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Brahim Lasri : écrire en berbère sans tabous

vendredi 17 juillet 2009, par Rezki Mammar

Le 1er mars dernier, Brahim Lasri a présenté son premier roman à l’association Club Adlis. Ce livre Ijawwan n Tayri est un récit novateur parce qu’il aborde les sujets sensibles en langue berbère. L’auteur y parle de virginité, de sexualité et d’une grossesse hors mariage. L’échange a été filmé, nous en publions des extraits. Il est question du rapport à la société suivant la langue de celui qui écrit.

Ecrire sur des sujets sensibles jamais abordés est un exercice périlleux. Le risque, c’est que le public ne retienne que le thème de la sexualité. Dans le roman de Brahim Lasri, on revient toujours à la fameuse page 26. En même temps, comme l’explique l’un des participants à la rencontre « D’une façon ou d’une autre, on est pris dans cette logique (...) c’est u tabou », autrement dit, il faut admettre les choses : les Berbères parlent plus facilement de sexualité quand ils utilisent des langues étrangères que dans la leur.

Nous rappelons l’article consacré par Anir Bouyaakoubi à Ijawwan n tayri sur le site Amazighnews.net

Messages

  • Personnellement, je salue l’initiative de Mr Laskri de toucher à ces sujets assez sensibles car il est temps à la pensée berbère de rompre avec certaines choses du passé et de se mettre à l heure du monde. Je ne pense pas que le publice ne retienne que le coté sexuel car la portée de l idée reste importante, dans ce conflit de génération. Encore une avancée vers la liberté .

  • C’est très bien ce que tu fais ami mas Lasri Brahim. Nous souhaitons à l’avenir qu’il y ait beaucoup de jeunes talents comme toi qui vont faire ce que tu fais à savoir : écrire sur tous les sujets qu’ils soient tabous ou pas, mais en tamazight notre langue qui nous est très chére. Nous appelons nos compatriotes amazighophones de tamazgha à s’y mettre sérieusement et rapidement pour nous sortir des oeuvres, même des traductions des œuvres des langues étrangères. Alors chers compatriotes, je vous dis:A vos plumes !
    S TUTLAYT NNEGH
    Tannemirt-ik s tussda à mas Lasri Vrahim i d-yuran adlis agi s tutlayt nnegh in hemmel attas. Awi-d-ukan ma qwan-d xilla n ilmezyen akka am ketch akken ad ttidjhid tutlayt n tmazight u anetchar tikerdhiwin, ad yili wacu ara ghren warrac nnegh di lakulat uzekka ; acku ilaq an xemmem dima iw uzekka. Ma d nekni : arut-d, atent-n-id nagh si anda ttnuzent. Azul fell-ak.

    Voir en ligne : Ecrire en berbere sans tabous

    • oui, ecrire en amazigh est necessaire mais constater la realité de la lecture chez nous décourage !
      combien de recueils de poemes ont été edités à compte d’auteur et delaissés à l’auteur ? combien de romans et de recueils de nouvelles publiés et oubliés ? même les analyses critiques n’ont pas été faites
      nous sommes un peuple qui ne lit pas ; donc, l’écriture pour une telle société est presque inutile ; c’est de la perte d’argent et d’énergie.
      Pour finir avec une lueur d’optimisme, j’espère que les cadres associatifs et les cercles militants fassent quelque chose pour notre littérature. au moins, ils pourront parler de ce qui a été publié en langue amazighe.

  • Azul, est-ce que son livre est compréhensible pour un kabyle ?
    Je sais, je sais, les deux c’est du tamazight mais tout de même : pas facile de comprendre ce qui se dit sur un forum chleuh.
    alors, qu’en est-il ?

    • Pour avoir essayé de lire le roman, je n’ai pas réussi à comprendre le récit. C’est un point de vue personnel. Je précise que je suis kabylophone. L’auteur m’a assuré qu’on peut y arriver. En général, ceux qui parlent plusieurs langues berbères ont tendance à penser qu’on peut se comprendre. Maintenant, si on regarde en détail, tachelhit est plus proche du kabyle que peut l’être l’espagnol par rapport au français, il arrive que plusieurs phrases à la suite soient compréhensibles à un Kabyle ou à un Amazigh du Moyen-Atlas. Pour ce qui est de tamazight, il faut se rendre à l’évidence, il n’existe pas à proprement parler de langue commune unique : un exemple les bacheliers ne passent pas une épreuve unique, mais suivant leur langue. Cela n’enlève rien à la légitimité de la revendication berbériste.

