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Adlis, le livre en partage

lundi 15 janvier 2007, par Rezki Mammar

Rencontre avec Myriam Jeroua, intiatrice de soirées littéraires berbères à Paris. Elle aime lire, d’abord par curiosité, mais aussi parce que la lecture aide à échanger, à transmettre. Pour cette jeune Amazighe (Berbère) d’origine marocaine, c’est aussi un moyen de réhabiliter une culture millénaire, de renouer avec le patrimoine, voire de dépasser les clichés. Cette expérience a donné naissance à une liste de diffusion et a abouti à un groupe de rencontres Adlis.

Téléchager l’émission (16 minutes 26)
En berbère, adlis veut dire " livre ".
La prochaine soirée se tient le vendredi 19 janvier 2006 à La Taverne des Alchimistes au 24, rue de la Montagne Sainte Genevieve (Paris 5ème), au metro Maubert-Mutualité. Ce sera la troisième rencontre organisée par le groupe et la toute première de l’année 2007.
Voir aussi le blog d’Adlis
Et une présentation des soirées sur Rezki.net.

Messages

  • grace a MYRIEM , nous avons pu donner la dimension qui leur sied à nos ouvrages precieux
    1. poesie de guerre kabyle-1954-1962
    2.fils de fellagha je suis
    3. la guerre telle que vecue par un soldat français et un fellagha - en kabylie -iferhounene 1954-1962
    nous vous consacrons la prestation des ventes en ligne de ces 03 ouvrages avec joie- et les prochaines oeuvres , si vous acceptez bien sur
    merci infiniment MYRIEM
    amicalement
    SI HADJ ABDENOUR
    FILS DE FELLAGHA

    • ouvrages a paraitre
      1.fils de fellagha+kabylie 1954-1962
      2.la guerre franco algerienne dans la poesie populaire kabyle 1954-1962 en Algerie

      aux editions publibook paris 75015

    • GUERRE D’ALGERIE
      1954-1962

      p>

      Par

      Abdenour SI HADJ MOHAND *

      Il est hors de question pour moi, fils de fellagha, de faire endosser à un jeune français, président de la république soit il, les affres des stratèges du système colonial français, inique et violent.
      De même qu’il n’a jamais été question dans mon esprit, de confondre la responsabilité des harkis , avec celle inexistante de leur progéniture , quand celle-ci n’a pas , dans certains cas , été tout simplement engagée aux cotés des souffrances du peuple algérien , dans l’aggravation du drame vécu. Je détiens des preuves que je ne garde que pour réconforter ma conviction en la grandeur du peuple algérien et de sa révolution.
      Mr Sarkozy, me semble t il n’a pas à s’excuser, de son manque d’expertise dans l’exercice de président de la France et non moins puissance mondiale. Je lui accorde le sursis en ma qualité de victime de la France coloniale, pour maîtriser les enjeux futurs, mais aussi, comprendre les conséquences des traumatismes qu’ont engendré dans les deux rives de la méditerranée, les combats, les embuscades, les crapahutes incessants, la faim, la torture et les viols qui caractérisent cette triste et trop longue période de l’histoire.
      Et pourtant ! Malgré l’incalculable préjudice subi par des générations entières, l’amitié algero-française n’a pas défailli et continuera d’exister, mais dans le respect mutuel, loin des calculs matérialistes, intéressés et malhonnêtes.
      Je ne demande pas à la France de s’excuser pour le crime des 1 500 000 victimes commis et la perte de 30 000 FSE ou encore pour les 250 000 harkis trompés, désabusés, avec loin de moi toute idée de compassion envers ceux qui ont trahi leurs frères et sœurs dans la détresse, le dénuement, la faim, la torture et la mort. Ils ont choisi le camp du fort et de l’injuste dans cette affaire d’invasion du territoire indigène qui pourtant les a vus naître.

