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Akram Belkaid, comment peut-on être arabe ?

lundi 14 novembre 2011, par Rezki Mammar

Le journaliste et essayiste a donné une conférence consacrée à son dernier livre Etre arabe aujourd’hui. Nous avons profité de l’échange avec le public pour demander quelques explications sur le titre de l’ouvrage et sur les piques que le chroniqueur a envoyé aux Kabyles dans plusieurs de ses articles.

Akram Belkaid est essayiste un journaliste algérien installé en France depuis 1995, il exerce au sein de plusieurs médias (Le Quotidien d’Oran, La Tribune, Slate Afrique, le Monde diplomatique et France Inter). L’homme est aussi écrivain, son dernier livre est intitulé Etre arabe aujourd’hui [1] et il est venu le présenter auprès de Tizi Hibel, une association villageoise kabyle.

L’exemple tunisien

Le conférencier a abordé le « Printemps arabe » notamment à travers la problématique de la Tunisie. Dans ce pays, un mouvement de protestation a chassé du pouvoir le président Ben Ali en janvier dernier. Akram Belkaid a expliqué comment les islamistes, qui n’étaient pas en première ligne dans la rue au début de l’année se sont retrouvés gagnants aux élections d’octobre. La méthode d’Ennahda a consisté à placer le débat sur le terrain de l’identité en mettant en avant l’islam, la langue arabe et le retour à l’ordre. Pour le conférencier, le pays a des défis plus importants à relever : faire repartir l’économie et combattre le fossé entre la Tunisie côtière très dynamique et le centre du pays qui manque d’infrastructures.

A la suite de cette conférence, le public a prolongé la réflexion. Les questions ont porté sur les occasions infructueuses de chasser le régime algérien, en 1988 et lors du Printemps noir de 2001.

Quid des chroniques du blédard ?

Nous avons fait observer à Akram Belkaid qu’il a écrit des chroniques assez gratinées à l’endroit des Kabyles et des Berbères de manière générale. L’auteur des chroniques du blédard s’est un peu assagi ces derniers temps. Voici la réponse du journaliste.

« Je me moque de tout le monde. J’ai eu des ennuis avec les gens de Mascara par exemple parce que j’ai fait des chroniques où je me suis moqué des gens de Mascara. Il y a un moment donné où ’’ai été interdit de séjour à Mascara (…) J’ai toujours considéré qu’il était dommage et terrible qu’on vive la situation qu’on vit en Algérie. J’ai toujours considéré qu’il était dommage que je ne puisse pas apprendre le berbère à l’école. C’est une position qui m’a valu de faire partie en première des trois ou quatre gars que la police est venue embarquer au lycée de M… alors que je n’avais rien à voir avec le Printemps berbère en lui même. Vous voyez ce que je veux dire ? Non je n’ai pas évolué. Je pense que les questions linguistique et identitaire doivent être posées en Algérie. Elle doivent faire partie d’un débat serein où personne n’a envie d’exclure l’autre, c’est ça qui est fondamental. »

« C’est avancer sur des oeufs que d’avoir un titre comme celui-là »

L’auteur dément avoir eu l’intention de nuire à un groupe de personnes en particulier, il affirme même avoir été un lycéen engagé pour le plurilinguisme. Nous avons demandé à Akram Belkaid si le titre de son livre (Etre arabe aujourd’hui) n’est pas un parti pris ethnique.

« Dans l’introduction du livre (elle est sur Internet) je dis qu’effectivement c’est avancer sur des œufs que d’avoir un titre comme celui-là. Me concernant et concernant beaucoup de gens je n’ai jamais défini le terme « arabe » comme étant une référence ethnique, surtout pour les Algériens. Pour moi c’est un révérenciel à la fois géographique, culturel, politique, voire même sociologique. Pour moi l’Algérien il vit exactement les mêmes conditions de vie que le Syrien, les mêmes conditions de vie que l’Egyptien, les mêmes conditions de vie que le Bahreini chiite. Il n’y a aucun lien sur le plan ethnique, parfois il n’y a aucun lien sur le plan linguistique. Mais il y a un lien fondamental qui est celui de la situation politique (…) c’est à dire des populations brimées, sans aucune dignité. A la limite, on est plus libres au Sénégal, au Mali, en République centrafricaine, au Kenya, en Tanzanie... que dans le monde arabe, dans ces pays qui font partie de la Ligue arabe. (…) Etre arabe aujourd’hui, pour répondre à votre question c’est ça (…) nous ne jouissons pas pleinement dans nos pays de nos droits et de nos libertés et cela fait des décennies que ça dure. (…) »

L’auteur utilise d’ailleurs abondamment l’appellation « Printemps arabe » répandue dans les médias et qu’il a lui-même contribué à ancrer.


[1aux éditions Carnet Nord

Messages

  • A. Belkaid est un ancien militaire. Ce n’est pas un dissident. Son père a dirigé les Archives départementales de la Région Ouest (l’Oranie), un poste obligatoirement attribué aux affiliés au DRS.

    Belkaid n’est pas un opposant, il ne fustige pas le Régime militaire. Bien plus, il use sans cesse de la confusion, l’ambiguïté, l’amalgame et les zigzags. C’est un faux.
    On a connu déjà le fameux Addi, il nous approchait, mais réellement il n’est pas du tout favorable à Tamazight. Ils relèvent du rarissime extrême ceux qui ne sont pas gangrénés par l’idéologie arabisme ou l’islamisme ou les deux conjugués, l’arabo-islamisme, cette idéologie fascisante et mystificatrice, l’idéologie du rejet et de l’exclusion, chauvine et jacobine, populiste et démagogique...

    Ce genre n’inspire pas confiance. Il n’est pas crédible. On l’a pas vu revendiquer la laïcité, le pluralisme linguistique, cultuel et culturel, la modernité et le progrès, rien de delà.

    Tamazight porte amplement le projet démocratique, pluraliste, laique et moderniste. C’est pour ça que ça dérange les tenants de l’autoritarisme et des conservatismes...
    Ses positions ne sont pas interagissantes.

  • je me rappelle d’un article écrit par ce journaliste où il parlait à la fois du dialogue islamo-chrétien et de l’intégration des algériens en France, il était question de choses ordinaires galvaudés par mille et un quidams avant lui mais il conclut son article d’une manière assez surprenante qui dévoilait ses accointances politiques. il rappela la conversion à cette époque de citoyens français, de souche comme diraient certain, à l’islam en disant que c’est le meilleur gage de bonne volonté de la part des européens !!!

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