    • Ok merci, bien sûr ça ne remet pas en cause le berbérisme... Dans le fond cela doit être une histoire de vocabulaire, la grammaire reste très proche (d’où la faciliter qu’ont certains à passer d’une variante à l’autre)

      L’inter-compréhension peut se résoudre par des efforts réciproques (le rifain apprend les mots du chleuh qui apprend le kabyle etc)... il serait intéressant de connaître ce qui est enseignée dans les écoles marocaines, enfin est-ce qu’ils parlent un peu du kabyle... (n’oublions pas que la décision d’introduire tamazight au maroc s’est fait dans la foulée du printemps berbère...)

    • Azul merra fellawen.
      Tura nekwni s imazighen nefreh imi llan igad id ittarun s tutlayt n tmazight, acku tutlayt ma teqqim kan deg umeslay, ur tettidir ara deg dunnit ; ihi leqdic agi n umazigh Lasri Brahim dayen ig zaden nezzeh. Ilaq nekwni s wid ig ukin af anectagi ad d aghen meqqar adlis agi ines, maca ilaq asen wid ilan d iqerray n tidukeliwin ad zenzen wa ad aghen kra n udlis ara d-iffeghen s tmazight : amma s tcelhit negh s teqbaylit. Ugur ameqran ig llan (ar ghuri) iwwi-d lazem imeghnasen d akk d wid ig qeddecen di tdukeliwin (les associations) ad zenzen wa ad aghen kra n udlis ar ad iffeghen dagi negh di tmurt.
      POUR LA DEFENCE DE NOTRE LANGUE TAMAZIGHT.
      Je m’adresse à tous les responsables d’associations berbères ainsi qu’à leurs militants et adhérents afin d’acheter tout livres écrits en tamazight dans le but d’aider les auteurs pour récupérer un peu leur argent dépenser pour leurs publications. Il faut que les berberophones aient le minimum de conscience amazigh pour faire ce geste de solidarité ou de soutien envers les écrivains berbères. Nous n’avons pas d’Etat pour l’instant qui défendrait notre langue ; il reste que ces locuteurs pour la défendre, la parler, la promouvoir. Il ne faudrait pas que cela reste que du chant et de la danse. Une langue pour qu’elle vive, il lui faut l’écrit, sinon elle ne peu survivre, d’autant plus, tamazight est attaquée de partout : ici par le français, là-bas par le dialecte arabe ou l’arabe de rue. Pourtant cet arabe de rue est vulgaire, grossier, inintelligent ; pourtant il est le produit d’emprunt de différentes langues parlées et écrites en Tamazgha, mais rien n’empêche que ce patois arabe est de plus en plus parlé en milieu amazigh. Il faut repousser ce patois arabe par la sensibilisation des consciences et refuser de le parler sauf dans une extrême nécessité. Les Amazighophones parlent ce patois arabe dés qu’un de ces renégats (berbère arabisé) se trouve parmi eux, même s’ils sont majoritaires. Je fais toujours cet expérence et je le constate chaque jour : les amazighs aiment(on dirait) à se mettre en difficulté dans l’avenir et ainsi compromettre leur existance sur leur propre terrain. Dans les bistros kabyles à Paris, dés qu’un client arabe rentre pour prendre un verre, voila que les nôtres se mettaient à engager à lui parler le dialecte arabe. Je les interpellais en leur disant : parler lui en berbere puisque ce monsieur est parmi vous et il est minoritaire. Les pretextes qu’on me donne est le suivent : "Ah, ils ne comprennent pas notre langue elle difficile pour eux" ou alors ceci : nous, nous plus intelligents qu’eux, car ils ont la tete dure. Je leur répliquais : Oui, mais pourquoi dans ces cas là aprennent-ils facilement les autres langues plus difficiles que tamazight ? (chinois, japonais, italien, etc) Seulement tamazight parcequ’ils la méprisent et la rejettent.
      1)Rejetez vous aussi leur dialecte arabe et ne l’utilisez que quand vous êtres dans le besoin (douane, administration, etc...
      a)Qui vous obligent à parler arabe surtout en France et de surcroit dans votre milieu à leur parler arabe ?
      b)Qui vous oblige à frégenter des personnes qui meprisaient votre langue et qui refusent de l’apprendre ?
      Ces arabophones sont tellement à l’aise parmi nous puisqu’on se laissait faire qu’ils se permettent de nous interpeller en nous invitant à parler leur patois citadin. Je dis patois, car ce parlé n’est qu’un ramassies de vocabulaire de differentes langues telles que : tamazifght, espagnol, portruguais, et français.