      Dieu seul est capable de pardon, ou de punition quand le crime dépasse l’envergure et la volonté de l’homme pris dans sa folie meurtrière. Ce que les hommes ne peuvent réparer pour absoudre leurs fautes inexcusables. Laissons donc à Dieu ce qui appartient à Dieu et occupons nous de ce qui nous concerne ici bas, mais gardons nous de profaner la mémoire de nos aînés rappelés à Dieu dans des circonstances dramatiques, inoubliables.
      Sarkozy, président de la France soit il, ne peut arrêter le cours de l’histoire mais ne peut être accusé à tort lui même, de cette « expédition scientifique dans l’Afrique septentrionale ».mais il n’en peut lui devenir rentable politiquement d’en ignorer les buts et les conséquences.
      Que l’on se rende à l’évidence une fois pour toutes , que si aujourd’hui , tout de même, tous les candidats français à la présidence de la République se voient contraints de discourir longuement sur des thèmes aussi bizarres aux yeux des plus jeunes français, comme par exemple :
      • Le passé commun algero- français
      • Les fse
      • Les fsna
      • Les harkis
      • Les excuses que la France devra ou non présenter à l’Algérie pour le fait colonial
      • traité d’amitié algero-français
      • Les relations économiques privilégiées algero-françaises,

      C’est précisément qu’il existe quelque chose entre la France et l’Algérie, qui fait que le divorce total n’est pas sans conséquence fâcheuse quelques soient les flictions et les divergences , les deux pays , les deux peuples sont condamnés à se supporter et à vivre ensemble dans l’intérêt mutuel car, la guerre qui les avaient mis ensemble l’un en face de l’autre n’était autre que la voie choisie par le diabolique colonialisme qui a semé la peur et la mort dans les deux camps pour une cause perdue d’avance ou qui n’en était pas une du tout !
      La France d’aujourd’hui, je l’espère de tout cœur , n’a pas de motif à s’excuser de la démarche criminelle des colonialistes français si ce n’est de la reconnaître officiellement, à moins bien sur ,qu’ elle n’ait opté déjà , au lieu de cela , à s’évertuer à faire au contraire l’apologie du crime dont elle ne peut être rendue responsable , cette France de Sarkozy, que je souhaite non violente , non colonisatrice , non impérialiste , non génocidaire
      De là à confondre le Maréchal Randon, les généraux Mac Mahon, Yusuf, Cavaignac avec les présidents Chirac et Sarkozy je n’ai pas encore atteint l’âge de la Sélénite. Qu’on m’en excuse pour mon franc parler, car je n’arrive plus à me taire malgré que je m’y efforce. Car il est des moments et des circonstances où la parole, l’expression est la seule thérapie que l’on puisse gratuitement, mais la peur dans l’âme, s’offrir pour garder notre équilibre psychique. Car trop ! C’est trop !ce monde qui nous entoure où même les morts et enterrés continuent de subir l’affront des vivants.

      Sincèrement votre

      AUTEUR DES OUVRAGES SUIVANTS :
      • Fils de fellagha
      • La guerre franco algérienne dans la poésie Kabylie
      • La guerre vécue par un chasseur alpin en Kabylie
      Aux éditions publibook
      www.publibook.com

    • OUVRAGES SUR LA GUERRE D’ALGERIE AUX EDITIONS PUBLIBOOK

      www.publibook.com

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      1.fils de fellagha
      2.la guerre franco algerienne en poesie
      3.la guerre vecue par un chasseur alpion

  • Guerre d’Algérie
    1954-1962

    Iferhounéne(Kabylie) 1959 : peloton du lieutenant Pelardi
    Par
    Si Hadj Abdenour
    Extrait « de fils de fellagha »

