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Ighil Lmal, un village kabyle

jeudi 3 juillet 2008, par rezki

Situé à une quinzaine de kilomètres de Tizi Ouzou en Haute-Kabylie, Ighil Lmal appartient à la commune d’Aït Zmenzer. Peuplé de trois à quatre mille habitants, le village se subdivise en plusieurs localités et ne cesse de gagner du terrain le long de la route goudronnée. Pendant plusieurs semaines, nous allons présenter ce lieu et donner la parole à des habitants. Le but est d’aborder des questions qui dépassent Ighil Lmal, c’est à dire la transmission de la mémoire, la difficulté à créer un tissu social et associatif et bien d’autres questions qui agitent la Kabylie.

Si on regarde sur une carte, le nom de ce village est écrit « Ighil El Mal », mais c’est une orthographe arabisée et en kabyle il faudrait écrire Iɣil Lmal ou Ighil Lmal. L’étymologie est quelque peu mystérieuse et chaque habitant y va de son explication.
Cette volonté des autorités algériennes d’arabiser le nom de chaque village se retrouve jusque dans les panneaux indicateurs. Il y a quelques années, l’entrée d’Ighil Lmal portait un panneau bilingue en berbère et en français. Tout récemment, la version berbère a mystérieusement disparu, remplacée par des caractères arabes.

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Ighil Lmal vu depuis Aglagal

C’est le village le plus au sud de la commune de Aït Zmenzer, là encore les cartes nous donnent un nom arabe « Beni Zmenzer ». Les Aït Zmenzer sont une tribu située entre Maatkas et Aït Douala.

Le village tout au sud

A Aït Zmenzer, on compte d’autres villages : Aït Ouanech, Aït Anane, Alma, Aqenjour, Bouassem et Oumaden. Il faut y ajouter Aglagal, créé très récemment par des habitants de autres villages. Quant à Tighilt, c’est la partie la plus haute d’Ighil Lmal qui est devenue un village séparé.

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Le nouveau panneau indicateur, sans commentaire

Ighil Lmal proprement dit se divise en plusieurs quartiers, de haut en bas, on trove Taddart (« le village »), Aït Chaabane, Aït Ali, Melloul, Taazibt, Tidekwrine, Agwni Aït Ouqaouche et Lbaz.

L’électricité est toute récente

Traversé par une route avant 1962, Ighil Lmal était un ensemble disparate jusque dans les années quatre-vingt. A cette époque, on a vu surgir comme ailleurs des dizaines de bâtiments à plusieurs étages. L’électricité n’est arrivée qu’en 1990, alors que presque toutes les localités environnantes en étaient déjà pourvues. Vers l’an 2000, l’assemblée villagesoise a levé des fonds pour bétonner l’ensemble des chemins intérieurs au village. Tout récemment, l’ancienne petite mosquée blanche a été rasée pour être remplacée par un minaret dans un style orientlo-passe-partout comme on en voit partout en Kabylie. Si les croyants y trouvent leur compte, les jeunes en revanche se sont vu refuser la construction d’un espace culturel.

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Les ruelles sont désormais presque toutes bétonnées

Il faudrait encore signaler que le village compte une importante population émigrée à Alger et ses environs et en région parisienne.

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