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Bobigny célèbre le Printemps berbère

mercredi 2 avril 2008, par Rezki Mammar

Malika Domrane et Ali Amran seront sur scène le 19 avril à la salle Pablo Neruda pour chanter à l’occasion du l’anniversaire du double Printemps berbère de 1980 et de 2001. Le Collectif amazigh de Bobigny, qui organise l’événement avec la municipalité programme également une rencontre-débat le lendemain en présence de témoins et d’observateurs kabyles. En parcourant la plaquette de promotion de ces festivités, nous sommes tombés sur la présentation rédigée par la mairie de Bobigny, sous le signe du politiquement correct.

Le concert du 19 avril mèle deux générations de la scène kabyle : Malika Domrane et Ali Amran. La première est une pionnière de la chanson féminine engagée, le second incarne la veine folk-rock. Le 20 avril, c’est l’une des deux dates marquantes pour les Kabyles et les berbérophones, des faits complètement inconnus du grand public en France. En 1980, l’interdiction d’une conférence de l’écrivain Mouloud Mammeri provoque un mouvement de protestation en Kabylie et à Alger. L’Etat algérien était confronté alors au premier mouvement d’opposition de son histoire et il utilise la méthode forte : les forces de l’ordre prennent d’assaut l’université de Tizi Ouzou en grève et les autorités ont peu à peu repris en main la société civile. Le Printemps noir de 2001 est un autre soulèvement kabyle, plus grave celui-là puisque la répression a provoqué la mort de 123 à 126 civils selon les sources.

Le concert ainsi qu’une exposition ont lieu le samedi 19 avril à partir de 19h00 à la salle Pablo Neruda. L’entrée coûte 10 euros.

Le Printemps berbère selon la ville de Bobigny

Pour présenter le Printemps berbère, la mairie de Bobigny a choisi une présentation édulcorée, en voici les passages marquants :

« Depuis 1980, le vingtième jour du mois d’avril est célébré chaque année dans les toutes les régions berbérophones d’Algérie. »

Un autre passage :

« Aujourd’hui, vingt-huit ans se sont écoulés et la langue amazighe est reconnue comme langue nationale qu’étudient des centaines de milliers d’enfants dans les écoles. »

Le service Communication a peu forcé sur les chiffres. Sur Rezki.net, nous avons récemment évoqué la situation calamiteuse de l’enseignement du berbère, y compris en Kabylie.

Le texte cite le rôle joué par les militants de l’Académie berbère, de Mohand Haroun et des chanteurs engagés. Plusieurs passages de cette présentation donne l’impression que la société algérienne a accueilli favorablement le mouvement culturel berbère :

« Tout ce monde a contribué d’une manière ou d’une autre à bouleverser l’ordre politique algérien et a donné un bol d’oxygène à l’ensemble des Kabyles ». Aucune référence n’est faîte au boycott scolaire de 1994 à 1995 ni au Printemps noir de 2001 à 2002.
Cette plaquette a été rédigée par la ville de Bobigny.

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