    Temps brumeux, climat glacial en ce début d’hiver 1959, à Iferhounéne, un village perché sur un mamelon face à l’imposante chaîne du Djurdjura , couve un événement dramatique sous l’occupation de l’armée française..
    De gros nuages gris et blancs, comme à l’accoutumée en cette période de l’année, couvrent le ciel en donnant l’impression d’un couvercle sur le point de se refermer sur cette cuvette escarpée des tribus quinqué genti , aujourd’hui les ath yetsoura (ITTOURARS).
    Cette région visitée dans le passé lointain par des conquistadors européens , mais jamais conquise complètement y compris dans les années 1854 ;1856 et 1857 par des armées de Constantine et de Bordj Tizi Ouzou conduites par les maréchal Randon et les généraux Mac Mahon , Yusuf
    Nous sommes en 1959. la Kabylie est maintenant soumise totalement à la domination de l’armée coloniale et la population fait l’objet d’une étude minutieuse, d’une observation minutieuse, mais sur le terrain les troupes du vaillant guerrier Amirouche continuent de harceler les nombreux camps qui egrennent les mamelons de ce territoire des amazighs, hommes libres et fiers.
    La population civile , même réduite grandement dans ses mouvements, continuait de vaquer à ses occupations sous l’œil vigilent des quatre sentinelles placées au quatre coins du camp militaire installé depuis 1956 à l’emplacement même du lieu réservé aux commerces de cette population spolies de se propres magasins.
    De ces reliefs escarpés et boisés il ne reste plus que les pâtés de maisons formant maintenant de véritables cités dortoirs des kabyles, une fourmilière sans provisions stockées, entourée d’un barbelé qui l’intègre ainsi à l’environnement du camp
    Mon oncle Arezki ,en rejoignant ce pâté à pieds, sur le point d’atteindre le village, sur son chemin en dépassant la fontaine fraîche « thala bouda » tout près du camion calciné,par je ne sais quelle lubie , fonçant droit subitement sur le premier rencontré sur son chemin , qui se trouvait être par hasard un enfant de mon age que je connaissais très parfaitement , lui flanque en pleines fesses son 42 fillette , avec cette rare violence qui ne pouvait qu’expédier à vol plané sur une dizaine de mettre, a contrebas de La route carrossable, ce petit enfant de la taille d’un ballon de rugby. Le coup a été évidemment bien ressenti, mais heureusement sans conséquence dramatique pour cet enfant de 9 ans qui, 50 ans après l’incident s’en souvient comme si cela datait d’hier.
    L’ampleur de la rancune qu’a gardé mon petit ami Saadi Ait El Hadj envers mon oncle Arezki, sera ouvertement dévoilé devant le cadavre allongé saignant , face contre la terre , un trou dans la tête , et qui n’a pas trouvé mieux que ces termes infantiles , innocents, inconscients à la fois « chah ! Chah ! C’est bien fait pour toi ! Je suis très content que ça se termine pour toi ainsi .tu m’as donné un coup de pieds, peut être avais- tu raison de frapper mais tu t’es trompé de victime .je suis certain que tu n’as pas agi gratuitement mais ton agresseur ce n’est pas moi, te connaissant tu as du être victime d’une confusion. , un voyou sans doute t’a mis dans cet état..... »
    Saadi avait tout compris. Arezki a du subir une provocation d’un enfant voyou, ou bien, est- ce que ce qui allait suivre le concernant pourrait tout expliquer. Peut être inconsciemment avait il voulu calmer ses nerfs sur un enfant sans défense.
    Le lieutenant Pelardi est un homme de corpulence et de haute taille. Agissant sur instruction de ses supérieurs restés dans l’ombre, le commandant Favier, son adjoint Wolf qui l’ont désigné, en raison de sa personnalité et sa solide conviction de l’Algérie française pour diriger l’impitoyable section qui aura pour charge de mater la population d’iferhounene.
    Cette section qui compte en son sein des harkis notoirement connus pour leur violence, a fait beaucoup parler d’elle, dans le mauvais sens bien sur. Les femmes, les vieilles, les hommes et les enfants connaissaient Pelardi et ses hommes de mains .moi même j’ai eu à maintes reprises à entendre parler des exploits de ce sinistre individu. tenez par exemple lors de notre expulsion du village début de l’année 1959, le capitaine Favier avait menacé de mettre à nos trousses la section de triste réputation de Pelardi pour s’adonner sur notre famille , aux exactions et humiliations dont il en maîtrisait parfaitement l’art et la maniére. Le message était bien perçu puisque il ne nous avait fallu pas plus de 10 minutes pour quitter nos maisons, au lieu du quart d’heure qui nous avait été accordé. Nous avions quitté le village les mains nues, pour ne pas tomber dans les mains de ces charognards de harkis. La panique a frappé sélectivement la famille car c’est dans le camp que se décidaient toutes les actions, en présence bien entendu d’un effectif nombreux de harkis et de goumiers. Ces derniers étaient plutôt connus pour leurs violences gratuites sur des femmes soupçonnées de servir les fellaghas.
    Enfants insouciants et innocents, la colère et la trouille sont devenues notre pain quotidien. En sortant de chez nous à quelque mètres du barbelé qui cerne le village, l’impression de liberté que nous avions ressentie est vite effacée par ces phrases assassines prononcées par des soldats français de souche européenne, reconnaissables à leur accent « a yefehounene, aya ats tcham izzan » traduit en kabyle cela voulait dire « habitants d’iferhounene venez manger de la merde ! Rien que cela, les leçons que les harkis ont apprises à ces jeunes français pour nous narguer comme si la précarité de la vie n’était pas suffisamment dure à supporter.
    La section de Pelardi, peut être au nombre de 8 ou 12, était là alignée pour s’assurer que les ordres donnés par WOLF et consorts étaient appliquées à la lettre. En d’autre termes que ces femmes, ces vieillards et ces enfant en très bas age ont obéi aux injonctions de quitter sans délai, le village.
    Apres nous avoir expulsé du village, pour le motif que nous étions une famille de fellagha, les gradés du camp d’iferhounene allait donc poursuivre leur entreprise de pacification du village, encouragés pour cela par certains écervelés de harkis, du genre Mohand Tizi (ou Mohand Ait El Mouhoub du village de Tizi guefres) qui continuait même aprés son arrestation à l’indépendance à croire que toute la population d’iferhounene était acquise à l’idée de l’Algérie française.
