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Aqjun, emblème d’une société malade

jeudi 28 juin 2012, par Rezki Mammar

Le chien est devenu bien malgré lui le personnage clé d’une Kabylie minée par l’insécurité et les problèmes d’environnement. Aqjun est une sorte de victime collatérale.

La scène est connue. Toute la nuit la place d’un village de Haute-Kabylie résonne d’aboiements proches et lointains. Dans les cours et les halls, des chiens de garde attachés aboient, dehors ce sont leurs congénères errants qui hurlent à les exciter. A des centaines de mètres répondent d’autres jappements. En cette matinée du 28 juin on retrouve les traces du rassemblement en question : des excréments et une poubelle renversée qui contenait des restes de poisson. Le sujet revient entre voisins, nous avons décidé de consacrer d’évoquer ici le héros du jour, : le chien, que l’on appelle aqjun en kabyle. Ce mot se prononce Aqjoun.

Une roue de secours face à l’insécurité

Depuis quelques décennies, le chien a supplanté l’âne en Kabylie rurale. L’animal à longue oreilles servait à transporter les marchandises à une époque où le réseau routier était incomplet. Maintenant que les routes sont praticables la populations a un autre souci, l’insécurité. Les cambriolages et les braquages ont favorisé le recours à l’animal à quatre pattes pour protéger le domicile. Le terme de chien de garde est un bien grand mot, les bêtes en question ne sont ni dressées ni nourries correctement. Attaché la plupart du temps, le chien est laissé dans le noir dans un garage ou à l’entrée, parfois laissé dans une cour au risque d’attraper froid. Nous avons soulevé la question des mauvais traitements ont souri et haussé les épaules avant de trouver une excuse : « Dieu punit ceux qui maltraitent les animaux ». Un homme politique kabyle, Saîd Khellil a déclaré un jour lors d’une conférence devant des étudiants : « Il vaut mieux être une vache en Europe qu’un citoyen en Algérie ». Le sort des animaux est une question encore trop loin des préoccupations.

L’errance et les dérives

Les exceptions existent. A Aît Douala, nous avons visité la villa d’un ancien haut fonctionnaire dont le berger allemand est à la fois soigné et dressé. A notre arrivée l’animal averti par son maître se dresse en attendant les ordre, il n’aboie jamais. Ailleurs, dans l’écrasante majorité des cas le toutou lambda mange une nourriture inadaptée déjà très coûteuse. Parfois le propriétaire laisse l’animal sortir pour chercher ailleurs, courir la femelle et fouiller les poubelles. Le chien devient alors à demi-errant. La presse locale, notamment la Dépêche de Kabylie rapporte régulièrement des cas de villageois attaqués. Lorsque les chiens passent à l’état sauvage la crainte de la rage poussent les autorités à organiser des battues. Triste fin pour un animal victime d’un animal inadapté pour remédier à l’insécurité.

Aydi et la culture populaire

Comme dans toutes les sociétés, aqjun a une réputation. On ne prononce jamais son nom sans ajouter « Sauf votre respect ». En général on traite de chien celui dont on redoute les paroles. Dans la culture populaire l’aboiement est réputé faire peur, même Tteryel (l’ogresse, dont le nom se prononce tseurieul) ne craint que les chiens des villageois. Heureusement, il existe des races de chiens plus nobles que les autres, c’est le cas d’Uccay (prononcer ouchay) le lévrier qui accomagne le roi et les grands personnages à la chasse. Le mot adjun a un synonyme, c’est aydi. En Haute-Kabylie aydi est un terme plutôt littéraire, ailleurs on peut retrouver ce terme dans tous les contextes. Voilà ce qu’on peut dire sur cet animal. Une seule question n’a pas trouvé de réponse : pourquoi les Kabyles donnent-il des noms anglo-savons à leur chien. Certains s’appellent Fox, d’autre Dick ou encore Jack ou Bobby. C’est sur ce mystère que ce deuxième reportage de notre série En route pour la Kabylie touche à sa fin.

Messages

  • i ma nett semiyasen,mohend aerav,bilal,hilal,,d’acu n’lxilaf ara d yeggurin gar ane¥ d nutni .yerna ma ara t-sikked-d mlih kifkif ane¥.nutni ur erwin ara el qut maena seglafen ,nekkwni d’i¥ssan i¥ d issahen yerna nesusum. aha tif tudert n uqjun tin n umedan di tmurt gezren yidhan.

  • aydi est une race chien de montagne il me semble appelé aussi "berger kabyle".

    http://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFdi

    • arraw n teqjunt d iqjan akkw !am di tizlitt ni n ferhat:wid ni i¥ yeserwan i¥san,idhan wid i¥ i hekkmen.¥ef iggi idd wi¥ awal.

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