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Consulat algérien : un rassemblement contre l’impunité des incendiaires

mardi 11 août 2009, par Rezki Mammar

Un rassemblement a eu lieu devant le consulat algérien de Paris. Les participants sont venu dénoncer l’implication de l’armée dans les incendies survenus cet été en Kabylie et dans les Aurès.

Il s’agit plus d’une manifestation que d’un sit in à proprement parler. Le samedi 8 août, à partir de neuf heures et demie, un petit groupe de personnes s’est formé face au consulat général algérien à Paris, rue d’Argentine. Le rassemblement avait pour objet de dénoncer l’implication de l’armée dans les feux de forêt qui touchent la Kabylie et les Aurès, les deux principales régions berbérophones d’Algérie. Par un été caniculaire, des éléments des forces armées et de sécurité ont été surpris en train d’allumer le feu en divers endroits : à Tadmaït et à Bougtoune en Kabylie et aux abords de T’kout dans les Aurès (au nord-est).

Les pancartes montrent des paysages kabyles et chaouis en feu et mettent en cause l’armée

Les manifestants sont une dizaine, mais ils ne passent pas inaperçus dans cette rue étroite et peu animée du seizième arrondissement. En réalité, au départ, seize personnes se sont regroupées à la sortie de métro le plus proche, essentiellement des femmes. Dans les rangs, on trouve des membres de la fédération du Grand Aurès, qui a appelé à l’événement. Les autres ont répondu à l’appel, parmi eux Saliha Bachiri, danseuse et chorégraphe, qui a récemment annoncé que son village d’origine a été victime de feux allumés par l’armée. Le rendez-vous a été fixé un samedi matin car le consulat est fermée l’après midi, cependant, même parmi les dizaines d’inscrits sur Facebook, peu ont fait le déplacement. Autre ombre au tableau, avant que le rassemblement ne se forme devant le consulat, six personnes quittent les lieux. Les participants ne sont pas mis d’accord sur le déroulement du sit in. En fait, d’entrée de jeu, deux organisatrices ont brandi des pancartes et entonné « Pouvoir assassin » puis « A bas l’Algérie ».

Deux slogans qui ne passent pas

« Je ne me reconnais pas dans ces propos. Je suis venue pour dénoncer les incendies, sensibiliser le public et obtenir que cela cesse, rien de plus » nous a déclaré Saliha Bachiri, qui s’est également retirée de la manifestation. Deux jeunes femmes, parties elle aussi ont dénoncé ces deux slogans. Les organisateurs estiment que les propos étaient « courageux » mais que les « peureux » ont quitté les lieux, par crainte de représailles à leur retour au pays. A ce sujet, plusieurs personnes évoquent le cas de la présidente du Grand Aurès, dont l’engagement militant en France a valu à sa famille plusieurs visite de la gendarmerie en Algérie.

Le rassemblement se fait ensuite plus silencieux, les participants se contentent de montrer bien haut des photos de paysages en flammes, un des organisateurs entonne Tizlit nnegh « Notre Hymne », un chant militant chaoui. A l’entrée du consulat, le vigile feint l’indifférence, tandis que les passants s’arrêtent pour regarder les pancartes. Mais au premier étage du bâtiment consulaire un employé apparaît à une fenêtre et photographie les manifestants. Les intéressés réagissent vivement à cette indiscrétion. Le ton monte, un personnage qui semble être un responsable sort brièvement. La police arrive, sans doute appelée par le consulat. Deux policiers, rejoints par un groupe de CRS prennent position. L’ironie, c’est que l’arrivée des forces de l’ordre rassure les manifestants, qui redoutent plus les photographes indiscrets de l’administration algérienne que les uniformes en bleu. A midi, comme prévu, le rassemblement se disperse tranquillement. Que restera-t-il de cette protestation ? Le Grand Aurès veut poursuivre la mobilisation. Ceux qui ont quitté les lieux veulent également mener des actions. Les uns et les autres sont à peu près d’accord sur un point : les médias ont choisi de garder le silence sur ces incendies.

Lire également Incendies : Un sit in devant le consulat d’Algérie à Paris - L’armée incendie Bougtoune, les habitants appellent à l’aide - Incendies et afrontements à Tadmaït - Aït Yahia Moussa, émeutes contre les incendies provoqués par l’armée et Aït Zmenzer, retour sur un incendie meurtrier

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