    Ils décidèrent donc de passer à l’action après avoir éliminé la famille la plus récalcitrante de leur champ de vision, livrée à l’exil, à la faim et l’insécurité, ses membres dispersés a travers les villages Ait Ouatas, Taourirt, Tikilsa, Ait Idir Ouali ET Ait Hamou
    Le choix était porté sur deux personnes qui, selon les accusations qui ne manquaient pas pour trouver le prétexte aux nouvelles exactions, tortures et assassinats, étaient des collaborateurs du FLN.
    Il s’agit de mon oncle Arezki et Belkadi Boussad qui, eux, n’étaient pas encore astreints à vider les lieux, car non connus pour l’instant du service de renseignements alimenté en fait selon l’humeur par de lâches trahisons, ou esprits de vengeance personnel des harkis du camp.
    Des éléments de ce sinistre camp capturèrent les deux hommes, avec la facilité que l’on sait car, ces personnes n’avaient aucun motif de se soucier de leur vie, du moins rien ne pouvait justifier leur fuite, leur emprisonnement , encore moins leur exécution. Quant à leur éventuel et préalable jugement, c’était selon l’expression bien de chez nous comme si « on demandait l’arbitre d’un roumi quand on est victime de son frère roumi » c’était un non sens que d’attendre un jugement équitable de l’occupant.
    En tout cas, amenés tous deux au camp, après quoi on les attacha avec des cordes, et leur banda les yeux.
    On les emmena à l’extrémité Sud Est du village au lieu dit « le chêne de Mnea », en traversant le village, les harkis s’affairaient à exécuter l’ordre qui leur était intimé de faire évacuer toute la population pour la rassembler sur le lieu indiqué.
    Rien n’augurait de ce qui allait se dérouler pour le moment, malgré l’atmosphère lugubre qui régnait dans cet endroit attenant au cimetière du village.
    Là , les yeux bandés, et les mains attachés, le dos tourné au culminant piton de Azro Nt hor, face à cette miséreuse population sans âme , alignée dans le sens Nord Sud devant l’imposante chaîne du Djurdjura où culmine le pic de Azro n t’h’or
    Une population disparate composée essentiellement de femmes et enfants et de quelques vieux croulants sous l’age et la sous alimentation.....une population qui n’avait jamais assisté dans son histoire a ce genre de rassemblement, et qui n’a jusqu’ à cette minute précise rien compris à ce manège. Elle n’avait porté aucun soupçon sur les intentions réelles de ce gradé français, qui en revanche donnait l’impression d’un homme civilisé, intelligent et affable.
    Le suspens est complet et chacun essayait de deviner ce que leur voulait ce groupe de soldats muets, à l’air pourtant martien. Certains, villageois, avaient un léger soupçon mais pas au point d’imaginer qu’un drame était en train de se préparer devant leurs yeux et que rien ne pouvait en suspendre l’exécution. La machine à tuer s’est mise en branle.
    Les soldats alignés comme à la parade devant ces petites gens, face à ces deux suppliciés , vont maintenant être réglés dans un compte rebours effroyable.....un chronométrage pour une action qui s’inscrira dans l’histoire de la glorieuse France et de l’Algérie pacifiée.
    Soudain, comme dans une préparation d’une mise en scène d’un film qui précède une action spectaculaire, les dernières retouches du décor achevées, un silence mortel s’installa subitement à percevoir le bruit de la respiration des suppliciées figés comme des momies devant tout ce monde, aveugles et sourds, car empêchés de voir, et d’entendre, par les bandeaux et le silence qui s’était imposé de lui même
    Savaient ils ce qui les attendaient ?
    Personne à mon avis ne savait d’avance ce qui allait se produire. Un fait inédit dans ce patelin appartenant au siècle dernier.
    Le bouillant lieutenant, l’air devenu encore plus grave par l’imminence de cet événement fatidique donnait plus l’mpression dans son discours de vouloir justifier, qu’expliquer ce qu’il allait ordonner à ses subalternes, pensant sans doute laver sa conscience par anticipation de ce qui, peut être, allait lui rester sur la gorge, son acte volontaire, sans aucun jugement d’autrui, ni force opposée et qui en revanche, ne pouvait être qualifié que d’ignoble exécrable, insensé, pervers vu du coté des villageois.
    En rompant le silence qui régnait jusqu alors, la voix du bouillant lieutenant a eu pour effet de faire braquer le regard de tous ceux qui étaient présents sur les lieux, pour tendre l’oreille aux lèvres de ce roumi, malgré la martialité du ton, ils ne comprenaient rien à ce qu’il disait. Ce qui ne pouvait rendre la situation que plus macabre encore.
    Il débitait, sans se faire comprendre les premières phrases que le harki AMEZIANE AA traduisait au fur et à mesure. La portée militaro politique du discours n’avait pas permis aux villageois de deviner la suite de l’événement à travers ce qu’il pouvait supposer comme conséquences, menaces avant exécution. :
    « Habitants d’iferhounene, a t-il commencé à débiter.
    Dois je vous rappeler encore une fois que j’avais averti , pour ce qui me concerne, que toute personne qui serait prise entrain de collaborer avec les fellaghas sera châtiée. » Le harki commençant de traduire, a ce moment tous les regards sont braqués sur cette source familière qui s’exprimait dans leur langue, en kabyle mais pour leur signifier que la situation est grave. Les habitants qui étaient encore sous le choc et l’effet de l’incompréhension, sont secoués dans leur sommeil diurne, un peu comme les somnambules
    Il continue « j vous avais tous averti à plusieurs reprises et j’avais même fermé les yeux sur beaucoup de cas qui m’avaient été rapportés. Malgré mon indulgence, certains d’entre vous continuaient d’ignorer délibérément mes avertissements. C’est le cas de ces deux individus que vous voyez à cet instant devant vous. Je vais vous montrer ce que l’on fait de ceux qui n’écoutent nos ordres. Tant pis pour ceux qui ne veulent pas obéir » la fonction du traducteur s’arrêta nette.

