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Incendies et grandes manoeuvres en Kabylie

vendredi 31 août 2007, par Rezki Mammar

La canicule pourrait expliquer la multiplication des incendies dans le nord de l’Algérie. En Kabylie cependant, le drame prend une tournure politique en raison d’un déploiement de l’armée algérienne dans les massifs du Djurdjura. Selon la population, les troupes envoyées pour déloger les groupes terroristes auraient délibérément mis le feu à la végétation. Quatre personnes ont péri dans la commune d’Aït Zmenzer, deux autres ont trouvé la mort dans d’autres localités. Dans un communiqué publié le 29 août, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie met en cause l’armée.

Le 28 juin il était difficile de joindre les habitants d’Aït Zmenzer [1], une commune située au sud de Tizi Ouzou. Le réseau de téléphonie mobile était coupé ainsi que l’électricité. « la Kabylie est en train de brûler » déclarent les premùiers témoins à l’autre bout du fil. Pendant la matinée et une partie de l’après midi, un gigantesque incendie a ravagé la végétation de la commune autour des villages de Aït Anane en passant par Bouassem puis Aqenjour. Le brasier a atteint le village d’Ighil Mal plus au sud. Selon des sources locales, seule la route goudronnée a pu arrêter les flammes dans cette dernière localité. Pendant des heures, la population s’est rendue sur le front de l’incendie pour limiter sa progression.

Quatre habitants d’Aït Zmenzer ont perdu la vie : une femme de Bouassem et ses deux enfants ainsi qu’un père de famille du villageAït Anan qui tentait de lutter contre l’incendie.

Le feu a également provoqué d’importants dégâts dans les forêts d’Akfadou, de Yakouren et d’autres régions de Kabylie en faisant deux victimes de plus, dans des conditions encore inconnues.

Vive polémique autour des responsabilités

Selon la presse algérienne, la canicule serait responsable de 74 feux de forêts dans 19 départements algériens. De son côté, la population n’a pas tardé à faire le rapprochement avec le déploiement de l’armée en Haute-Kabylie. Le 28 août, les troupes arrivées au cours l’été ont entrepris de bombarder les positions du GSPC, l’incendie qui a eu lieu le même jour à Aït Zmenzer serait directement lié à ces opérations. La presse donne des indications troublantes, mais sans faire le moindre rapprochement.

Voici un exemple de la couverture médiatique dans le quotidien Liberté du 29 août : « L’opération de ratissage lancée depuis le début du mois d’août dans le massif forestier d’Amejoudh, situé entre Mâatkas et Béni Zmenzer, a repris d’une manière intense hier, soit après environ une semaine d’accalmie ». La veille les troupes ont donc opéré à Amejoudh tout près du lieu de l’incendie.

Dans un communiqué publié 29 août, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie estime qu’il s’agit d’incendies à caractère politique : : « Les éléments opérationnels de l’ANP [Armée nationale populaire (Ndlr)] n’auraient jamais décidé de leur propre initiative de pratiquer la politique de la terre brûlée en Kabylie s’ils n’en ont pas au préalable reçu l’ordre ou l’aval de la Haute Hiérarchie militaire ». La mystère reste entier.


[1Aït Zmenzer est apparu dans la presse algérienne sous le nom arabisé Beni Zmenzer

Messages

  • Le communiqué du MAK a tout à fait raison car j’ai été témoin de la mise à feu de certains endroits situés sur la RN 30 soit vers OUACIF et BENI YENNI et surtout vers les OUADHIAS les agents de la protection civile ont été empeché par les militaires du catonnement de TAKHOUKHT d’éteindre le feu. Il y a eu meme le déplacement du directeur de la protection civile sur les lieux aprés qu’il ai été informé de l’empechement de ses agants d’effectuer leur travail par les militaires car les feux ont pris de l’ampleur et ont menacés les villages des OUADHIAS, mais hélas l’officier du cantonnement s’est caché au pretexte qu’il est absent. Des protestations des autorités des localités de OUACIS,BENI YENNI et OUADHIA ont été faites au responsable du détachement militaire de TAKHOUKHT mais qui sont demeurées sans suite. Beaucoup de voyageurs empruntant l’axe routier OUACIF THAKHOUKHT TIZI OUZOU ont vu des militaires le long de la RN30 aves des bidons d’essence. Le pouvoir avec ses sbires ont jurés de mener la politique de la terre brulée en kabylie.La seule ressource de subsistance qui reste aux kabyles est partie en fumée avec la bénédiction du pouvoir quant aux autorités locales celles ci sont sans réaction du fait que sous l’état d’urgence c’est le militaire qui prime.
    Nos militaires se sont trouvés une vocation de piromanes pour délocaliser les terros sans se soucier des dégats engendrés aux tiers en matiére de destruction de la végétation, mais parait-il ces militaires ignorent les biens faits de la nature et surtout de la végétation eux qui semblent-ils vivent dans des déserts rocailleux et de sable.

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