Indigènes de Rachid Bouchareb, les élites française ont adoré
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La France entière aime Indigènes avant même la projection du film en salles. Normal, des hommes politiques et des patrons influents ont donné leur bénédiction à cette fiction. On retiendra aussi que les personnages nord africains ont mis au vestiaire le berbère leur langue maternelle et s’expriment tous en arabe : un classique du cinéma français.
Indigènes est un film de Rachid Bouchareb sur les soldats nord africains engagés (contre leur volonté) dans la Seconde Guerre mondiale. Le casting c’est trois acteurs arabophones (c’est bien connu, les acteurs berbères n’ont pas le temps de faire du cinéma) et un quatrième mais qui ne parle pas un mot d’arabe (le pauvre Sami Naceri avait le trac).
Avant même sa sortie, le film est déjà promis au box office français. Pour en arriver là Rachid Bouchareb et Djamel Debbouze se sont plié en quatre pour boucler leur budget. L’Express raconte leur aventure dans son édition du 21 septemùbre.
L’élite passe à la caisse
Claude Bébéar, patron français, dirigeant de l’Institut Montaigne (créé pour diffuser des idées libérales) a fait jouer ses réseaux auprès du patronat français.
Pierre Méhaignerie, ancien ministre, député UMP a permis un financement par l’Assemblée nationale.
Philippe Douste Blazy a aussi donné un coup de main, en échange d’une photo de presse aux côtés de Djamel Debbouze.
Une proche de Nicolas Sarkozy a aussi proposé à Debbouze de poser avec le ministre (il a quand même refusé), mais le ministre est intervenu pour obtenir le soutien de la région Alsace dirigée par un ami à lui. Idem pour Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile de France.
Enfin, Jacques Chirac " bouleversé " par le film va annoncer le relèvement des pensions des anciens combattants coloniaux oubliés par la France. C’est également une bonne publicité.
Quant à Mohamed VI, roi du Maroc, il a mis au service de son ami Debbouze la région de Ouarzazate ainsi que 500 soldats pour le tournage du film).
Mémoire sélective
La conséquence de la mobilisation de l’élite française (et marocaine), c’est qu’il ne faut pas s’attendre à un film qui dérange. La colonisé enrôlé de force n’a fait que son devoir et on le remercie en espèce sonnantes et trébuchantes et avec une promotion hors du commun.
Autre ombre au tableu, on rend hommage à des Nord africains tout droit sortis d’un scénario. Les auteurs ont choisi de mettre en scène exclusivement des arabophones pour incarnet cette région du monde. Pas question de montrer des paysans berbères parler dans leur langue, cet oubli revient trop souvent pour être anodin.
Cette gaffe a déjà été commise plusieurs fois, avec L’Opium et le bâton qui montre des Kabyles parlant en arabe, avec Bab El web (2005) qui montre Samei Naceri et Faudel dans le rôle de deux Kabyles d’Alger (avec une mère kabyle parlant français avec un accent arabe). Indigènes s’inscrit bien dans cette tradition de la vision déformée du Berbère.