    Puis le ton militaire, martial, se tournant vers le peloton continue tout seul sans l’aide du harki, pour se faire comprendre :
    « A mon commandements ..............feu ! »

    La panique générale s’était emparée de l’assistance.
    La première victime , le l’occurrence mon oncle Arezki, touché par une balle au niveau front, chéchia éjecté à quelque mètres , avant de tomber sur la face comme s’il allait se prosterner dans une dernière prière de musulman
    Quant à Belkadi Boussad, il donnait l’impression de se coucher subitement sur le flan droit comme s’il cherchait à se reposer de la fatigue due à sa station debout.
    A ce moment précis, comme si la douleur de la population n’avait atteint son paroxysme, le harki AAO se rapprocha des deux corps sans vie, car le cerveau foudroyé, pour donner le coup de grâce.
    La mort de ces deux hommes notoirement connus pour leur bonté, vécue en direct va transformer tous les villageois. C’était cela la punition collective dont parlent les généraux Mac Mahon, Maréchal Randon, le général Cavaignac et autres stratèges de la mission civilisatrice du colonialisme.
    On entendait pleurer, hurler, crier de toutes parts
    Il y’avait présents sur scène les enfants des condamnés. Certains seront marqués à jamais par cette exécution sommaire
    Les enfants de moins de 7 ans, empêchés de se rendre sur les lieux se souviendront, eux aussi à leur manière, de ce jour. Empêchés à coup de pieds de se rapprocher de l’endroit ou se déroulait le drame, par le lieutenant, ils finiront pas savoir ce que l’on avait voulu leur cacher. Mais juste le temps du forfait, car ils savent maintenant que ce qui s’était produit était ignoble. L’enfant, en entendant les adultes chialer, savaient que quelque chose d’insoutenable se déroulait à leur insu.
    MOHAND OUBELKACEM, qui avait juste 17 ans sera marqué toute sa vie. Il venait de perdre définitivement son pare Arezki, pour une raison qu’il n’arrivait pas à comprendre. Sa réaction en voyant le sang jaillir du front de son père au moment où la balle est venue traverser sa tête était inconsciente, il commençait à balbutier quelques phrases qui’il n’a pas pu empêcher de sortir de sa bouche malgré le risque qu’il courrait d’être à son tour fusillé
    « Pourquoi ?pourquoi mon Dieu ? Vous avez tué mon père ! »

