars dernier, lors d’un entretien avec Kamel Saïdi, président de l’association étudiante Tikli, nous abordons le sujet. Notre interlocuteurs livre quelques éléments de réflexion.
Le mouvement kabyle revient de loin, ses militants ont été poursuivi, arrêtés ou éliminés. En France, étant donné un environnement difficile, créer une association culturelle amazighe est déjà « un acte fort ».
Le mouvement culturel berbère manque de cadres et n’a pas encore engagé de réflexion sur « ce qu’attend la masse ».
Nous sommes revenus à cette questions lors d’une interview des responsables de l’Association des Kabyles de France dont le président Arezki Bakir a répondu qu’il avait des projets dans ce sens, sans en préciser la nature.
Deux prises de positions
Nous pensions que le sujet retomberait, que le mouvement associatif n’était pas prêt. Puis, le 24 avril Kamel Saïdi a le premier repris ce thème lors d’une réunion de travail entre associations. Au cours de son intervention, le président de Tikli a évoqué la nécessité pour les associations de prendre en compte les Français d’origine kabyle des quartiers populaires. Une militante, elle-même née en France a même trouvé l’idée pertinente. Dans la salle, une autre personne écoutait ces propos, il s’agit de Arezki bakir, de l’Askaf, qui dès le lendemain a mis le sujet par écrit dans une tribune intitulée « Kabyles de banlieues, les grands oubliés des associations berbères traditionnelles ». L’article, publié sur Kabyle.com a reçu un accueil mitigé, il n’a pas fait la une du site mais son auteur nous a déclaré avoir réfléchi au sujet à la suite de l’interview parue sur Rezki.net et à la suite de la réunion du 24 avril.

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