Le 28 juin il était difficile de joindre les habitants d’Aït Zmenzer [1], une commune située au sud de Tizi Ouzou. Le réseau de téléphonie mobile était coupé ainsi que l’électricité. « la Kabylie est en train de brûler » déclarent les premùiers témoins à l’autre bout du fil. Pendant la matinée et une partie de l’après midi, un gigantesque incendie a ravagé la végétation de la commune autour des villages de Aït Anane en passant par Bouassem puis Aqenjour. Le brasier a atteint le village d’Ighil Mal plus au sud. Selon des sources locales, seule la route goudronnée a pu arrêter les flammes dans cette dernière localité. Pendant des heures, la population s’est rendue sur le front de l’incendie pour limiter sa progression.
Quatre habitants d’Aït Zmenzer ont perdu la vie : une femme de Bouassem et ses deux enfants ainsi qu’un père de famille du villageAït Anan qui tentait de lutter contre l’incendie.
Le feu a également provoqué d’importants dégâts dans les forêts d’Akfadou, de Yakouren et d’autres régions de Kabylie en faisant deux victimes de plus, dans des conditions encore inconnues.
Vive polémique autour des responsabilités
Selon la presse algérienne, la canicule serait responsable de 74 feux de forêts dans 19 départements algériens. De son côté, la population n’a pas tardé à faire le rapprochement avec le déploiement de l’armée en Haute-Kabylie. Le 28 août, les troupes arrivées au cours l’été ont entrepris de bombarder les positions du GSPC, l’incendie qui a eu lieu le même jour à Aït Zmenzer serait directement lié à ces opérations. La presse donne des indications troublantes, mais sans faire le moindre rapprochement.
Voici un exemple de la couverture médiatique dans le quotidien Liberté du 29 août : « L’opération de ratissage lancée depuis le début du mois d’août dans le massif forestier d’Amejoudh, situé entre Mâatkas et Béni Zmenzer, a repris d’une manière intense hier, soit après environ une semaine d’accalmie ». La veille les troupes ont donc opéré à Amejoudh tout près du lieu de l’incendie.
Dans un communiqué publié 29 août, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie estime qu’il s’agit d’incendies à caractère politique : : « Les éléments opérationnels de l’ANP [Armée nationale populaire (Ndlr)] n’auraient jamais décidé de leur propre initiative de pratiquer la politique de la terre brûlée en Kabylie s’ils n’en ont pas au préalable reçu l’ordre ou l’aval de la Haute Hiérarchie militaire ». La mystère reste entier.

Recommander cet article sur les réseaux sociaux