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Iselmaden, le blog des enseignants de tamazight

lundi 24 mars 2008, par Rezki Mammar

Créé par des professeurs de berbère de Tizi Ouzou, le blog Iselmaden n tmazight en est à ses débuts, mais il se présente comme un lieu de réflexion et de promotion de tamazight. L’enseignement de cette langue a été arraché en 1995 après un boycott scolaire contre l’arabisation. Treize ans ont passé et il semble bien que les choses ne se sont pas arrangé. Pire, entre l’opacité et mauvaise gestion on découvre que même l’autorité palestinienne a son mot à dire sur l’enseignement du berbère en Kabylie.

Un petit retour en arrière pour commencer : pendant l’année scolaire 1994 à 1995, les élèves de Kabylie entament un boycott scolaire appelé « grève du cartable », ou encore « année blanche ». Il s’agit d’un véritable bras de fer entre la population et l’Etat pour obtenir une réforme linguistique en faveur du berbère. L’Etat, qui a déjà fort à faire avec le terrorisme cède en 1995 : il créé un enseignement optionnel de tamazight dans les régions berbérophones.
Quand on lit Iselmaden (« les enseignenats » en berbère) on mesure le désarroi ambiant. La plate forme adressée aux autorités départementales de tutelle est là pour en témoigner. Le document dénonce un grand nombre de pratiques comme les affectations de postes envoyées après la rentrée ou encore une mauvaise orientation des élèves qui aboutit à des classes de niveau hétérogène. Les profs réclament l’ouverture de postes et un volume horaire moins chargé. L’Association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou, dont émane la plate forme ne possède même pas de siège et son président Boudinar Mhenna déclare lors d’une interview au Courrier d’Algérie qu’il ignore le nombre d’enseignants de berbère dans la wilaya en raison de l’opacité de la gestion de cet enseignement.

Les cours de tamazight interdits par Ramallah

Pour finir cette présentation sur une autre note surréaliste, le même président d’association déclare dans une autre interview qu’un élève scolarisé en Kabylie a été dispensé de cours de berbère. Le jeune homme parle couramment kabyle car sa famille est installée là depuis trois générations. L’ennui c’est que le même est d’origine palestinienne et que l’ambassade de l’Autorité palestienienne ne tient pas à ce que ses ressortissants apprennent tamazight. Apparemment, les services de l’Etat n’ont pas perdu de temps pour appliquer la recommandation diplomatique.

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