    La réplique ne s’était pas fait attendre de la bouche même du lieutenant très en vue dans ce genre de corvées
    S’adressant à Mohand Oubelkacem
    « Tu n’es pas content ? Si tu n’es pas content nous te ferons la même chose »
    Mohand Oubelkacem « maintenant que mon père a été tué, vous pouvez me tuer moi aussi, je n’ai plus rien à attendre de la vie ! Allez y ! Tuez moi ! » Puis il explose dans un sanglot mêlé de rage et de douleur. Il continuait à pleurer comme un enfant.
    Mission accomplie, la section rejoint le camp sous le commandement de Pelardi. La foule s’est disloquée dans un climat de désespoir, j’allais de fin du monde.
    Ces soldats qui repartent en fin de journée, peut être fières de leur exploit pour certains, comme c’était visiblement le cas de ce harki ; peut être aussi que pour d’autres chagrinés, malgré l’énorme service rendu a la France coloniale.
    Pour Pelardi qui pensait que ce châtiment collectif allait précipiter la pacification de la population d’iferhounene, la mission était bien remplie, il pouvait donc prétendre de la part de ses supérieurs immédiats, Favier et Wolf à une décoration
    Mais pour ces petites gens, le double crime commis sur des éléments de leur familles allaient dévoiler d’emblée pour leur petites cervelles de primitif et éveiller leur conscience que les intérêts de ce « djens ou roumi » cette nation française, européenne leur réservait un avenir de plus cruels à eux et à leur progéniture
    Les intérêts de la France coloniale venait d’être sauvés de la menace que constituaient ces pauvres types qui avaient osé désobéir à l’éminent missionnaire de l’entreprise humanitaire civilisatrice dans un village de France et qui s’appelle iferhounene , situé à 160 km d’Alger et 60 km de Bordj Tizi-Ouzou.
    Ignorant peut être qui est l’envahisseur, car me dira t on aussi qu’un soldat c’est fait pour obéir.
    La question de ce fait devrait être adressé à sa hiérarchie et non à lui .il vous dira qu’il faut s’adresser à Salan, Massu, Randon et Mac Mahon, Cavaignac, Pélissier qui ont cru en l’Algérie française.
    Mais moi autant que de gaulle au moins, je n’en ai pas cru l’ombre d’une aiguille à cette émancipation, assimilation, en ôtant la vie aux autochtones pour quelque motif que ce soit, car rien ne justifie le crime pas même l’instauration d’une démocratie. En autres termes, une démocratie sans moi, ne peut être envisagée. La suite des événements qui se sont succédé même après l’indépendance de l’Algérie ; va nous révéler si besoin est que les tenants de la théorie « des possessions françaises’ et plus tard de l’Algérie française étaient pleinement et entièrement responsables de la mort de plus de 1 500 000 algériens et de plus 30 000 français auxquels faudrait il ajouter des milliers d’estropiés et handicapés mentaux.
    En somme comme dirait julien Garnier « mais ces jeunes appelés étaient innocents. Jamais ils n’avaient été confrontés au moindre rebelle et leur mort me navrait. D’autant plus que nous n’étions pas certains en fin de compte de pouvoir garder l’Algérie à la France. Assurément, dans cette pénible affaire, le FLN, bien qu’il fut l’ennemi, me parut moins responsable que le gouvernement gaulliste, qui continuait d’alimenter l’armée d’Algérie ne jeunes français inexpérimentés, lesquels tombaient alors que la décision d’abandonner l’Algérie était déjà prise. En toute honnêteté, contrairement à ce qui était communiqué officiellement aux parents, je considérais que ces jeunes ne mourraient pas pour la France, mais, pour rien dans cette tragédie »

    SI HADJ MOHAND ABDENOUR
    « Fils de fellagha »

  • saha alik a si djamel

  • Adlis le livre en partage.. Retweeted it :)

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