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Femmes kabyles, ce qui doit changerFemmes kabyles, ce qui doit changer

vendredi 7 mars 2014, par Nadia Mechiche

En Kabylie, les femmes, surtout les plus jeunes, ont réussi à arracher des droits. Les plus âgées sont vulnérables par l’absence d’autonomie financière. De manière générale, les lieux publics deviennent de plus en plus mixtes. Voici un état des lieux.

Les Kabyles ne vivent pas en démocratie. Les droits de l’homme et la jusitce sont du ressort d’un Etat de droit qui n’existe pas encore. En attendant, la situation de la femme n’est pas brillante et j’ai discuté avec elles pour en parler ici. Globalement, le sort des femmes varie selon les générations, les plus jeunes ont arraché la liberté d’étudier, elle sont libre de se marier quant elles veulent et avec celui qu’elles ont choisi. Chez les plus âgées, qui ne travaillent pas, le célibat pose un véritable problème car il entraîne des mariages où certaines femmes en sont réduites à épouser un homme beaucoup plus âgé qu’elle.

Petite précision, je parle de la Kabylie. On pourrait faire des rapprochement à l’échelle algérienne, ou nord-africaine. Je parle de ce que j’ai vu, dans un espace précis.

Des corvées à la répartition des tâches

Un gros changement a eu lieu depuis quelques dizaines d’années, celui du recul des corvées domestiques. Dans les années 80 les femmes kabyles étaient obligées d’aller faire des aller et retour à la fontaine pour revenir le dos chargé de lourdes cruches ou bidons d’eau. Ce même dos était sollicité pour le fagot de bois (tazdemt) ou encore la grande bonbonne de gaz naturel. Nous avons tous en mémoire ces femmes voûtées par des décennies de corvées familiales. Le raccordement en eau a été un soulagement pour de nombreuses villageoises et elles attendent l’arrivée du gaz de ville. Autre point positif, de jeunes couples commencent à parler de répartition des tâches. Fini le temps où l’homme recevait les invités et où son épouse et ses filles s’enfermaient des heures dans la cuisine à cuisiner, puis servaient sans dire un mot, avant de disparaître pour faire la vaisselle.

Etudes, mariage, travail...

Pour parler de l’émancipation féminine en Kabylie rien ne vaut un exemple. J’ai rencontré des filles qui ont étudié jusqu’à l’université, qui parfois ont travaillé juste après. Dans un couple, une femme qui travaille a son mot à dire. La scolarisation permet aux filles de sortir et plus elles étudient mieux elles pourront sortir de l’autorité paternelle sans conflit. A l’inverse la pire situation consiste à ne pas avoir fait d’études, à être confinée, puis à dépendre financièrement de ses parents en attendant de se marier et d’être femme au foyer. Que se passe-t-il si la fille reste longtemps célibataire ? Plus l’âge de la ménopause approche plus l’intéressée a de chances de ne jamais épouser un homme de son âge. J’ai rencontré plusieurs femmes ayant épousé un homme âge veut, quand je leur demande est-ce qu’elles ont choisi leur union, elles répondent qu’elles étaient une charge financière pour leur famille et qu’elles se sont résignées à leur sort.

La conquête de l’espace public

Il faut aussi parler de la séparation des sexes dans l’espace public. L’arrivée massive de filles dans les lycées et à l’université a permis leur acceptation dans les lieux publics. Il existe de plus en plus de restaurants et de cafés mixtes. On n’ose pas les appeler ainsi, on dit qu’un endroit est « familial ». Bien-sûr chacune est libre d’y aller, mais le mot familial suppose que la mixité est réservée à une femme accompagnée. Il reste également beaucoup de cafés réservés aux hommes, avec leurs terrasses pleines de mâles fumant et chiquant, jouant aux cartes et aux dominos. Là encore, la morale réprouve la présence féminine. Et que dire des cabinets médicaux ? C’est carrément la bonne vieille séparation : une salle d’attente pour les hommes, une autre pour les femmes. Il reste encore beaucoup de chemin à faire.

En discutant avec des filles, j’ai promis de parler d’un sujet qui fâche. Qu’on le dise tout de suite, chez nous les hommes ne savent pas parler aux filles dans la rue. La drague directe et obscène est malheureusement une réalité. Beaucoup m’ont raconté avoir reçu des avances : certaines fondent en larmes et se font toutes petites pour éviter l’orage, d’autres se défendent et se font insulter davantage. Ces comportement existent aussi bien dans des grandes villes comme Tizi Ouzou ou Vgayet que dans les chef-lieu des communes. Les villages échappent à cette violence car tout le monde se connaît. Cela signifie qu’en dehors du cercle intime les rapports sociaux sont régis par la violence.

Je terminerai en parlant des nombreuses associations berbères qui prétendent fêter la femme chaque 8 mars. Il m’est arrivé de me rendre dans de tels événements, je n’y ai jamais entendu parler du rapport entre hommes et femmes. Pire, la plupart se vantent en affirmant que la femme kabyle est libre et mériteraient un bon coup de talon au derrière.

Commentaires

  • Franchement c’est une bonne idée... continuez comme ça on vous soutient !

  • Azul ! Tout ce qui est rapporte par cet écrit est vrai ! Il y a beaucoup a dire sur tout ce qui touche a la société kabyle ! En parler et pointer du doigt tout ce qui fait que la femme et l’homme, bien que se sont deux êtres humains, n’aient pas les mêmes droits et devoirs, est un acte d’amour de notre peuple ! Tanemirt !

  • Ce que vous n’avez pas précisé dans les rapports hommes-femmes, c’est que les hommes prennent les femmes pour des bébêtes, et je crois que ce n’est pas que chez les kabyles mais c’est général les femmes sont prises pour des connes. Autant d’un côté le kabyle se vante de sa mère, mais le rapport à la femme ou plutôt LES femmes, je dirais, est parfois malsain pour certains, pas honnête et aussi très manipulateur. L’homme est comme perdu ! Il devient un égoïste, ah là là les hommes, qu’est-ce qui a pris au bon dieu de les inventer.
    Il y a une perte de valeurs profondes qui sont celles du respect, de l’honnêteté, la sincérité, la bienveillance et la générosité. Heureusement qu’il en existe encore quand-même des biens !

  • En tout cas ce qui a changer avec cette femme c’est que elle s’est tchadorisee. Quelle Blague ! le paradis khoroto fait des emules. Vous allez tout devenir des electrons apres la mort rien d’autres !

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