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Affaire Mecili, vingt ans d’impunité

samedi 14 avril 2007, par Rezki Mammar

En avril 1987, un avocat et opposant algérien est assassiné en plein Paris. Le meurtrier et les commanditaires n’ont jamais été inquiétés. Les soupçons se sont immédiatement portés sur Alger, mais en l’absence d’enquête, la France est aussi montrée du doigt. L’épouse de la victime a récemment interpellé les candidats à l’Elysée. De son côté, la ville de Paris a pour la première fois accepté qu’une rencontre ait lieu à l’Hôtel de ville.

Ali André Mecili exerçait le métier d’avocat et était proche de l’opposant algérien Hocine Aït Ahmed. Le 7 avril avril 1987, Mecili est abattu de plusieurs balles dans le hall de son immeuble à Paris. Quelques semaines après le meurtre, un proxénète est expulsé vers l’Algérie ainsi que sa compagne. Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur avait pris ces arrêtés d’expulsion. L’enquête n’a plus avancé, au point que les proches de la victime parlent d’une double raison d’Etat, une forme d’entente au sommet en Paris et Alger pour couvrir un crime politique.
Mecili était proche de Hocine Aït Ahmed, fondateur du Front des forces socialistes (FFS), il avait également pris contact avec Ahmed Ben Bella, un ancien président algérien alors en exil. Cette tentative de rapprocher deux adervsaires du régime a sans doute déplu à Alger. En 2001, un ancien cadre de la Sécurité militaire Hichem Aboud s’xrpime dans la presse française, il pense que les autorités algériennes voulaient faire un exemple : « C’était un avertissement pour les deux : "Comme on a pu tuer Mecili, vous aussi - vous n’êtes pas loin - on peut vous atteindre " » déclare Abboud dans le Nouvel Observateur du 14 juin 2001.

L’Etat de droit contre la raison d’Etat

Depuis maintenant vingt ans, Annie Mecili, la veuve de l’opposant assassiné tente de connaître la vérité sur cette affaire. Le 3 avril, une lettre a été envoyée aux candidats à la présidentielle française dans laquelle madame Mecili précise : « Afin de n’être pas déçue, j’ai aujourd’hui besoin de savoir : serez-vous celle ou celui qui saura mettre un terme au scandale que demeure l’affaire Mecili, serez-vous celle ou celui qui saura garantir le triomphe de l’État de droit sur la raison des États quels qu’ils soient et forcer ainsi le respect ? »
Le 7 avril dernier, lors d’un rassemblement sur la tombe d’André Mecili, les proches ont fait savoir que la ville de Paris a mis à leur disposition une salle pour commémorer la mémoire de la victime le 20 avril. Ceci est interprété comme le premier geste officiel en France.

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