      Mais les pays européens ont une responsabilité qui est lourde de conséquence, car ils encouragent ce patois arabe et le recule de notre langue en falsifiant l’histoire d’Afrique du nord. Il y a pourtant pleins d’historiens français qui ont écrit l’histoire de ces pays ; je cite : Charles Andre Julien, Eugéne Guernier, Gabriel Camps, Ageron, etc... Pourquoi à la faculte célébre de la Sorbonne participent-ils à cette falsification de notre histoire ? Pourtant, c’est un lieu du savoir. Ces agissements qui encouragent les nos rénégats arabophones à se comporter en arrogant, agressif et souvent raciste (quand il n’a pas peur sans craindre de se faire taper dessus ou de se faire virer).
      c)Les patrons kabyles ou amazighs en général me disaient ceci : "Oui, on est oblige de parler toutes les langues parceque nous sommes commerçants, on doit parler la langue de tout le monde s’il le faut". Je leur dis : "je vous invite à aller chez un comerçant arabe et adressez vous en berbere et vous aurez la réponse". "Il préfèrerai perdre un client que de vous parler en berbere". Faites en l’experience par vous mêmes.
      MON CONSEIL :
      1)Si un arabe est parmi vous (vous êtes quatres ou trois et lui tous seul) ne lui parler jamais en arabe, mais lui, il peut s’adresser à vous en arabe. Vous, vous ne lui répondez qu’en berber, seulement en berbere et pas de français.
      2)Ne lui repondez jamais en arabe dans sont dialecte arabe pour qu’il se sente dans l’obligation de : Soit d’apprendre soit de vous quitter.
      REMARQUE/ Souent dés que vous parler berbere, ils viennent se méler à vous pour que vous parliez en arabe. Cela fait partie de leur stratégie anti-tamazight.
      3) S’il refuse, il quitteras et ira rejoindre ses fréres de langue.
      SA REACTION:La régle chez eux est simple :
      4)Si vous ne lui parlez pas dans son dialecte arabe, il ne resteras pas avec vous, dans ce cas bon débarras ! Alors qu’ils restent entres eux et nous entres nous chacun chez lui avec les siens et les chévres seront mieux gardées. Puisqu’ils refusent de parler notre langue. Un exemple:Il arrive souvent que ces arabophones nord africains nous agressent en nous invitant à parler leur patois arabe. Ils nous disaient ceci :
      "parlez en arabe pour que je comprends !" ou alors plus agressif : "Arretez de parlez l’anglais taakum, ma nafhamc !" Ou encore : "Xiliwna m rebb taa celha taakum !"
      Mais, la ou les gens réagissent avec virulence pour repoussez ces agressions racistes de ces arabes, c’est chez des de gens conscients, mais ces braves gens ne sont pas nombreux et ne sont pas présent partout pour les remlettre à leur place.
      EXEMPLE :
      En France, chez les berbères marocains par exemple où le combat au milieu immigres est presque absent, les arabophones marocains font la loi sur les amazighophones en leur imposant et en les agressant verbalement pour les contraindre à parler ce qu’ils appellent "le moghrabi". Il arrivent souvent que le vent les ramenent aussi chez les kabyles où ils essaient de se comporter de même et de faire la loi en imposant leur patois arabe. Les kabyles les remettent gentiment en place. Car, ils interpellent les kabyles sans se géner, ceux qui présent dans ces cafes pour qu’ils parlent leur patois arabe.
      LE CONSTAT EST QUE :
      Nous kabyles, nous, nous battons sur tous les front depuis les années 1970 : surle front arabophone algérien, sur le front artabophone marocain et même le front tunisien.(Il faut dire que ces 3 fronts existaient depuis la création d’Agraw Imazighen (Academie Berbere) en 1969. Cela à commencé en 1972 à la crééation du 1er cour de berbere à l’Universite de Vincennes par le professeur Lapassade et les militants de l’Academie Berbere. Les Tunisiens en particulier voulaient empêcher l’ouverture de ce cour de berbère. Voila pour les tunisiens)
      Tout ces trois communautés linguistiques interpellent, agressent chaque jour des kabyles pour les ramener à parler ce patois arabe. Cela ce passe encore maintenant dans nos cafés. Je vous parle en connaissance de cause, ce que je signale est permanent, c’est tous les jours. Je termine avec cet citation de Victor hugo qui a dit : "Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent". Par : AVEHRI

      Voir en ligne : A PROPOS DU LIVRE DE M.LASRI VRAHIM.

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