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Des Berbères candidats aux législatives, le cas Aubervilliers

vendredi 8 juin 2007, par Rezki Mammar

Les responsables de partis ont promis la parité et la diversité. Les femmes et les « minorités visibles » sont donc présentes aux législatives, du moins en apparence. En théorie, car les candidats mis en avant héritent souvent de circonscriptions difficiles à gagner. Les Franco-berbères en lice n’échappent pas à la règle, à droite comme à gauche. Du côté de la visibilité, les choses s’améliorent, ils assument de mieux en mieux leurs origines. A Aubervilliers, l’association Assirem (« enpoir » en berbère) a réuni les candidats locaux, six d’entre eux ont répondu à l’appel. Récit d’une rencontre qui commence bien et qui se termine en queue de poisson.

Dans la salle, six candidats sont présents, à l’invitation de l’association Assirem d’Aubervilliers. Ils viennent faire connaître leur propositions en général, notamment dans le domaine de la diversité et plus précisément sur la culture berbère.

Malika Ahmed, Mouloud Aounit, Gilles Poux et Kamel Hamza

Daniel Goldberg (PS), Vincent Capo Canellas (UDF-MoDem), Malika Ahmed (sans étiquette), Mouloud Aounit (sans étiquette), Gilles Poux (PCF) et Kamel Hamza (UMP).
Chacun a dix minutes pour présenter son projet. Tous survolent les sujets sur lesquels on les attend : la diversité, l’emploi. Evidemment tous se disent favorables à l’ouverture d’une Maison de la culture berbère dans la circonscription Aubervilliers, Le Bourget, La Courneuve s’ils sont élus. A une exception près, Mouloud Aounit propose une « médiatihèque » pour les cultures du monde.

On reparle du « mythe kabyle »

Mustapha Saadi, ancien président de la Confédération des Berbères de France est invté à commenter les propositions : il n’est pas satisfait, il rappelle qu’ « il faut beaucoup de courage pour se dire Berbère ». Au passage, l’avocat fustige ceux qui collent aux Berbères l’étiquette de la division, il cite les noms du sociologue Vincent Geisser et du journaliste Aziz Zemouri. Dans Marianne et Allah, les deux auteurs ont récyclé à leur compte le « mythe kabyle ». Le site de la Ligue des droits de l’homme de Toulon a publié des extraits. Pour mieux dénoncer ce qu’ils considèrent comme une invention coloniale (le Kabyle démocrate aux yeux bleus), le livre tombe dans l’excès inverse et présente les Kabyles comme des êtres manipulables dès lors qu’ils refusent de se ranger dans le groupe arabo-musulman. Les Etats algérien et marocains ont largement joué sur ce « mythe berbère » pour tenter d’omposer à tous une société axée uniquement sur les valeurs de l’islam et de la langue arabe.

L’ombre de la loi de février 2005

Mouloud Aounit a profité des premières questions pour recentrer son discours sur le registre de l’islamophobie et du « mouton dans la baignoire ».
Lors de l’échange avec le public, quelques personnes s’en prennent à Kamel Hamza, candidat de l’UMP. D’une part, on lui reproche de soutenir un parti, qui a instauté le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, d’autre part on lui demande de prendre position concernant l’article 4 de la loi de février 2005 relatif à l’histoire coliniale. L’intéressé ne répond pas sur ce dernier point, plusieurs personnes haussent le ton. Les autres intervenants prennent le micro pour ramener le calme. Deux personnes quittent la salle, les modérateurs rappellent que l’heure tourne et la rencontre se termine en queue de poisson sous les protestations d’une poignée d’excités. Le discours de Mouloud Aounit a encore de beaux jours devant lui.

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